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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2432182

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2432182

mercredi 26 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2432182
TypeOrdonnance
Avocat requérantVI VAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par Mme B, qui contestait le refus implicite du préfet de police de lui délivrer une carte de séjour en qualité de réfugié. En cours d'instance, le préfet a délivré à l'intéressée une carte de résident valable dix ans, rendant ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sans objet. Par ordonnance du 26 mars 2025, le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur ces demandes, ainsi que sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire devenue sans objet. En application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'État a été condamné à verser 1 200 euros à son avocate.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Vi Van, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de séjour en qualité de réfugié ;

3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une carte de résident dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Vi Van au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2025, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer au motif que Mme B a obtenu satisfaction à la suite de la délivrance d'une carte de résident valable du 10 janvier 2025 au 9 janvier 2035 et au rejet des conclusions au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 février 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte de l'instruction que, par décision du 14 février 2025, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à Mme B. Ses conclusions tendant à ce qu'elle soit admise provisoirement à l'aide juridictionnelle sont donc devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; "

3. Mme B a obtenu satisfaction à la suite de la délivrance le 6 mars 2025 d'une carte de résident valable du 10 janvier 2025 au 9 janvier 2035. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et aux fins d'injonction de la requête de Mme B sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Vi Van, sous réserve que celle-ci renonce à la part contributive de l'Etat.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle et aux fins d'annulation et d'injonction de Mme B.

Article 2 : L'Etat versera à Me Vi Van la somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B, au préfet de police et à Me Vi Van.

Fait à Paris, le 26 mars 2025.

La présidente de la 3ème section,

Signé

P. Bailly

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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