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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2505693

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2505693

lundi 10 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2505693
TypeDécision
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantMEKARBECH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 février 2025, M. C A, retenu au centre de rétention de Paris-Vincennes, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 27 février 2025 par lesquels le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il devait être éloigné et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de vingt-quatre mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer sous astreinte une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;

M. A soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

- les décisions sont entachées d'une incompétence de leur auteur

-les décisions sont entachées d'une insuffisance de motivation et d'examen de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision de refus d'octroi de délai de départ volontaire :

- la décision est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire national ;

- la décision est entachée d'une violation de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire national ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire national ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Vu, enregistré le 10 mars 2025, le mémoire présenté pour le préfet de la Seine-Saint-Denis par la Selarl Centaures Avocats qui conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Martin-Genier

en application des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martin-Genier ;

- les observations de Me Mekarbech, avocate commise d'office, représentant M. A,

- et les observations de Me Rannou, représentant le préfet de la Seine-Saint-Denis.

Considérant ce qui suit :

1.M. C A, ressortissant algérien né le 17 juillet 1988, demande au tribunal d'annuler les décisions du 27 février 2025 par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois.

Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

1. En premier lieu, par un arrêté n°2025-0534 du 6 février 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour de la préfecture, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à Mme D B, cheffe du bureau de l'asile et signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.

2. En deuxième lieu, les décisions attaquées visent le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment ses articles L. 611-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 612-10 et L. 721-4 et mentionnent avec suffisamment de précisions les éléments relatifs à la situation administrative et personnelle du requérant. Ainsi, les décisions contestées mentionnent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles se fondent et sont suffisamment motivées. Elles indiquent notamment que M. A est connu et a été interpellé pour des faits habituels de violence sur une personne ayant été ou étant conjoint concubin ou liée à lui par un pacte civil de solidarité, est connu pour des faits de vols en réunion et utilisation de substances illicites. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. Si M. A soutient qu'il est entré en France en janvier 2022, qu'il est autoentrepreneur depuis deux ans, qu'il est convoqué le 27 septembre 2025 devant le tribunal correctionnel pour les faits pour lesquels il doit répondre, audience à laquelle il pourra se faire assister d'un avocat, cette circonstance est sans influence sur l'appréciation que porte le préfet de la Seine-Saint-Denis sur le danger à l'ordre public qu'il représente. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision contestée sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.

Sur de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

5. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté que le requérant se maintient irrégulièrement en France, qu'il est dépourvu de document de voyage en cours de validité et qu'il n'a pas apporté la preuve du lieu de résidence qu'il a mentionné. Il représente en outre un danger pour l'ordre public au regard des multiples faits pour lesquels il a été signalé. Dès lors, les moyens tirés de la violation de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

Sur la décision fixant le pays de destination :

6. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision désignant le pays de renvoi.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois :

7. Les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français et la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire ayant été écartés, l'exception d'illégalité de ces décisions invoquée par M. A à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui interdisant de retourner sur le territoire national pour une période de vingt-quatre mois ne peut qu'être écartée par voie de conséquence.

8. Au regard de la situation personnelle de l'intéressé qui constitue une menace à l'ordre public, ne dispose d'aucune attache familiale en France et n'a pas cherché à régulariser sa situation, le moyen tiré de l'erreur manifeste de cette décision doit être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Lu en audience publique le 10 mars 2025.

Le magistrat désigné,

Signé

P. MARTIN-GENIERLe greffier,

Signé

A. LANCIEN

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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