vendredi 21 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2503415 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | VELASCO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 février 2025, M. D C, représenté par Me Velasco, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de police de le convoquer dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance afin que lui soit remis son titre de séjour ou, à défaut, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de police d'examiner son dossier de demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son avocat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. A C soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le délai de traitement de sa demande de renouvellement est excessif, qu'il a tenté de contacter la préfecture à de nombreuses reprises et en vain depuis janvier 2023, qu'il s'agit d'une demande de renouvellement de titre de séjour, et que cette situation le maintient dans une précarité administrative ;
- la mesure demandée est utile dès lors qu'il n'a pu obtenir de rendez-vous pour récupérer son titre de séjour depuis août 2022 ;
- la demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1.Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. "
2.Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
3.Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ". Aux termes de l'article R. 431-15 du même code : " Le récépissé de demande de renouvellement d'une carte de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle autorise son titulaire à exercer une activité professionnelle. "
4.Il résulte de l'instruction que M. A C, ressortissant tunisien né le 9 septembre 1981, a été titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " valable du 13 novembre 2021 au 12 novembre 2022. Il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour et a été muni de récépissés de demande de carte de séjour à compter du 8 février 2023, renouvelés tous les trois mois. Il résulte de l'instruction que ces récépissés mentionnent que M. A C n'est pas autorisé à travailler. Il résulte par ailleurs de l'instruction que M. A C est actuellement en possession d'un récépissé en cours de validité qui expirera le 15 avril 2025 et que sa demande de renouvellement de titre de séjour est toujours en cours d'instruction, ce qui n'est pas contredit par le préfet de police. Ainsi, rien ne fait obstacle à ce que le récépissé délivré à M. A C l'autorise à exercer une activité professionnelle, ainsi que le prescrivent les dispositions de l'article R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'absence de délivrance de ce document maintient l'intéressé dans une situation de précarité. M. A C justifie ainsi de l'urgence de sa situation et de l'utilité de la mesure. En outre, sa demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
5.Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de délivrer à M. A C dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
6.En revanche, il n'entre pas dans l'office du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet de police de délivrer un titre de séjour à M. A C, ni même de statuer sur sa demande de renouvellement, le prononcé de telles mesures ne présentant pas un caractère conservatoire ou provisoire. Il s'ensuit que ces conclusions sont manifestement irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
7.M. A C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à Me Velasco, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à M. A C dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler.
Article 2 : L'Etat versera à Me Velasco une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Velasco renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A C est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à Me Velasco.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 21 février 2025.
La juge des référés,
Signé
M. DHIVER
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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