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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2535099

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2535099

jeudi 2 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2535099
TypeOrdonnance

Résumé IA

**Sujet principal** : Demande d'annulation du rejet d'une carte mobilité inclusion (mentions « invalidité » et « stationnement »). **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (par ordonnance). **Solution retenue** : * Concernant la mention « invalidité », le tribunal se déclare **incompétent**, cette demande relevant du juge judiciaire (article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles). * Concernant la mention « stationnement », le tribunal **rejette la requête** car, après une demande de régularisation, les arguments de la requérante sont jugés insuffisants pour établir que la décision contestée méconnaît ses droits (articles R. 222-1 et R. 772-6 du code de justice administrative).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 et 18 décembre 2025, Mme B... demande au tribunal d’annuler les décisions du 27 mai 2025 par lesquelles la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de Paris a rejeté sa demande de délivrance d’une carte mobilité inclusion mention « invalidité ou priorité » et d’une carte mobilité inclusion mention « stationnement », ensemble la décision du 14 octobre 2026 de rejet de son recours administratif préalable obligatoire.


Vu :
- le code de l’action sociale et des familles,
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12 1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles,
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


D’une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (…) / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…). ».

D’autre part, aux termes de l’article R. 772-6 du code de justice administrative : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ».

Sur la carte mobilité inclusion mention « invalidité ou priorité » :

Aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I.- La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. (…) V bis. – Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge judiciaire lorsque la demande concerne la mention "invalidité" ou "priorité" de la carte. Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge administratif lorsque la demande concerne la mention " stationnement " de la carte. ».

Mme A... demande l’annulation de la décision du 27 mai 2025 par laquelle la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de Paris a rejeté sa demande de carte mobilité inclusion mention « invalidité ou priorité ». Toutefois, la juridiction administrative n’est, en application des dispositions précitées de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles, manifestement pas compétente pour connaître de cette demande.

Sur la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » :

En premier lieu, par un courrier recommandé avec accusé de réception daté du 5 décembre 2025, notifié le 9 décembre suivant, Mme A... a été invitée par le tribunal à compléter son recours en application de l’article R. 772-6 du code de justice administrative et a été informée de ce qu’à défaut de régularisation dans un délai de quinze jours, sa requête pourrait être rejetée par ordonnance à l’expiration du délai. Mme A... a répondu à cette demande par la production d’un mémoire enregistré le 18 décembre 2025.

En second lieu, aux termes du I de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. – La carte "mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. (…) 3°La mention "stationnement pour personnes handicapées" est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. (…) ». Et aux termes du IV de l’article R. 241-12-1 du même code : « Pour l'attribution de la mention “stationnement pour personnes handicapées”, un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur. ». Aux termes de l’annexe portant sur les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement à l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied. La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou- la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs :- une aide humaine ;- une prothèse de membre inférieur ;- une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ;- un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou- la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. / Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. / La nécessité d’un accompagnement s’impose dès lors que la personne risque d’être en danger ou a besoin d’une surveillance régulière. (…) / 3. Dispositions communes : La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la carte de stationnement pour personnes handicapées. Il n'est cependant pas nécessaire que l'état de la personne soit stabilisé. Lorsque les troubles à l'origine des difficultés de déplacement ont un caractère évolutif, la durée d'attribution de cette carte tient compte de l'évolutivité potentielle de ceux-ci. ».

Mme A... conteste la décision du 27 mai 2025, confirmée le 14 octobre 2025, par laquelle la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de Paris a rejeté sa demande de délivrance d’une carte mobilité inclusion mention « stationnement ». L’intéressée soutient qu’elle est atteinte d’une dépression sévère accompagnée de crises d’angoisses, que ses troubles entraînent une fatigabilité extrême, des crises de panique, une désorientation constante dans les lieux publics, notamment dans les transports publics, qu’elle a des difficultés à marcher sur de courtes distances et présente un risque accru de crises d’angoisse lors de déplacements. Toutefois, par ces affirmations et des pièces produites à l’appui de sa requête rédigées en termes généraux, Mme A... n’établit pas que son handicap serait tel qu’il réduirait de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou imposerait qu’une tierce personne l’accompagne dans tous ses déplacements et donc qu’elle remplirait les conditions fixées par l’arrêté du 3 janvier 2017 énumérées au point précédent. Dans ces conditions, la requête introduite par Mme A... ne comprend qu’une argumentation non assortie des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A... ne peut qu’être rejetée en application des dispositions du 2° et du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.





O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B....


Fait à Paris, le 2 avril 2026.


Le vice-président de la 6ème section,





J-P. Ladreyt


La République mande et ordonne au préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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