lundi 17 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2503970 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET BERTRAND (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 février 2024, M. A C et Mme D C, agissant au nom de leur fils mineur B C, représentés par Me Bertrand, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 6 septembre 2024 par laquelle le comité exécutif (COMEX) de la Fédération française de football (FFF) a refusé d'accorder à leur fils une exemption exceptionnelle du cachet " Mutation ", jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la FFF de dispenser leur fils du cachet " Mutation " sur sa licence pour la saison 2024/2025, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la FFF la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la condition relative à l'urgence :
- la décision litigieuse produit des effets graves et immédiats sur sa situation dès lors qu'elle est une cause essentielle de l'impossibilité de participer aux compétitions avec son nouveau club Paris 13 Atletico, alors que la saison sportive s'achève en juin 2025 ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
- la décision litigieuse est entachée d'erreur de droit et de défaut de motivation ;
- elle méconnaît le principe d'égalité et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- la requête n° par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Weidenfeld pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est un jeune joueur de football, né le 20 avril 2009, qui évoluait pour la saison 2023-2024 au sein du club de Massy 91 FC. Le 11 mai 2023, il s'est engagé à intégrer le centre de formation du Football Club des Girondins de Bordeaux (FCGB) pour la saison 2024-2025 et a signé, le 14 juin 2024, un contrat de joueur aspirant avec ce club devant prendre effet le 1er juillet 2024. Toutefois, le FCGB ayant abandonné son statut professionnel le 25 juillet 2024, son centre de formation a perdu son agrément, si bien que la Ligue de football professionnel (LFP) a refusé d'agréer la convention de formation mentionnée ci-dessus. Le requérant ayant de ce fait été contraint d'intégrer à la fin du mois d'août 2024 le Paris 13 Atletico, la FFF a apposé sur sa licence un cachet " Mutation hors période " pour laquelle son COMEX a refusé, par une décision du 6 septembre 2024, d'accorder une exemption exceptionnelle. Par la présente requête, les parents du jeune joueur demandent, en son nom, la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Il résulte des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de la situation d'urgence, le requérant fait valoir que la décision attaquée compromet gravement sa progression et son parcours de formation en l'écartant des matchs officiels auxquels participe son club, le Paris 13 Atletico. Toutefois, si le cachet " Mutation hors période " limite les possibilités pour M. C d'être convoqué les jours de matchs, il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas soutenu, qu'il serait la cause exclusive de l'absence d'intégration du joueur dans l'effectif du club en compétition. Dans ces conditions, et alors qu'aucun élément du dossier ne permet de considérer ni que le requérant pourrait être inscrit sur une feuille de match d'ici la fin de la saison en juin 2025, ni que l'absence de participation à ces matchs officiels au cours de la présente année lui cause un préjudice de carrière important, M. C ne peut être regardé comme justifiant d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. et Mme C en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à Mme D C.
Fait à Paris, le 17 février 2025.
La juge des référés,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne à la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2503970/6