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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2432862

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2432862

mercredi 22 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2432862
TypeDécision
Avocat requérantROCHA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 17 janvier 2025, Mme A B, représentée par Me Rocha, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de police d'enregistrer et d'examiner sa demande de titre de séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant français ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler à compter de la réception de l'ordonnance à intervenir dans l'attente de l'instruction de sa demande ;

3°) de mettre à la charge du préfet de police la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle fait l'objet d'une mesure d'éloignement dont le caractère est exécutoire, qu'elle est exposée, à tout moment, à l'exécution de cette mesure et à un éloignement effectif du territoire français en dépit de sa qualité de conjointe de Français, qu'elle remplit désormais l'ensemble des conditions pour se voir délivrer un titre de séjour en sa qualité de conjointe d'un ressortissant français, que contrairement à ce qui est affirmé par le préfet de police, elle n'a pas de demande de titre de séjour en cours, qu'elle n'a plus d'accès à son compte ANEF (Administration Numérique des Étrangers en France) qui a été supprimé, que le contrat à durée indéterminée avec son employeur suspendu depuis le mois d'avril 2024 peut évoluer vers une rupture définitive et que l'absence de ressources pendant plus de huit mois place son foyer dans une situation économique difficile alors qu'elle a tenté à deux reprises de déposer une demande de titre de séjour ;

- la mesure demandée est utile, dès lors qu'en refusant d'instruire sa nouvelle demande de titre de séjour, qui n'est ni abusive ni dilatoire, le préfet de police porte atteinte à son droit à un examen et à un réexamen de sa situation, au droit au respect à la vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, au droit au travail tel que garanti par l'article 23 de la déclaration universelle des droits de l'homme et l'article 15 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et à la liberté d'aller et venir telle que garantie par la Constitution et l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative ;

- elle fait état d'un élément nouveau postérieur à l'arrêté du 16 avril 2024 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, dès lors qu'elle a épousé, le 12 octobre 2024, un ressortissant français.

Par un mémoire, enregistré le 16 janvier 2025, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les mesures sollicitées par Mme B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont de nature à faire obstacle à l'exécution de l'arrêté du 16 avril 2024 par lequel il a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Marzoug, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante brésilienne née le 20 décembre 1995, est entrée sur le territoire français le 1er août 2019 munie d'un visa de long séjour en qualité d'étudiante. Elle a bénéficié d'un titre de séjour pluriannuel portant la mention " étudiant " valable du 3 avril 2021 au 2 avril 2023 puis d'un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi-création d'entreprise " valable du 9 novembre 2022 au 8 novembre 2023. Le 31 octobre 2023, elle a sollicité un nouveau titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 16 avril 2024, le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. La requérante qui a épousé, le 12 octobre 2024, un ressortissant français, a déposé le 5 novembre 2024 une nouvelle demande de titre de séjour en qualité de conjointe de ressortissant français, laquelle a été clôturée par une décision en date du 7 novembre 2024 aux motifs que le 16 avril 2024, elle a fait l'objet d'un refus de titre de séjour et qu'elle n'apporte aucun nouvel élément de nature à remettre en cause le bien-fondé de la mesure d'éloignement édictée à son encontre. Mme B a déposé, le 3 décembre 2024, une nouvelle demande de titre de séjour, qui a été clôturée par une décision du 3 décembre 2024 au motif qu'elle a " déjà une demande en cours ". Mme B demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police d'enregistrer et d'examiner sa demande de titre de séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant français et de lui délivrer un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. ".

3. Si la juge des référés, saisie sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire en cas d'urgence, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, c'est à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu'elles ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

4. En l'espèce, les mesures demandées par Mme B à la juge des référés saisie sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative font obstacle à l'exécution des décisions en date du 7 novembre 2024 et du 3 décembre 2024 par lesquelles l'administration a prononcé la clôture de ses demandes de titre de séjour.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête présentée par Mme B en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Rocha et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 22 janvier 2025.

La juge des référés,

Signé,

S. Marzoug

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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