mercredi 12 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2502865 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | ROSIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Rosin, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de
l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de résident ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer à titre provisoire et conservatoire une carte de résident valable 10 ans, dans un délai d'un mois et sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui remettre dans cette attente, sous 48 heures et astreinte de 150 euros par jour de retard, un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de 15 jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de le munir, dans un délai de 48 heures et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, d'un document provisoire de séjour assorti d'une autorisation de travail durant le temps du réexamen ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, Me Rosin, sur le fondement de l'article 37 de la loi 10 juillet 1991 ou, dans le cas où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à lui verser directement en vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence doit être regardée comme remplie dès lors qu'il est plongé dans une situation de précarité administrative depuis une durée anormalement longue ;
- la décision attaquée le plonge dans une situation irrégulière et est dépourvu du droit de travailler, alors qu'il est actif dans sa recherche de travail, il ne peut être recruté avec sa seule attestation de dépôt, qui ne l'autorise pas à travailler.
Sur l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- la décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la décision méconnaît les articles L. 424-1 et L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2025, le préfet de police de Paris conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
- que, faute pour M. A d'avoir déposé un dossier complet, aucune décision implicite de rejet est née du silence du préfet de police sur sa demande de titre de séjour,
- que M. A ne fait pas état d'une situation d'urgence,
- et qu'il n'y a pas, à titre subsidiaire, lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction dès lors qu'une attestation de prolongation d'instruction va lui être délivrée le 10 mars 2025, valable jusqu'au 3 mai 2025, lui permettant d'attester de la régularité de son séjour et de travailler.
Par un mémoire, enregistré le 10 février 2025, M. A déclare se désister purement et simplement de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte mais maintenir les conclusions aux fins d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 31 janvier 2025 sous le numéro 2502827 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Roux, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 10 février 2025 Mme Le Roux a lu son rapport, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant ivoirien, est né le 13 juillet 1983. Sa fille, C A, née le 13 juin 2023 à Paris, s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par une décision du 21 février 2024 de la Cour nationale du droit d'asile. Le 18 juillet 2024, il a déposé une demande de carte de résident en qualité de parent d'enfant reconnu réfugié. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de lui délivrer une carte de résident.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'accorder à
M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte :
3. Par un mémoire, enregistré le 10 février 2025, M. A déclare se désister purement et simplement des conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte, sans qu'il soit besoin d'examiner ni l'exception de non-lieu opposée par le préfet de police en défense, ni la fin de non-recevoir opposée par le préfet de police.
Sur les frais liés au litige :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'État au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. A de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Rosin et au ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 12 février 2025.
La juge des référés,
Signé
M.-O. LE ROUX
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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