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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2613810

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2613810

lundi 1 juin 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2613810
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... contestant le refus de remise gracieuse de sa dette de revenu de solidarité active et demandant réparation. Saisi en plein contentieux, le juge a rappelé qu'il lui appartient d'examiner directement le bien-fondé de la demande de remise, et non les vices propres de la décision attaquée. Les moyens de légalité externe ont été jugés inopérants, et les conclusions relatives à la remise ont été rejetées faute de précisions suffisantes sur la situation financière du requérant, malgré une demande de régularisation. Les conclusions indemnitaires ont également été rejetées, l'absence de faute établie et de préjudice démontré ne permettant pas d'en apprécier le bien-fondé. La décision se fonde sur les articles L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles et R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 4, 5 et 29 mai 2026, M. A... B... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 9 octobre 2025 par laquelle la Ville de Paris a rejeté sa demande de remise gracieuse de sa dette de revenu de solidarité active ;

2°) de lui accorder une remise gracieuse totale ;

3°) d’ordonner, le cas échéant, la restitution des sommes recouvrées qui seraient affectées par cette remise ;

4°) de condamner la Ville de Paris ç lui verser la somme de 9 000 euros en réparation des préjudices résultant des troubles dans les conditions d’existence et l’atteinte à la dignité et du traitement discriminatoire ;

5°) subsidiairement, d’ordonner à la Ville de Paris de réexaminer sa demande de remise gracieuse de dette et sa demande indemnitaire.

Vu :

- la code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé (…) ».

Sur les conclusions tendant à la remise gracieuse de la dette :

2. Aux termes de l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles, la créance résultant d’un indu de revenu de solidarité active peut être remise ou réduite en cas de bonne foi ou de précarité du débiteur, sauf si cette créance résulte d’une manœuvre frauduleuse ou d’une fausse déclaration.
3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active ou de prime d’activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.
4. D’une part, si M. B... soutient que la Ville de Paris, en refusant de lui accorder une remise dette, a commis une erreur de droit, une erreur manifeste d’appréciation et a entaché sa décision d’un défaut d’examen, ces moyens présentent, pour les motifs exposés au point précédent, un caractère inopérant.

5. D’autre part, M. B... fait valoir qu’il se trouve dans une situation de précarité avérée. Toutefois, malgré la demande de régularisation adressée par le tribunal le 5 mai 2026 l’invitant à produire tous éléments utiles relatifs à sa situation financière actuelle, le requérant ne produit pas de pièces suffisamment circonstanciées permettant d’apprécier précisément l’état de ses ressources, de ses charges, de la composition de son foyer ou l’impossibilité alléguée de rembourser sa dette. Dans ces conditions, et à supposer remplie la condition de bonne foi, les conclusions relatives à la remise de dette ne sont pas assorties des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.

Sur les conclusions indemnitaires présentées par M. B... :

6. Toute action indemnitaire tendant à la réparation de préjudices imputés à l’administration doit être assortie de précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé, notamment quant à la nature des fautes invoquées, à la réalité des préjudices allégués et à l’existence d’un lien direct de causalité.

7. En l’espèce, M. B... sollicite la condamnation de la Ville de Paris à lui verser la somme totale de 9 000 euros en réparation de divers préjudices qu’il estime avoir subis à raison du traitement administratif de son dossier. Toutefois et en premier lieu, M. B... n’invoque la méconnaissance d’aucune règle de droit par les services de la Ville de Paris à l’appui de ses conclusions indemnitaires. En second lieu, les allégations relatives à un traitement discriminatoire, à une atteinte à la dignité ou à des troubles dans les conditions d’existence ne sont assorties d’aucun élément suffisamment précis et circonstancié permettant d’établir l’existence d’une faute de l’administration ni la réalité et l’étendue des préjudices invoqués. En particulier, la seule circonstance qu’il lui ait été demandé de produire des éléments relatifs à un éventuel autre passeport ne saurait, à elle seule et en l’absence de tout élément complémentaire, caractériser une discrimination fautive ou un traitement illégal. M. B... n’apporte ainsi aucun élément permettant de caractériser l’existence et a fortiori l’étendue de ses préjudices. Dans ces conditions, alors qu’il ne résulte pas des pièces du dossier que la Ville de Paris aurait commis une faute ni, à supposer établie une telle faute, que celle-ci aurait causé un préjudice direct et certain au requérant, l’argumentation de M. B... doit être regardée comme non assortie des précisions permettant d’apprécier le bien-fondé de ses conclusions indemnitaires.

8. Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions en application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O.R.D.O.N.N.E :


Article 1er : La requête susvisée est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Paris, le 1er juin 026.


Le président de formation de jugement,






J-P. Ladreyt


La République mande et ordonne préfet de la région d’Ile-de-France, préfet de Paris en en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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