lundi 17 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2504109 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | DE RAMMELAERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 février 2025, M. C D, représenté par Me de Rammelaere, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision de rejet du ministère de l'intérieur de sa demande de relocalisation révélée par le courrier du 2 janvier 2025 des services chypriotes de l'asile, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de lui accorder le bénéfice du programme européen de relocalisation, d'autoriser son entrée en France, de lui permettre de déposer sa demande d'asile en France ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- il est porté une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle ;
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 9 du règlement 604/2013 du 2- juin 2016 ;
- elle méconnait son droit constitutionnel de solliciter le statut de réfugié ;
- elle méconnait des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 13 février 2025 sous le numéro 2504108 par laquelle
M. D demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Au soutien de ses conclusions, M. D, ressortissant syrien, né le 2 juin 1992, actuellement présent sur le territoire de la République de Chypre, Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile, fait valoir que la décision prise par les autorités françaises, révélée par le courrier qu'il a reçu des autorités chypriotes le 2 janvier 2025, de refuser la relocalisation en France de sa demande d'asile, doit être regardée comme un refus de transfert au sens du règlement européen 604/2013 dont il demande au juge des référés de suspendre l'exécution. Cependant, M. D qui ne produit qu'une décision en langue anglaise émanant des autorités chypriotes mentionnant ce refus, non traduite au demeurant, et précisant que la demande d'asile sera donc examinée à Chypre, n'apporte pas de justifications suffisantes de nature à établir l'existence d'une situation d'urgence, qui ne résulte pas davantage de la nature et de la portée de la décision attaquée. Par suite, en l'absence de l'établissement d'une urgence, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. D dans son ensemble.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D.
Fait à Paris, le 17 février 2025.
La juge des référés,
V. B A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui les concerne, ou à tous commissaire de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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