lundi 24 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2505450 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BOULESTREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 février 2025, Mme B C épouse A, représentée par Me Boulestreau, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite née le 20 décembre 2024 par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre au préfet de police, ou à tout préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour d'une durée de dix ans à titre provisoire dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de la munir, dans cette attente, d'une attestation de prolongation d'instruction de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler dès la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) d'enjoindre au préfet de police, ou à tout préfet territorialement compétent, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de la munir, dans cette attente, d'une attestation de prolongation d'instruction de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler dès la notification de l'ordonnance à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle, ou à lui verser directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée.
Par un mémoire, enregistré le 10 mars 2025, Mme C épouse A se désiste des conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de sa requête et maintient la demande présentée au titre des frais d'instance.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- la requête enregistrée le 27 février 2025 sous le numéro 2505451 par laquelle Mme C épouse A demande l'annulation de la décision litigieuse.
Vu :
- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-641 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Marzoug pour statuer sur les demandes de référé.
Vu la lettre informant les parties de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience publique du 13 mars 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse A, ressortissante tunisienne née le 23 février 1983, soutient être entrée en France le 17 octobre 2023 munie d'un visa long séjour valant titre de séjour portant la mention " conjoint de ressortissant français ". Elle a déposé le 20 août 2024 une demande de renouvellement de titre de séjour et s'est vu remettre une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 18 février 2025. La requérante, qui fait valoir que le silence gardé par le préfet de police sur sa demande de renouvellement de titre de séjour a fait naître une décision implicite de rejet, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision implicite.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre Mme C épouse A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de la requête :
3. Par un mémoire, enregistré le 10 mars 2025, Mme C épouse A s'est désistée des conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de sa requête. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais d'instance :
4. Mme C épouse A étant admise à l'aide juridictionnelle provisoire, son avocate peut se prévaloir des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En application de ces dispositions et de celles de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros à Me Boulestreau, avocate de Mme C épouse A, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive de Mme C épouse A au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle à Mme C épouse A, cette somme lui sera versée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C épouse A est admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de la requête de Mme C épouse A.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à Me Boulestreau, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle et sous réserve de l'admission définitive de Mme C épouse A au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle à Mme C épouse A, cette somme lui sera versée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C épouse A, à Me Boulestreau et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 24 mars 2025.
La juge des référés,
S. Marzoug
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2505450/6