LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2432224

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2432224

lundi 12 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2432224
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 2e Chambre - R.222-13
Avocat requérantCABINET ZENOU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, qui contestait les décisions implicites de la ville de Paris lui refusant une remise totale de sa dette de RSA (25 355,43 euros). Le tribunal a considéré que la requérante avait omis de déclarer des ressources régulières et variées (commissions, pensions alimentaires, revenus fonciers, virements), ce qui caractérisait une fraude faisant obstacle à toute remise gracieuse. La solution retenue s’appuie sur les articles L. 262-2 et suivants du code de l’action sociale et des familles, ainsi que sur les règles de prescription biennale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 5 décembre 2024 et le 4 avril 2025, Mme B A, représentée par Me Zenou, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de constater son absence de fraude envers la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris et d'en déduire l'application de la prescription biennale à compter d'août 2020 ;

2°) à titre subsidiaire, d'annuler les décisions implicites nées le 13 octobre 2024 par lesquelles la ville de Paris lui a refusé une remise totale de sa dette de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 20 962,13 euros d'une part, et d'un montant de 4 393,30 euros d'autre part, et de lui accorder une remise gracieuse totale de sa dette ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, de lui accorder un échelonnement de sa dette ;

4°) de mettre à la charge de la CAF de Paris la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient qu'elle est de bonne foi et qu'aucune intention frauduleuse ne peut lui être imputée, qu'elle n'est pas redevable des sommes perçues au titre du RSA, que les sommes versées par sa mère ne sont pas des pensions alimentaires mais une simple contribution d'une grand-mère à l'entretien de son petit-fils, que les sommes versées par son ex-mari ne constituent pas une pension alimentaire mais un échéancier pour le paiement d'une voiture qu'elle lui a vendue, qu'en ce qui concerne les virements effectués par M. C, elle n'agit qu'en tant qu'intermédiaire entre celui-ci et la filleule de ce dernier, qu'elle n'a perçu aucun loyer avant mars 2023 pour le bien situé boulevard Suchet à Paris et qu'un contentieux subsiste en ce qui concerne le bien situé au Raincy dont elle est propriétaire en indivision, ce qui l'a empêchée de percevoir des loyers pour ce bien, qu'elle a bien perçu une commission d'affaires de 25 000 euros en février 2022, mais qu'elle bénéficie pour ce revenu, qu'elle a bien déclaré à l'administration fiscale, d'un dégrèvement d'impôts sur le revenu accordé en septembre 2023, qu'ainsi c'est de bonne foi qu'elle n'a pas déclaré les sommes relevées lors du contrôle de la CAF et que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme en litige.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2025, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- Mme A perçoit des ressources régulières sans en avoir justifié la nature professionnelle ou personnelle, et ce de différents tiers ;

- la dette en cause est frauduleuse et fait ainsi obstacle à toute remise.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Berland en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Berland a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, bénéficiaire du revenu minimum d'insertion (RMI) puis du revenu de solidarité active (RSA) depuis 2005 a fait l'objet d'un contrôle de sa situation par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris. A la suite de ce contrôle, qui a donné lieu à l'établissement d'un rapport d'enquête le 17 septembre 2022, la CAF de Paris a relevé qu'elle avait omis de déclarer auprès de ses services la perception de ressources de différentes natures comprenant des commissions d'apport d'affaire, des pensions alimentaires versées par sa mère et de son ex-conjoint, des revenus fonciers ainsi que différents virements et dépôts d'espèces réguliers. Au vu de la différence constatée entre les ressources déclarées dans les déclarations trimestrielles de l'intéressée et celles relevées lors du contrôle de la CAF, la ville de Paris a, par décision d'opportunité du 20 septembre 2022, décidé la levée de la prescription biennale à compter de janvier 2019. Par un courrier du 1er décembre 2022, la CAF a informé Mme A qu'elle était redevable d'un trop perçu de RSA de 21 012,13 euros sur la période courant de septembre 2019 à juillet 2022 (référence INK 001). Par un second courrier du 27 décembre 2022, la CAF a informé Mme A qu'elle était redevable d'un trop perçu de RSA de de 4 393,30 euros sur la période courant de mai 2022 à novembre 2022 (référence INK 002). Par un courrier du 30 mars 2024, la CAF a informé Mme A que la gestion du recouvrement de ces deux trop-perçus de RSA INK 001 et INK 002 était transférée à la ville de Paris pour un solde de 25 355,43 euros. Par courrier du 3 juillet 2024, la ville de Paris a demandé à la requérante de procéder au remboursement des deux indus de RSA demeurant à sa charge pour un montant de 25 355,43 euros. Par deux courriers du 6 août 2024, reçus le 12 août suivant, Mme A a contesté le montant des sommes mises à sa charge et sollicité une remise gracieuse de sa dette. Cette demande a été rejetée par les décisions attaquées de la maire de Paris nées le 13 octobre 2024.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. Il est complété, le cas échéant, par l'aide personnalisée de retour à l'emploi mentionnée à l'article L. 5133-8 du code du travail. ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". Aux termes de l'article R. 262-35 du même code " Le revenu de solidarité active cesse d'être dû à compter du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies ". Enfin, l'article R. 262-37 du même code dispose : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".

