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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2432564

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2432564

lundi 23 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2432564
TypeDécision
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS (SELARL)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi en référé-suspension (article L. 521-1 du code de justice administrative) par M. A, ressortissant ivoirien, pour contester le refus implicite du préfet de police de lui délivrer une carte de résident de dix ans en tant que parent d'enfant réfugié (articles L. 424-1 et L. 424-3 du CESEDA). En cours d'instance, le préfet a délivré à M. A une attestation de prolongation d'instruction, ce qui a conduit le requérant à se désister de ses conclusions principales. Le tribunal a donné acte de ce désistement et, admettant provisoirement M. A à l'aide juridictionnelle, a condamné l'État à verser 800 euros à son avocat au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 décembre 2024, M. B A, représenté par

Me Rosin, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans ;

3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer, à titre provisoire, une carte de résident d'une durée de dix ans, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente décision, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente décision, sous la même astreinte ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente décision et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente décision, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser directement sur le fondement du premier de ces articles s'il n'était pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que la décision attaquée le place dans une situation administrative et financière précaire ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle n'est pas motivée et qu'elle méconnaît les dispositions des articles L. 424-1 et L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le préfet de police représenté par le cabinet Centaure n'a pas déposé de mémoire en défense mais a communiqué des pièces de procédure.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête, enregistrée le 9 décembre 2024 sous le numéro 2432566, par laquelle

M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gracia, vice-président de la 3e section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Yahiaoui, greffière d'audience, M. Gracia a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Toujas, substituant Me Rosin, pour M. A, qui indique se désister de ses conclusions principales, dès lors qu'il a été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction le 9 décembre 2024 ;

- et les observations de Me Rannou, pour le préfet de police.

La clôture d'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 1er janvier 1985 à Abidjan (Côte d'Ivoire), a sollicité, le 7 juin 2024, la délivrance d'une carte de résident en qualité de parent d'enfant réfugié, sur le fondement des dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est père, depuis le 22 juin 2023, d'une enfant qui s'est vue reconnaître la qualité de réfugiée par décision du 16 mai 2024 de la Cour nationale du droit d'asile. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de lui délivrer ledit titre de séjour, jusqu'à ce que le tribunal statue au fond.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. Il y a lieu, eu égard aux délais dans lesquels le juge des référés doit statuer, de prononcer l'admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Il résulte de l'instruction que le préfet de police a, postérieurement à l'introduction de la requête, délivré à M. A une attestation de prolongation d'instruction valable du

9 décembre 2024 jusqu'au 8 mars 2025. Compte tenu de cette délivrance, M. A a indiqué à l'audience par l'intermédiaire de son avocate, se désister de ses conclusions aux fins de suspension et aux fins d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Il y a lieu de lui en donner acte.

Sur les frais du litige :

5. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve de l'admission définitive de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle, d'une part, et de la renonciation par Me Rosin à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, d'autre part, de mettre à la charge de l'Etat (préfet de police) une somme de 800 euros à verser à Me Rosin au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans l'hypothèse où M. A ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension et aux fins d'injonction de la requête de M. A.

Article 3 : L'Etat (préfet de police) versera à Me Rosin, avocat de M. A, une somme de 800 (huit cents) euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me Rosin à la part contributive de l'Etat. Dans l'hypothèse où M. A ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, cette somme sera versée à ce dernier sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et à Me Rosin.

Fait à Paris, le 23 décembre 2024.

Le juge des référés,

J-Ch. GRACIA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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