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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2501429

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2501429

mardi 4 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2501429
TypeDécision
Avocat requérantVI VAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A pour modifier une précédente ordonnance du 29 novembre 2024. Celle-ci enjoignait au préfet de police de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travail et droits sociaux, ce qu'il n'avait pas exécuté. Le tribunal constate que le préfet a finalement convoqué l'intéressée le 4 février 2025 pour remettre le document conforme, et qu'ainsi, l'injonction a été exécutée. La requête est donc rejetée comme devenue sans objet, et les conclusions relatives aux frais de justice sont également rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 17 janvier et le 31 janvier 2025, Mme B A, représentée par Me Vi Van, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de modifier l'ordonnance n° 2428637/2-1 du 29 novembre 2024 en enjoignant au préfet de police, d'une part, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction permettant l'exercice d'une activité professionnelle et l'ouverture de droits sociaux, sans délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, d'autre part, de procéder au réexamen de sa situation administrative dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, à titre principal, une somme de 1 500 euros, au profit de Me Vi van, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à titre subsidiaire, une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le préfet n'a pas tiré les conséquences de l'article 3 du dispositif de l'ordonnance n° 2428637/2-1 du 29 novembre 2024, et qu'elle n'a toujours pas été mise en possession d'une autorisation provisoire de séjour, ou d'une attestation de prolongation d'instruction assortie de l'autorisation de travailler et donnant accès à l'ouverture de droits sociaux ;

- la circonstance selon laquelle le préfet de police l'aurait invitée à se présenter le 4 février 2025 afin de se voir remettre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et lui ouvrant le bénéfice de droits sociaux ne fait pas obstacle à ce que le juge prononce la modification de l'ordonnance susmentionnée dès lors qu'un simple engagement écrit du préfet ne saurait suffire à prononcer le non-lieu à statuer.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2025, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions principales, et au rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'intéressée s'est vue remettre le 2 décembre 2024, en exécution de l'ordonnance n° 2428637/2-1, une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour et que, si celle-ci ne l'autorisait pas à travailler ni à être admise au bénéfice des droits sociaux, elle a été convoquée dans les locaux de la préfecture de police le 4 février 2025 afin de se voir remettre une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler et à être admise au bénéfice des droits sociaux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

M. Sorin a été désigné par le président du tribunal pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Sorin a été entendu au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Agricole, greffière d'audience.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A fait valoir que par une ordonnance n°2428637/2-1 du 29 novembre 2024, le juge des référés du tribunal de céans a suspendu l'exécution de la décision implicite née le 19 juin 2024 par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de résident en qualité de parent d'un enfant reconnu réfugié et a enjoint au préfet de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction assortie de l'autorisation de travailler et donnant accès à l'ouverture de droits sociaux. Le préfet de police n'ayant pas déféré à cette injonction, la requérante demande, par la présente requête, au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier l'ordonnance n°2428637/2-1 en enjoignant au préfet de police, d'une part, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction permettant l'exercice d'une activité professionnelle et l'ouverture de droits sociaux, sans délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, d'autre part, de procéder au réexamen de sa situation administrative dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Sur l'admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission, à titre provisoire, de Mme A, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. "

4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de police, en exécution de l'ordonnance n° 2428637/2-1, a délivré à Mme A le 2 décembre 2024 une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de titre de séjour. Si cette attestation ne l'autorisait pas à travailler, le préfet de police a convoqué l'intéressée le 4 février 2025 en vue de la remise d'une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande l'autorisant à travailler et lui permettant de bénéficier de l'ouverture des droits sociaux. Dans ces conditions, le préfet doit être regardé comme ayant exécuté l'ordonnance n°2428637/2-1, postérieurement à l'introduction de la présente requête sur laquelle il n'y a par suite pas lieu de statuer.

Sur les conclusions à fin de remboursement des frais du litige :

5. Mme A étant admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, son avocate peut se prévaloir des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Vi Van, avocate du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros à verser à Me Vi Van au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

O R D O N N E

Article 1er : Mme A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à la modification de l'ordonnance n° 2428637/2-1 du 29 novembre 2024 du tribunal de céans.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Vi Van renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Vi Van, avocate de Mme A, une somme de 800 euros en au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus de conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Vi Van et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 4 février 2025.

Le juge des référés,

signé

J. SORIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./2

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