4. En outre, aux termes de l'article L. 132-1 du code de l'action sociale et des familles : " Il est tenu compte, pour l'appréciation des ressources des postulants à l'aide sociale, des revenus professionnels et autres et de la valeur en capital des biens non productifs de revenu, qui est évaluée dans les conditions fixées par voie réglementaire. () ". Aux termes de l'article R. 132-1 du même code : " Pour l'appréciation des ressources des postulants prévue à l'article L. 132-1, les biens non productifs de revenu, à l'exclusion de ceux constituant l'habitation principale du demandeur, sont considérés comme procurant un revenu annuel égal à 50 % de leur valeur locative s'il s'agit d'immeubles bâtis, à 80 % de cette valeur s'il s'agit de terrains non bâtis et à 3 % du montant des capitaux. ".

5. Enfin, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude () ". Aux termes de l'article L. 123-2 de ce code : " Est de mauvaise foi, au sens du présent titre, toute personne ayant délibérément méconnu une règle applicable à sa situation. / En cas de contestation, la preuve de la mauvaise foi et de la fraude incombe à l'administration ".

6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au RSA ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.

7. L'indu de RSA mis à la charge de Mme A a pour origine la prise en compte, au titre de ses ressources, de revenus qu'elle a omis de déclarer, notamment de pensions alimentaires perçus de sa mère et de son ex-époux pour un montant total 97 020 euros entre mai 2019 et octobre 2022, alors qu'elle n'avait déclaré que 3 300 euros à ce titre sur cette période, de revenus locatifs apparaissant sous la forme de virements à son compte portant la mention " loyer " pour un montant total de 65 100 euros pour la période considérée, de virements de tiers et de dépôts d'espèces pour un montant total de 27 810 euros sur cette même période ainsi que de deux commissions d'apport d'affaire, respectivement de 26 666 euros en juin 2020 et de 25 000 euros en février 2022. Pour demander l'annulation des décisions du 13 octobre 2024, Mme A fait valoir qu'elle est de bonne foi, dès lors que les sommes dont le contrôle de la CAF a relevé l'omission dans ses déclarations trimestrielles de revenu n'avaient pas à être déclarées ni à être prises en compte au titre de ses ressources.

8. D'une part, si Mme A se prévaut de la prescription d'une partie de la dette, cette circonstance, qui tient au bien-fondé de l'indu, est sans incidence sur la légalité d'un refus de remise de dette.

