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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2432814

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2432814

lundi 13 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2432814
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantCARDOSO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Cardoso, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a clôturé sa demande de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de police ou au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle ou, si sa demande d'aide juridictionnelle devait être rejetée, de lui verser cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée le place dans une situation de précarité administrative et financière, qu'elle le prive du renouvellement de son contrat de travail et que l'urgence est présumée en cas de refus de renouvellement de titre de séjour ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors qu'elle est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen particulier de sa situation, qu'elle est entachée d'erreurs de droit et qu'elle méconnaît les dispositions des articles L. 424-9 et R. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Des pièces ont été enregistrées, le 7 janvier 2025, pour le préfet de police représenté par le cabinet Centaure avocats.

Vu :

- la requête no 2432775 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision contestée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ho Si Fat, président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 7 janvier 2025, ont été entendus :

- le rapport de M. Ho Si Fat, juge des référés ;

- et les observations de Me Zarka qui conclut au rejet de la requête soutient que les moyens ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant afghan né le 11 mars 1985, s'est vu accorder le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 8 juillet 2019. Par une décision du 15 décembre 2023, le directeur de l'OFPRA a mis fin à la protection subsidiaire de M. A, décision confirmée le 22 février 2024 par la Cour nationale du droit d'asile. M. A a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle sur le fondement de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 22 novembre 2024, le préfet de police a rejeté cette demande. Par la présente requête, M. A demande la suspension de l'exécution de cette décision.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". En application de ces dispositions, il y a lieu, eu égard aux circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la demande en référé :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

4. M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour en qualité de bénéficiaire d'une protection internationale. En l'état de l'instruction, compte tenu tant de la perte par M. A du bénéfice de la protection subsidiaire intervenue le 15 décembre 2023 au motif de la menace grave que son activité sur le territoire constitue en raison de sa condamnation pénale pour une infraction de nature sexuelle commise le 19 avril 2021 que de l'absence d'atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaqué.

5. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et les conclusions relatives aux frais d'instance

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéficie de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Cardoso et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 13 janvier 2025

Le juge des référés,

F. Ho Si Fat

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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