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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2502821

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2502821

mercredi 26 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2502821
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantBEN GADI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 février 2025, M. A B, représenté par Me Ben Gadi, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre à titre provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 15 janvier 2025 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de renouveler sa carte professionnelle, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre à toute autorité administrative compétente de lui délivrer une carte professionnelle à titre provisoire, dans l'attente du jugement au fond, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros TTC à verser à son conseil en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle, ou la somme de 1 000 euros à lui verser directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- la condition relative à l'urgence est présumée dans le cas d'un refus de renouvellement de carte professionnelle ;

- la condition relative à l'urgence est remplie, dès lors que son contrat de travail est suspendu depuis le 22 novembre 2024, que son employeur envisage la rupture de son contrat de travail s'il ne produit pas de carte professionnelle en cours de validité, qu'il ne perçoit plus aucun revenu depuis le 22 novembre 2024 et qu'il a trois enfants à charge, dont l'un fait l'objet d'un suivi médical spécialisé pour asthme sévère ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :

- la décision litigieuse a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire et qu'il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations ;

- elle méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure et est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2025, le CNAPS, représenté par son directeur, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition tenant à l'urgence n'est pas remplie ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse ;

- le comportement et les agissements du requérant sont manifestement incompatibles avec l'exercice d'une activité de sécurité privée, dès lors que ce dernier a été mis en cause, tel que cela ressort de la consultation du traitement des antécédents judiciaires (TAJ), pour des faits de violence suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité commis du 27 mars 2017 au 26 décembre 2019 et des faits de violence sur mineur suivie d'incapacité supérieure à huit jours sur un mineur de quinze ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime commis le 9 septembre 2018.

Vu :

- les autres pièces du dossier,

- la requête enregistrée le 2 février 2025 sous le numéro 2502822 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision litigieuse.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Marzoug pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 12 février 2025 en présence de Mme Malhomme, greffière d'audience, Mme Marzoug a lu son rapport et entendu les observations de Me Ben Gadi pour M. B, laquelle a repris à la barre les moyens invoqués dans la requête, a précisé que M. B s'était vu renouveler son récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, a fait valoir que, dans l'hypothèse d'une demande de substitution de motifs présentée par le CNAPS dans son mémoire en défense, M. B conteste les faits mentionnés au TAJ, lesquels n'ont pas donné lieu à une condamnation, sont anciens et n'ont pas été réitérés et a soutenu que les faits de violence suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, ont fait l'objet d'un classement sans suite, que les faits de violence sur mineur suivie d'une incapacité supérieure à huit jours sur un mineur de quinze ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime résultent d'un accident domestique, que ces derniers faits, qui avaient fait l'objet d'une demande d'informations du CNAPS à l'occasion de la précédente procédure de renouvellement de sa carte professionnelle en mai 2019, n'ont pas fait obstacle audit renouvellement et qu'enfin, le bulletin n° 3 du casier judiciaire de M. B est vierge.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M B, qui était titulaire d'une carte professionnelle pour des activités de gardiennage ou de surveillance humaine pouvant inclure l'usage de moyens électroniques valable jusqu'au 22 novembre 2024, a saisi le directeur du CNAPS d'une demande de renouvellement de cette carte. Par une décision du 15 janvier 2025, le directeur du CNAPS a rejeté cette demande, en se fondant sur les dispositions du 4° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, au motif que M. B ne justifiait pas, au jour de la demande, de la détention d'un titre de séjour en cours de validité. Le requérant demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission à titre provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

4. En l'état de l'instruction, et compte tenu notamment des éléments que le CNAPS fait valoir dans son mémoire en défense quant aux mises en cause de M. B telles qu'elles ressortent de la consultation du traitement des antécédents judiciaires (TAJ), aucun des moyens invoqués par M. B et analysés dans les visas de la présente ordonnance ne paraît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'urgence, que les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, le CNAPS n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, de faire droit aux conclusions de la requête présentées au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Ben Gadi et au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Paris, le 26 février 2025.

La juge des référés,

S. Marzoug

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2502821/6

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