9. D'autre part, il résulte de l'instruction que Mme A a déclaré à la CAF la perception régulière d'une pension alimentaire s'élevant à 100 euros pour un montant total de 800 euros en 2019, 600 euros en 2020, 1 200 euros en 2021 et 700 euros en 2022. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête de la CAF, que la requérante a perçu de sa mère des virements d'un montant total de 84 100 euros en 2020 et de 1 700 euros en 2021. Si Mme A indique que les sommes versées par sa mère constituent une aide sporadique afin de contribuer aux frais d'entretien de son fils, ces versements, eu égard à leur montant et à leur périodicité, présentent le caractère de pensions alimentaires qui devaient être déclarées. Mme A soutient également que sa mère lui a versé 73 000 euros au titre d'un apport pour un projet immobilier, lesquels ne doivent donc pas être comptabilisés en tant que pension alimentaire. Toutefois, elle ne produit aucune pièce à l'appui de ses allégations permettant d'établir que cette somme ne constituerait pas une ressource à déclarer au sens des dispositions de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles.

10. Par ailleurs, Mme A, qui a reçu de son ex-conjoint 2 800 euros en juillet 2020 et 320 euros en août 2020, indique que ces sommes correspondent à l'acquisition, par ce dernier, d'un véhicule automobile d'occasion qu'elle lui a vendu. Toutefois, si Mme A produit le certificat de cession d'un véhiculé daté de novembre 2020, soit postérieurement aux virements effectués, ainsi qu'une attestation manuscrite de son ex-conjoint du 19 septembre 2023, soit postérieurement au contrôle réalisé par la CAF, en tout état de cause, les sommes issues de la vente de biens personnels sont des ressources soumises à obligation déclarative.

11. En outre, Mme A fait valoir que les virements effectués sur son compte par M. C, pour un montant total de 23 945 euros entre mai 2019 et octobre 2022, étaient destinés à sa nièce et qu'elle n'a été qu'une intermédiaire entre ces deux personnes. Toutefois, si l'intéressée produit une attestation de M. C du 5 décembre 2024 indiquant qu'il pourvoit à l'entretien de la nièce de Mme A ainsi qu'une attestation non datée de Mme D indiquant que sa tante lui remet de l'argent de la part de M. C, elle ne justifie ni des virements réalisés à son intention par M. C, ni avoir viré ou retiré à l'intention de Mme D les sommes dont elle soutient qu'elles étaient destinées à son entretien. Par ailleurs, Mme A ne justifie pas des versements d'espèces réalisés sur son compte pour un montant de 1 850 euros en septembre 2019, 1 000 euros en janvier 2021, 500 euros en avril 2021, ni des virements effectués par d'autres tiers pour un montant de de 653 euros en avril 2021 et 515 euros en mai 2021. Enfin, il résulte de l'instruction que M. C a également adressé à Mme A entre juillet 2019 et octobre 2022 des virements mensuels d'un montant minimal de 1 600 euros portant la mention " loyer ", pour un montant total de 65 100 euros.

12. En outre, il résulte des dispositions des articles L. 132-1 et R. 132-1 du code de l'action sociale et des familles que, pour l'appréciation des ressources du foyer de l'allocataire du RSA, les immeubles qui ne constituent pas l'habitation principale du demandeur et ne sont pas productifs de revenus sont, en principe, considérés comme procurant à leur propriétaire un revenu annuel égal à 50 % de leur valeur locative s'ils sont bâtis et à 80 % de cette valeur s'il s'agit de terrains non bâtis. Mme A est propriétaire de deux appartements, situés l'un au Raincy (Seine-Saint-Denis), d'une valeur locative de 4 984 euros, et l'autre à Paris, d'une valeur locative de 2 341 euros. D'une part, la requérante fait valoir qu'elle n'a rien perçu pour le logement situé au Raincy, dès lors qu'il a été acquis au sein d'une indivision et fait l'objet d'un litige. Toutefois, en se bornant à produire un courrier de mise en demeure de remboursement de créance à l'indivision daté du 25 avril 2022, le procès-verbal de l'assemblée générale de la copropriété au sein de laquelle se trouve cet appartement, daté du 29 novembre 2023, dans lequel elle apparaît toujours comme propriétaire en indivision et qui indique que la saisie prévue du bien n'a pas été votée compte tenu de la régularisation des charges, et un acte d'huissier du 19 mars 2025 lui notifiant l'ordonnance du juge de la mise en état, Mme A n'établit pas que, sur la période du contrôle réalisé par la CAF, elle n'était pas propriétaire de cet appartement. D'autre part, Mme A fait valoir que le logement situé à Paris n'a pas été mis à la location avant le mois de mars 2023. Toutefois, une telle circonstance, à la supposer établie, est sans incidence sur l'appréciation du revenu annuel procuré par cet appartement en tant que bien immobilier non productif de revenus.

13. Enfin, il résulte de l'instruction que Mme A a perçu le 8 juin 2020 une commission d'apport d'affaire de 26 666 euros et le 18 février 2022 une seconde commission d'un montant de 25 000 euros. Mme A fait valoir qu'elle a bien déclaré ces deux commissions à l'administration fiscale et produit son avis d'imposition sur les revenus de 2020 mentionnant la première commission ainsi qu'un avis de dégrèvement d'impôt sur le revenu de 2022 du 12 septembre 2023 mentionnant la deuxième commission. Toutefois, Mme A n'établit pas avoir déclaré ces sommes, qui constituent des ressources, dans ses déclarations trimestrielles adressées à la CAF pour les trimestres où elle les a perçus.

14. Il résulte de tout ce qui précède que, compte tenu de la nature, de la durée, réitérée sur plusieurs années, et du montant des omissions déclaratives commises par Mme A, la condition de bonne foi ne peut, dans les circonstances de l'espèce, être retenue. Dès lors, Mme A ne peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration et le caractère frauduleux de la dette fait obstacle à toute remise de dette, quelle que soit la situation de précarité de la requérante.

15. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la Ville de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2025.

La magistrate désignée,

F. BerlandLa greffière,

K. Bak-Piot

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2432224/6-

Décisions similaires

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2511088

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... B... visant à annuler les décisions de suspension et de fin de droits au RSA et à l'ALS, ainsi que la notification d'un indu. Le tribunal a jugé que les procédures de contrôle menées par la CAF de Paris et la Ville de Paris étaient régulières, notamment au regard des articles L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale, et que le requérant ne démontrait pas que les conditions légales d'attribution des prestations étaient remplies. Les demandes de rétablissement des droits, de versements rétroactifs et de condamnation aux dépens ont donc été écartées.

02/04/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2515543

**Sujet principal** : Recours contre le rejet d'une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA et contestation du montant de la dette. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement unique). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de M. A..., confirmant la décision de la Ville de Paris. Il estime que les ressources non déclarées (virements, dépôts d'espèces et intérêts) constituent bien des revenus pris en compte pour le calcul du RSA, et que l'allocataire n'apporte pas la preuve de sa bonne foi ou d'une situation de précarité justifiant la remise gracieuse. **Textes appliqués** : Articles L. 262-2, R. 262-6 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles (définition du RSA, composition des ressources et obligation de déclaration).

02/04/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2511244

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... qui contestait la décision de la maire de Paris lui réclamant un indu de RSA de 11 217 euros. Le tribunal a estimé que les motifs de l'administration étaient fondés, notamment le défaut de déclaration de l'ASPA et les séjours à l'étranger, et que les droits de la défense avaient été respectés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'action sociale et des familles relatives au recouvrement des indus de prestations sociales.

02/04/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512505

**Sujet principal** : Recours contre une décision de la CAF de Paris notifiant un indu de prime d'activité (PPA) et d'allocation personnalisée au logement (APL), et demandes subsidiaires de remise gracieuse ou d'étalement. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation statuant en procédure écrite simplifiée). **Solution retenue** : * Concernant l'APL, le tribunal constate un **non-lieu à statuer** car la dette a été soldée par la CAF avant l'audience, rendant la demande sans objet. * Concernant la PPA, le tribunal **rejette la requête** au fond, considérant que la décision de récupération de l'indu est légale et bien fondée, notamment au regard des dispositions du code de la sécurité sociale et du code de la construction et de l'habitation. **Textes appliqués** : Code de la sécurité sociale (pour la PPA), code de la construction et de l'habitation (pour l'APL), et code de justice administrative pour la procédure.

02/04/2026

← Retour aux décisions