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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2501460

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2501460

mercredi 29 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2501460
TypeOrdonnance
Avocat requérantDA COSTA CRUZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Da Costa Cruz, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 8 juillet 2024 par laquelle le préfet de police de Paris a clôturé sa demande de renouvellement de titre de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de réexaminer sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, et de lui délivrer, durant cet examen, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- sa demande de renouvellement de titre de séjour en qualité d'étudiant a été clôturée le 8 juillet 2024 ; il n'a pas la possibilité de déposer une nouvelle demande en raison du blocage de son espace personnel ANEF ; il se retrouve dans une situation de précarité ; il ne peut récupérer son diplôme ou encore s'inscrire dans une école, ce qui fait obstacle à la poursuite de ses études ; enfin, il peut à tout moment faire l'objet d'une mesure d'éloignement, ce qui aurait pour effet de l'éloigner de sa conjointe et de son enfant.

Sur le doute sérieux :

- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée de vice de procédure en méconnaissance des article L. 114-5 et suivant du code des relations entre le public et l'administration, faute pour l'administration de l'avoir invité à régulariser sa demande avant de clôturer sa demande ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des articles L. 422-1 et L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (ceseda) ;

- elle méconnait les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, dès lors qu'elle a pour effet de l'éloigner de son enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur situation personnelle.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 16 janvier 2025 sous le numéro 2501244 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rohmer, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant ivoirien né 4 avril 1989 et entré en France sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiant, le 30 janvier 2023, a sollicité le renouvellement de son titre, le 13 janvier 2024, et a été muni d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 3 juillet 2024. Toutefois le 8 juillet 2024, sa demande a été clôturée. Il demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " L'article L. 522-3 de code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " Enfin, aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement d'un titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.

4. M. A soutient qu'il y a urgence dès lors que sa demande de renouvellement de titre de séjour en qualité d'étudiant a été clôturée le 8 juillet 2024 et qu'il n'a pas la possibilité de déposer une nouvelle demande en raison du blocage de son espace personnel ANEF. Il fait valoir en outre qu'il se retrouve dans une situation de précarité, qu'il ne peut récupérer son diplôme ou s'inscrire dans une école et peut à tout moment faire l'objet d'une mesure d'éloignement, ce qui l'éloignerait de sa conjointe et de son enfant.

5. Si l'urgence est en principe considérée comme caractérisée en cas de demande de renouvellement de titre de séjour, il résulte de l'instruction que la requête de M. A a été enregistrée le 17 janvier 2025 alors que la décision attaquée date du 8 juillet 2024. L'observation d'un tel délai parait contradictoire avec la situation d'urgence alléguée. En outre si le requérant soutient que cette situation fait obstacle à la poursuite de ses études, il n'établit ni n'allègue la poursuite de ses études, ni son souhait de le faire, au titre de l'année 2024-2025. Enfin, si l'intéressé indique que cette situation pourrait l'éloigner de son enfant né de sa relation avec une compatriote en situation régulière, il n'apporte pas de précisions ni justifications suffisantes, en dehors d'une quittance de loyer, sur la réalité de la vie avec son enfant et la mère de celui-ci. Par suite, les circonstances particulières de l'espèce sont de nature à faire échec à la présomption d'urgence dont se prévaut M. A et à faire regarder sa requête comme dépourvue d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Da Costa Cruz.

Fait à Paris, le 29 janvier 2025.

Le juge des référés,

Signé

B. ROHMER

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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