LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2533449

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2533449

jeudi 20 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2533449
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8e Section - MESD
Avocat requérantDUMAZET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante zimbabwéenne, qui contestait la décision du ministre de l'intérieur du 17 novembre 2025 refusant son admission sur le territoire français au titre de l'asile. Le tribunal a considéré que la demande d'asile était manifestement infondée au sens des articles L. 352-1 et L. 352-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison du manque de crédibilité des déclarations de la requérante. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris celles relatives à la violation de la confidentialité, au non-respect du principe de non-refoulement (articles 33 de la Convention de Genève et 3 de la CESDH) et au droit à un recours effectif (article 13 de la CESDH).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête enregistrée le 18 novembre 2025, Mme D..., maintenue en zone d’attente de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 17 novembre 2025 par laquelle le ministre de l’intérieur a rejeté sa demande d’admission sur le territoire français au titre de l’asile ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de mettre fin aux mesures privatives de liberté et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1500 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient que :
- la confidentialité des éléments d’information de la demande d’asile n’a pas été respectée, tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) que par les agents du ministère de l'intérieur ;
- la décision litigieuse est entachée d’une erreur de droit dès lors que l’examen du ministre a dépassé le caractère manifestement infondé de la demande ;
- la décision fixant le pays de destination viole le principe de non refoulement et viole l’article 33 de la convention de Genève ainsi que l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît son, droit à un recours effectif tel que protégé par l’article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.



Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2025, le ministre de l’intérieur, représenté par le cabinet d'avocats Saidji et Moreau, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B... ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
La convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
La convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
Le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
Le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Hémery en application des articles L. 922-2 et R.922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de M. Hémery,
les observations orales de Me Dumazet, représentant Mme B..., assistée de M. A..., interprète en langue anglaise,
et les observations orales de Me Ben Hamouda, représentant le ministre de l’intérieur, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués par la requérante sont infondés.


Considérant ce qui suit :

Par la présente requête, Mme B..., ressortissante zimbabwéenne née le 6 janvier 2002, demande au tribunal d’annuler la décision du 17 novembre 2025 par laquelle le ministre de l’intérieur a rejeté sa demande d’admission sur le territoire français au titre de l’asile.


Sur les conclusions aux fins d’annulation :

Aux termes de l’article L. 352-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose : « La décision de refuser l'entrée en France à un étranger qui se présente à la frontière et demande à bénéficier du droit d'asile ne peut être prise que dans les cas suivants : / (…) / 3° La demande d'asile est manifestement infondée. / Constitue une demande d'asile manifestement infondée une demande qui, au regard des déclarations faites par l'étranger et des documents le cas échéant produits, est manifestement dénuée de pertinence au regard des conditions d'octroi de l'asile ou manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves. » et de l’article L. 352-2 du même code : « Sauf dans le cas où l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat, la décision de refus d'entrée ne peut être prise qu'après consultation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui rend son avis dans un délai fixé par voie réglementaire et dans le respect des garanties procédurales prévues au titre III du livre V. L'office tient compte de la vulnérabilité du demandeur d'asile. L'avocat ou le représentant d'une des associations mentionnées à l'article L. 531-15, désigné par l'étranger, est autorisé à pénétrer dans la zone d'attente pour l'accompagner à son entretien dans les conditions prévues au même article. Sauf si l'accès de l'étranger au territoire français constitue une menace grave pour l'ordre public, l'avis de l'office, s'il est favorable à l'entrée en France de l'intéressé au titre de l'asile, lie le ministre chargé de l'immigration. ».

Le droit constitutionnel d’asile, qui a le caractère d’une liberté fondamentale, a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié. Ce droit implique que l’étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit en principe autorisé à demeurer sur le territoire jusqu’à ce qu’il ait été statué sur sa demande. Toutefois, le ministre chargé de l’immigration peut, sur le fondement des dispositions de l’article L. 352-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, rejeter la demande d’asile d’un étranger se présentant aux frontières du territoire national lorsque celle-ci présente un caractère manifestement infondé.

Il ressort des pièces du dossier, et notamment des déclarations de Mme B... telles qu’elles ont été consignées dans le compte-rendu d’entretien avec le représentant de l’OFPRA, que la requérante soutient que, de nationalité zimbabwéenne et appartenant à la communauté ndébélé, elle est originaire de Bulawayo, qu'elle est issue d'une famille particulièrement modeste, qu'en février 2020, sa mère décède de la tuberculose, qu'en mars 2020, le propriétaire de son logement profite de sa vulnérabilité et lui inflige de graves sévices, que depuis lors, elle est sous son emprise et ne cesse de subir des abus sexuels, qu'en 2022, elle tente d'alerter les forces de l'ordre sans que sa plainte ne soit prise en considération, qu'elle tombe enceinte de son agresseur et donne naissance à un enfant en 2023, qu'en 2024, elle tente de fuir en direction de l'Afrique du Sud mais se voit contrainte de retourner à Bulawayo en raison de ses conditions matérielles dégradées, qu'à son retour, elle continue d'être victime de graves sévices, que le 2 octobre 2025, la garde de son fils lui est retirée par le père de l’enfant, que, pour ce motif, l'intéressée craint pour sa sécurité et quitte en conséquence.

Si le récit de Mme B... est, sur certains points, confus, les réponses aux questions qui lui ont été posées par l’officier de protection de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides ne sont pas, ainsi que le soutient le ministre de l’intérieur, dépourvues de toute crédibilité. Mme B... décrit en termes personnalisés et étayés ses conditions d’existence au cours des cinq dernières années suivant le décès de sa mère et livre un récit, détaillé et cohérent des abus dont elle se déclare victime. En outre, elle relate avec précision la plainte qu’elle a tentée de déposer et l’absence de suites données à cette plainte par les autorités de son pays. Son récit fait ressortir de manière crédible son exposition à des abus et des violences et ses tentatives, restées vaines, de recherche de protection dans un contexte de vulnérabilité et d’isolement. Dans ces conditions, le ministre de l’intérieur en considérant que la demande de l’intéressée d'entrer sur le territoire français était manifestement infondée, a commis une erreur de droit au regard des dispositions précitées de l’article L. 352-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 17 novembre 2025 du ministre de l’intérieur doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d’injonction :
Il est enjoint au ministre de l’intérieur d’admettre Mme B... au séjour et de lui délivrer l'attestation de demande d'asile lui permettant d'introduire sa demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).



Sur les frais d’instance :

Mme B... est assistée à l’audience par un avocat commis d’office. Dès lors, les conclusions qu’elle présente sur le fondement d l’article L.761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.


D E C I D E :


Article 1er : La décision du 17 novembre 2025 du ministre de l’intérieur est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l’intérieur d’admettre Mme B... au séjour et de lui délivrer l'attestation de demande d'asile lui permettant d'introduire sa demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C... B... et au ministre de l’intérieur.


Décision rendue le 20 novembre 2025.


Le magistrat désigné,

La greffière



Signé
Signé


D. HEMERY

A. LANCIEN


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions