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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2500961

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2500961

vendredi 17 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2500961
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantCABINET SEBAN ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 janvier 2025, le centre d'action sociale de la ville de Paris, représenté par Me Vandepoorter, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à M. C A de permettre aux agents du centre ou à tout prestataire mandaté par lui, de pénétrer dans le logement n° 73 qu'il occupe dans la résidence " Jean Nicot ", située 7 rue Jean Nicot à Paris (75007), afin d'y réaliser tout travaux d'entretien, de maintenance, de réparation ou de remise en état, dans un délai de 3 jours et sous peine d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) d'autoriser le centre d'action sociale de la Ville de Paris, ainsi que tout prestataire mandaté par lui, passé ce délai, à pénétrer dans ledit logement sans son accord préalable et au besoin avec le concours de la force publique, afin de procéder à tout travaux d'entretien, de maintenance, de réparation ou de remise en état ;

3°) de condamner M. C A à verser au centre d'action sociale de la Ville de Paris la somme de 2 500 euros au titre des frais d'instance.

Le CASVP soutient que :

- le juge administratif est compétent pour connaitre de la requête ;

- les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure, posées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, sont remplies ;

- sa demande ne fait l'objet d'aucune contestation sérieuse

.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision " et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. Le centre d'action sociale de la Ville de Paris établit que ses agents et les prestataires mandatés par ses soins, ont vainement sollicité à plusieurs reprises l'autorisation de M. C A pour pénétrer dans le logement n° 73 qu'il occupe au sein de la résidence " Jean Nicot " pour y réaliser d'urgents travaux d'étanchéité et, demande en conséquence au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner à cet occupant de permettre dans un délai de trois jours, à ses agents et prestataires de pénétrer dans son logement pour y réaliser ces travaux, ou à défaut de les autoriser, au besoin avec le concours de la force publique, à pénétrer dans ce logement pour y réaliser les travaux susvisés. Il résulte toutefois des termes de l'article 15 du règlement de fonctionnement des résidences-appartements lu et accepté par M. C A le 20 décembre 2016 et annexé au contrat de séjour signé par ses soins le même jour que " () Le personnel de l'établissement ne peut accéder au logement du résident, sans son accord préalable, sauf les situations suivantes : / () - pour cause de travaux de maintenance, réparations ou mise en conformité planifiés, et dont le résident a été informé au préalable par courrier ou affichage dans les parties communes ; - pour cause de prestations à réaliser par des prestataires ou des représentants du CASVP dans le cadre des visites périodiques liées à la sécurité et l'hygiène de l'établissement. ". En conséquence, le CASVP disposant de la faculté d'entrer sans l'autorisation préalable des occupants dans les locaux leur servant de résidence pour y réaliser les travaux de maintenance et de réparation, objet de la présente saisine du juge des référés, les mesures sollicitées par le demandeur, ne présentent pas de caractère d'utilité.

3. Il résulte de ce qui précède, qu'en l'état du dossier, la requête présentée par le centre d'action sociale de la Ville de Paris est manifestement irrecevable faute pour le demandeur de justifier de la condition d'utilité requise par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et peut en conséquence être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : la requête du centre d'action sociale de la Ville de Paris est rejetée

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au centre d'action sociale de la Ville de Paris.

Fait à Paris, le 17 janvier 2025.

Le juge des référés,

J.P. B

La République mande et ordonne au préfet de région d'Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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