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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2603231

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2603231

mardi 3 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2603231
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantSIMHON

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris rejette par ordonnance une requête en plein contentieux visant à obtenir le paiement de sommes d'argent de l'Assistance publique – hôpitaux de Paris. La juridiction estime la demande prématurée et irrecevable, car aucune décision expresse ou implicite de l'administration n'est intervenue sur la réclamation préalable des requérants, formée seulement deux semaines auparavant. La décision s'appuie sur les articles R. 421-1 et R. 222-1 du code de justice administrative, qui conditionnent la recevabilité d'une telle action à l'existence préalable d'une décision administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 février 2026, M. A... B..., Mme E... C... et M. D... B..., représentés par Me Simhon, demandent au tribunal :

1°) de condamner l’Assistance publique – hôpitaux de Paris à verser la somme de 160 872 euros à M. A... B... et de 4 510 euros, chacun, à Mme E... C... et M. D... B... ;

2°) de mettre à la charge de l’Assistance publique – hôpitaux de Paris la somme totale de 8 900 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et des dépens.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

2. Aux termes de l’article R. 541-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ». Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ». Le silence gardé par l’administration pendant plus de deux mois fait naître une décision implicite de rejet.

3. Il résulte des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, qui sont applicables aux demandes de provision présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 de ce code, qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au paiement d'une somme d'argent est irrecevable.

4. Pour l’application de l’article R. 421-1 du code de justice administrative, la condition de recevabilité de la requête tenant à l’existence d’une décision de l’administration doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l’administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l’intervention d’une telle décision en cours d’instance régularise la requête. La fin de non-recevoir tirée de ce que, faute de l’existence de cette décision et par suite de liaison du contentieux, la requête est irrecevable, peut être opposée lorsque, à la date à laquelle le juge statue, le requérant s'est borné à l'informer qu'il avait saisi l'administration d'une demande mais qu'aucune décision de l'administration, ni explicite ni implicite, n'est encore née. Dans une telle hypothèse, où la requête est prématurée, aucune règle de droit ne fait obligation au juge de différer sa décision jusqu’à l’intervention d’une décision de l’administration et, en particulier, jusqu’à l’échéance du délai à l’issue de laquelle cette demande aura, le cas échéant, fait l’objet d’une décision implicite de rejet. Il est loisible, alors, au juge de rejeter pour ce motif les conclusions dont il est saisi tant qu’aucune décision expresse ou implicite n’a été prise par l’administration.

5. Si les requérants se prévalent d’une demande préalable indemnitaire formée le 20 janvier 2026 auprès de l’Assistance publique – hôpitaux de Paris, aucune décision implicite de rejet n’a pu naître à la date de la présente ordonnance et il est constant qu’aucune décision explicite n’a été prise sur cette réclamation préalable. Ainsi, les conclusions de la requête tendant au versement d’une somme d’argent sont, à la date de la présente ordonnance, prématurées et donc irrecevables. Il y a lieu, dès lors, de rejeter la requête en toutes ses conclusions en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête susvisée est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., premier dénommé.
Fait à Paris, le 3 février 2026.


Le président de formation de jugement,



J-P. Ladreyt


La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

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