lundi 17 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2504121 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | WELSCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 février 2025, Mme D et M. B, représentés par Me Welsch, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de les admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution d'une décision implicite de rejet de leur demande d'hébergement pour laquelle la communication des motifs a été demandée le
6 février 2025 à la commission de médiation de Paris, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de reconnaître, à titre provisoire, le caractère urgent de leur demande d'hébergement dans le cadre du droit à l'hébergement opposable, de leur octroyer un hébergement d'urgence dans un délai de soixante-douze heures, le temps qu'il soit statué au fond sur leur demande et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 € au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, leur conseil, Me Welsch renonçant en tel cas à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
Sur l'urgence :
- ils sont dépourvus d'hébergement, ils n'ont pu obtenir d'hébergement en dépit de leur demande auprès de la commission de médiation de Paris, la précarité dans laquelle ils se trouvent constitue une situation d'urgence ;
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle viole les dispositions des articles L. 300-1 et L. 441-2-3 III du code de la construction et de l'habitation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 13 février 2025 sous le numéro 2404107 par laquelle Mme D et M. B demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme E C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Mme D et M. B, inscrits depuis 2023 au SIAO, ont présenté le
21 décembre 2024, un recours amiable en vue d'un hébergement, dans le cadre du droit à l'hébergement opposable dont il a été accusé réception le 30 décembre 2024. Ils estiment n'avoir pas reçu de réponse sur leur recours dans le délai imparti et qu'un refus implicite leur a ainsi été opposé et ont sollicité, dès le 6 février 2025, la communication des motifs de refus pour lesquels la commission de médiation a implicitement rejeté leur demande d'hébergement. Toutefois, outre qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une décision implicite de rejet a d'ores et déjà été opposée à leur recours amiable, en vue d'un hébergement, la demande de communication des motifs, présentée le 6 février 2025 ainsi qu'indiqué ci-dessus, pour lesquels un refus implicite leur a été opposé n'a, en tout état de cause, pas pu produire d'effets. A la date de la présente ordonnance, aucune décision de refus de communication des motifs ne leur a été opposée. Il s'ensuit que la présente demande de suspension d'une décision qui n'existe pas encore est manifestement irrecevable. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête dans son ensemble y compris la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme D et de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D, à M. F B et à Me Welsch.
Fait à Paris, le 17 février 2025.
La juge des référés,
V. E C
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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