LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2505333

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2505333

vendredi 28 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2505333
TypeDécision
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantRAVEENDRAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 février 2025, M. A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 février 2025 par laquelle le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, lui a refusé l'admission sur le territoire au titre de l'asile et a ordonné son réacheminement vers tout pays où il sera légalement réadmissible ;

2°) d'enjoindre au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur de mettre fin aux mesures de privation de liberté et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la procédure d'adoption de la décision attaquée a porté atteinte à la confidentialité des éléments de sa demande d'asile ;

- les conditions matérielles de déroulement de l'entretien ne lui ont pas permis de livrer un récit détaillé et étayé de ses allégations concernant ses craintes en cas de retour ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que son auteur a porté sur sa demande une appréciation allant au-delà de son caractère manifestement infondé ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle ne prend pas en compte son état de vulnérabilité ;

- la décision fixant le pays de réacheminement méconnaît l'article 33 de la convention de Genève et les stipulations des articles 2 et 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît le principe du non-refoulement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 février 2025, le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, représenté par la SCP Saidjï et Moreau, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun de ses moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention relative au statut des réfugiés, signée à Genève le 28 juillet 1951 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Cicmen en application des articles L. 352-4 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cicmen, magistrat désigné ;

- les observations de Me Raveendran, avocate commis d'office, en présence de M. B et d'un interprète en langue persane, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- et les observations de Me Chesnet, représentant le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués par la requérante sont infondés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, qui déclare être né 1er septembre 1979, à Abadan, Iran, pays dont il serait ressortissant, a atterri à l'aéroport de Paris-Roissy le 20 février 2025, en provenance de Sao Paulo, et y a sollicité le statut de réfugié le même jour (21 février). L'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA), consulté sur la demande d'asile, a émis un avis de non-admission le 25 février 2025. Par une décision du 25 février 2025, le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, lui a refusé l'admission sur le territoire français au titre de l'asile. M. B demande l'annulation de cette décision du 25 février 2025.

Sur le cadre juridique :

2. Aux termes de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refuser l'entrée en France à un étranger qui se présente à la frontière et demande à bénéficier du droit d'asile ne peut être prise que dans les cas suivants : / () 3° La demande d'asile est manifestement infondée. / Constitue une demande d'asile manifestement infondée une demande qui, au regard des déclarations faites par l'étranger et des documents le cas échéant produits, est manifestement dénuée de pertinence au regard des conditions d'octroi de l'asile ou manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves ". Aux termes de l'article L. 352-2 du même code : " Sauf dans le cas où l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat, la décision de refus d'entrée ne peut être prise qu'après consultation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui rend son avis dans un délai fixé par voie réglementaire et dans le respect des garanties procédurales prévues au titre III du livre V. L'office tient compte de la vulnérabilité du demandeur d'asile () ". Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le ministre chargé de l'immigration peut rejeter la demande d'asile présentée par un étranger se présentant à la frontière du territoire national lorsque ses déclarations, et les documents qu'il produit à leur appui, sont sans pertinence au regard des conditions d'octroi de l'asile ou, du fait notamment de leur caractère inconsistant ou trop général, incohérent ou très peu plausible, sont manifestement dépourvus de crédibilité et font apparaître comme manifestement dénuées de fondement les craintes de persécutions ou d'atteintes graves alléguées par l'intéressé au titre de l'article 1er, A, 2 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ou de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif à la protection subsidiaire.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. En premier lieu, si la confidentialité des éléments d'information détenus par l'OFPRA et relatifs aux personnes sollicitant l'asile en France constitue une garantie essentielle du droit d'asile, ce principe ne fait pas obstacle à ce que les agents habilités à mettre en œuvre ce droit aient accès à ces informations. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la procédure suivie aurait porté atteinte à ce principe dès lors que ces éléments n'ont été connus, étudiés et transmis que par les agents des autorités habilitées par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à traiter les demandes d'asile à la frontière, à savoir les agents de police ainsi que les agents de l'OFPRA et du ministère de l'intérieur, tous astreints au secret professionnel. Par suite, le moyen doit être écarté.

4. En deuxième lieu, si M. B soutient que les conditions matérielles de déroulement de l'entretien ne lui ont pas permis de livrer un récit détaillé et étayé de ses allégations concernant ses craintes en cas de retour, il n'apporte aucune précision, ni aucun élément de nature à considérer que cet entretien n'aurait pas été effectué dans le respect des garanties prévues par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen doit être écarté.

