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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2509071

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2509071

lundi 7 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2509071
TypeDécision
Avocat requérantMOREL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de Mme C. Celle-ci contestait le refus implicite de la commission de médiation de lui reconnaître un caractère prioritaire pour un hébergement d'urgence, alors qu'elle était menacée d'expulsion. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, la situation invoquée résultant de sa propre carence ou négligence. La requérante a néanmoins été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 avril 2025, Mme C, représentée par Me Morel demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner la suspension de la décision née le 10 septembre 2024 du silence gardé sur son recours amiable en vue d'une offre d'hébergement jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de la région Ile de France et à la commission de médiation de procéder au réexamen de sa demande, et de reconnaitre, à titre provisoire, le caractère prioritaire de sa demande ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient :

Sur l'urgence :

- elle est privée d'hébergement, menacée d'expulsion du logement qu'elle occupe, étant hébergée par son fils, actuellement incarcéré ;

- elle est vulnérable ;

- l'expulsion est imminente ;

- elle est reconnue prioritaire et devant être logée en urgence depuis le 9 janvier 2027, mais n'a reçu aucune proposition de logement ;

Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de l'acte :

- la décision de rejet n'est pas motivée ;

- les articles L. 300-1 et L. 411-2-3 du code de la construction et de l'habitation sont méconnus

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 2 avril 2025 sous le numéro 2509069 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions tendant à l'obtention du bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de ces dispositions.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. D'autre part, l'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement et tenir compte du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette pas d'invoquer utilement -ni sérieusement- la notion d'urgence. Il en est notamment ainsi lorsque la situation d'urgence découle directement de la négligence ou de la carence du requérant, ou de tout autre acte positif qui lui est directement imputable. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la décision à laquelle le juge statue.

4. Au soutien de ses conclusions tendant à la suspension d'une décision implicite refusant de la reconnaître prioritaire et devant être hébergée en urgence, née le 10 septembre 2024 du silence gardé par la commission de médiation sur sa demande, Mme C, qui a été reconnue prioritaire et devant être logée en urgence par une décision de la commission de médiation de Paris en date du 9 janvier 2017, fait valoir l'urgence de sa situation, une procédure d'expulsion devant être mise en œuvre de manière imminente pour le logement qu'elle occupe au 17 rue Marie Anne Colombier à Bagnolet. Toutefois, outre que la procédure d'expulsion invoquée concerne

M. E, son fils, et non l'intéressée, qui ne saurait ainsi utilement s'en prévaloir au soutien de ses conclusions, Mme C, déjà reconnue prioritaire et devant être logée en urgence, nonobstant la circonstance qu'elle n'a pas à ce jour été relogée et qui ne justifie pas avoir renoncé à cette reconnaissance toujours en vigueur, n'apporte pas de justifications suffisantes, de nature à établir l'existence d'une situation d'urgence qui ne résulte pas davantage de la nature et de la portée de la décision attaquée. Par suite, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête.

O R D O N N E :

Article 1er : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire est accordé à

Mme C.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et à Me Morel.

Fait à Paris, le 7 avril 2025.

La juge des référés,

V. D A

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoire, chargé du logement en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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