mercredi 19 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2504541 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | CABINET 1948 AVOCATS (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 février 2025, M. B A, représenté par Me Lante et Me Marcel, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'arrêté du 18 février 2025 par lequel le préfet de police de Paris a interdit les manifestations prévues les 19 et 20 février 2025 pour la campagne de libération de M. D C ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'arrêté litigieux a été notifié le 18 février 2025 et que les manifestations sont prévues les 19 et 20 février 2025 de 18h à 21h ;
- la décision porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale d'expression, d'opinion et à la liberté de réunion dont la liberté de manifestation est une composante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ladreyt pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déclaré à la préfecture de police de Paris le 13 février 2025 deux manifestations en date des 19 et 20 février 2025 prévues de 18h30 à 21h pour la campagne de libération de M. B C. Par un arrêté 2025-00218 en date du 18 février 2025 le préfet de police de Paris a interdit ces manifestations.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de la justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
3. Il résulte de l'instruction que les manifestations prévues seraient de nature à inciter à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. En effet, il résulte de cette même instruction que le 8 février 2025 lors d'une précédente manifestation en soutien à M. B E C, se définissant lui-même comme " un combattant communiste révolutionnaire et antisioniste ", et ayant été condamné à une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour complicité d'assassinat de deux diplomates américain et israélien en 1987, des propos susceptibles de constituer une apologie du terrorisme ont été tenus et ont fait l'objet d'un signalement à la procureure de la République près le tribunal judiciaire de Paris . Dès lors, le préfet de police fait état d'un risque sérieux de trouble à l'ordre public, d'une part, en raison du risque que des propos similaires soient tenus à l'occasion de ces manifestations et, d'autre part, en raison du risque d'affrontements avec des militants aux opinions antagonistes. Par suite, l'arrêté du préfet de police de Paris ne peut être regardé comme portant une atteinte manifestement grave et illégale à la liberté de manifestation ou aux libertés foamentales invoquées au sens de l'article L. 521-2 précité.
4. Ainsi, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mes Lante et Marcel et à M. B A.
Copie de l'ordonnance sera délivrée au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 19 février 2025.
Le juge des référés
Signé
J.-P. Ladreyt
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./9