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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2500919

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2500919

lundi 27 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2500919
TypeDécision
Avocat requérantGOEAU-BRISSONNIERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2025, Mme B A, représentée par Me Goeau-Brissonière, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de modifier l'injonction qu'il a prononcée par une ordonnance n° 2431390 du 13 décembre 2024 en enjoignant au préfet de police ou au préfet territorialement compétent de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de cinq jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle ou, si sa demande d'aide juridictionnelle devait être rejetée, de lui verser cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le délai de sept jours donné par le juge des référés au préfet de police pour lui délivrer le récépissé prévu par l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est expiré et que par conséquent, le préfet de police n'a pas exécuté l'ordonnance n° 2431390 du 13 décembre 2024 ce qui constitue un élément nouveau justifiant le prononcé d'une astreinte.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2025, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il soutient avoir complètement exécuté la précédente ordonnance du juge des référés en ce qu'il a convoqué, le 20 janvier 2025, Mme A à un rendez-vous fixé le

21 janvier 2025 à 9h00 en vue de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

Vu :

- l'ordonnance n° 2431390 du 13 décembre 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Paris ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ho Si Fat, président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Ho Si Fat, juge des référés a été entendu, au cours de l'audience publique du 21 janvier 2025.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de cet article et eu égard à l'urgence à statuer, de prononcer l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la demande de modification des mesures prononcées :

3. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. "

4. Par une ordonnance n° 2431390 du 13 décembre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, enjoint au préfet de police de délivrer un récépissé attestant du dépôt de la demande de titre de séjour à Mme A et autorisant sa présence sur le territoire français dans un délai de sept jours à compter de la notification de son ordonnance.

Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier les mesures qu'il a ordonnées le 13 décembre 2024 pour assurer l'exécution de son ordonnance.

5. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de police a convoqué Mme A à un rendez-vous fixé le 21 janvier 2025 afin de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour. Dans ces conditions, l'ordonnance

n° 2431390 du 13 décembre 2024 doit être regardée comme ayant été exécutée, bien que tardivement. Par suite, la demande de Mme A de modification de la précédente ordonnance du juge des référés est dépourvue d'objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à Me Goeau-Brissonnière, sous réserve que celui-ci renonce à la part contributive de l'Etat. Dans l'hypothèse où Mme A ne serait pas admise à l'aide juridictionnelle définitive, l'Etat lui versera cette somme en application de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : Mme A est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de police de délivrer à Mme A un récépissé de demande de titre de séjour.

Article 3 : L'Etat versera à Me Goeau-Brissonnière une somme de 800 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat. En cas de rejet définitif de sa demande d'aide juridictionnelle, cette somme sera versée à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à

Me Goeau-Brissonnière et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 27 janvier 2025.

Le juge des référés,

Signé

F. Ho Si Fat

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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