5. En troisième lieu, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'en appréciant la crédibilité de la demande d'asile de M. B, le ministre de l'intérieur aurait excédé la compétence que lui confèrent les dispositions précitées de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait de ce chef entachée d'une erreur de droit doit être écarté.

6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à l'appui de sa demande d'asile, M. B a fait valoir qu'il est de nationalité iranienne, qu'il est originaire de Bouchehr où réside sa femme et sa fille et qu'il est entré seul en France en provenance du Brésil, après avoir transité par la Turquie. Au printemps de l'année 2024, à l'âge de 44 ans, il indique avoir souhaité renier l'Islam pour devenir chrétien et être exposé à des risques personnels, graves et actuels de persécution en Iran pour apostasie. Cependant, il ressort du dossier, en particulier du compte rendu de l'entretien du 25 février 2024 ainsi que de ses écritures, que M. B a tenu des propos particulièrement sommaires ou évasifs et confus sur la réalité de son cheminement spirituel vers le christianisme et les risques de persécutions encourus en cas de retour en Iran. Tant ses écritures que ses explications sont apparues peu convaincantes à ce sujet, le requérant n'ayant pas su faire une démonstration étayée de sa connaissance du christianisme. De même, ses motivations l'ayant fait cesser, à l'âge de 40 ans, toute pratique de l'Islam au printemps 2020, puis renier l'islam et adhérer au christianisme à compter du printemps 2024, à l'âge de 44 ans, demeurent inexpliquées. Par ailleurs, les circonstances dans lesquelles des membres de sa famille auraient été informés de son changement de foi n'ont pas fait l'objet de développements personnalisés, le requérant tenant au demeurant, lors de l'entretien avec l'officier de protection, des propos contradictoires sur l'information de sa femme quant à sa conversion. En outre, ses propos sur les problèmes qu'il a rencontrés dans son pays d'origine du fait de sa conversion sont trop lacunaires. Enfin, il n'allègue dans ses écritures et lors de l'entretien avec l'officier de protection aucune menace actuelle à l'encontre de ses proches, en particulier son épouse et sa fille mineure restées en Iran, en lien avec sa nouvelle orientation religieuse. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le ministre d'état, ministre de l'intérieur, a commis une erreur manifeste d'appréciation en considérant sa demande d'asile manifestement infondée.

7. En cinquième lieu, il ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier et, notamment, de la transcription de l'entretien dont il a bénéficié le 25 février 2025 que l'OFPRA, et partant le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, n'aurait pas tenu compte de la vulnérabilité éventuelle de M. B. Par suite, le moyen tiré de l'absence de prise en compte de la vulnérabilité de l'intéressé doit être écarté.

8. En sixième lieu, aux termes de l'article 2 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 2. La mort n'est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d'un recours à la force rendu absolument nécessaire : / a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale ; / b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l'évasion d'une personne régulièrement détenue ; c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection ". Aux termes de l'article 3 de la même convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 : " 1. Aucun des Etats contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. / 2. Le bénéfice de la présente disposition ne pourra toutefois être invoqué par un réfugié qu'il y aura des raisons sérieuses de considérer comme un danger pour la sécurité du pays où il se trouve ou qui, ayant été l'objet d'une condamnation définitive pour un crime ou délit particulièrement grave, constitue une menace pour la communauté dudit pays ".

9. En l'absence de tout élément circonstancié établissant la réalité des craintes du requérant en cas de retour dans son pays d'origine, la décision du ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, de réacheminer M. B vers tout pays où il serait légalement admissible ne méconnaît ni les stipulations précitées ni les stipulations des article 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni, en tout état de cause, celles de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés.

10. En septième et dernier lieu, si M. B soutient que la décision du ministre d'Etat, ministre de l'intérieur méconnaît le principe du non-refoulement garanti par les stipulations précitées de la convention de Genève du 28 juillet 1951, dès lors que cette décision ne résulte pas d'un examen au fond de sa demande d'asile et ne lui ôte pas la qualité de demandeur d'asile, il n'est pas titulaire du statut de réfugié, et ne peut donc utilement se prévaloir de ces dispositions.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions aux fins d'injonction et celles qu'il a présentées au titre des frais liés à l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Décision rendue le 28 février 2025.

Le magistrat désigné,

Signé

D. CICMEN

La greffière,

Signé

N. DUPOUY

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

2/8

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607042

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.

03/04/2026

← Retour aux décisions