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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2503737

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2503737

mercredi 30 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2503737
TypeDécision
FormationSection 8 - Chambre 1
Avocat requérantTOMASI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A, ressortissant bangladais, qui contestait le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de police le 25 novembre 2024. Le tribunal a jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que la situation de M. A, célibataire sans charge de famille et justifiant d'emplois non qualifiés, ne relevait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'illégalité du refus de titre n'étant pas établie, l'obligation de quitter le territoire français a été maintenue.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 février 2025, M. B A, représenté par Me Demir, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 25 novembre 2024 par lesquelles le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", sous astreinte de cent euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de trois mois à compter du jugement à intervenir et sous la même astreinte, et, dans cette attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler le temps du réexamen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour qu'elle assortit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2025, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 10 mars 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er avril 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Topin.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant bangladais, né le 15 novembre 1988, est entré en France le 2 février 2018, selon ses déclarations. Il a sollicité, le 21 juin 2024, son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par des décisions du 25 novembre 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de police a rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français.

Sur la légalité de la décision de refus de titre de séjour :

2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. "

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui réside en France depuis 2018, justifie, en produisant cinquante-trois bulletins de salaires et un contrat de travail à durée indéterminée du 13 mars 2024, avoir exercé des activités salariées pour trois employeurs consécutifs, d'abord en qualité d'employé polyvalent entre juin 2019 et février 2023, dont dix-huit mois à temps partiel, puis de cuisinier, entre mars et décembre 2024 et sous couvert d'un contrat à durée indéterminée à temps plein. Toutefois, eu égard à son temps de résidence en France, à la durée totale de ses emplois non qualifiés dont une partie exercée à temps partiel et à l'absence de qualifications professionnelles, alors qu'il est constant qu'il est célibataire et sans charge de famille, le préfet de police a pu estimer que la situation du requérant ne relevait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. Compte tenu de ce qui a été dit au point 3. du présent jugement, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité du refus de titre de séjour doit être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles, présentées sur le fondement de l'article. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 8 avril 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Topin, présidente ;

- M. Matalon, premier conseiller ;

- M. Hémery, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2025.

La présidente-rapporteure,

Signé

E. Topin

L'assesseur le plus ancien,

Signé

D. Matalon

La greffière,

Signé

E. Cardoso

La République demande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2503737/8

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