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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2505027

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2505027

jeudi 6 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2505027
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantDUMANOIR

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris a été saisi en référé suspension par Mme B, qui contestait la décision du préfet de police de Paris du 9 janvier 2025 clôturant sa demande de renouvellement de titre de séjour "vie privée et familiale". La requérante s'est désistée de ses conclusions principales après que le préfet lui a délivré, le 27 février 2025, une attestation de prolongation d'instruction puis une attestation de décision favorable. Le juge des référés a donné acte de ce désistement et, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, a condamné l'État à verser 1 000 euros à son avocate sous réserve de l'admission définitive à l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 février 2025, Mme A C B, représentée par Me Dumanoir, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 9 janvier 2025 par laquelle le préfet de police de Paris a clôturé sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer, dans un délai de quinze

jours à compter de la notification de la présente ordonnance, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et de lui délivrer, dans cette attente, un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de sept jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte, de procéder au réexamen de sa demande et de la munir, dans l'intervalle, d'un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient qu'il y a urgence et qu'il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Par un acte, enregistré le 28 février 2025, Mme B, représentée par Me Dumanoir, a déclaré se désister purement et simplement de ses conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte, au motif que le 27 février 2025, le préfet lui a délivré une attestation de prolongation d'instruction puis une attestation de décision favorable sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, mais déclare maintenir ses conclusions présentées au titre des frais d'instance.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mars 2025, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête, au motif que la requérante a obtenu gain de cause sur ses demandes tendant, d'une part, au renouvellement de son titre de séjour, d'autre part, à la délivrance d'un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 23 février 2025 sous le numéro 2505028 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Truilhé, président de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ".

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application des dispositions citées ci-dessus, l'admission de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte d'un désistement ou constater un non-lieu à statuer.

4. Par un acte, enregistré le 28 février 2025, Mme B déclare se désister purement et simplement de ses conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte. Rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte de ce désistement.

Sur les frais d'instance :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Dumanoir, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement, à Me Dumanoir, d'une somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B, par le bureau d'aide juridictionnelle, une somme de 1 000 euros sera versée au titre des frais d'instance à Mme B.

O R D O N N E :

Article 1r : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de Mme B de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.

Article 3 : Sous réserve que Me Dumanoir, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me Dumanoir une somme de 1 000 euros aux titres des frais d'instance. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, une somme de 1 000 euros sera versée au titre des frais d'instance Mme B.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C B, à Me Dumanoir et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 6 mars 2025.

Le juge des référés,

SIGNÉ

J. C. TRUILHÉ

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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