mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2104029 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | RICHER ET ASSOCIES DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 octobre 2021, 1er novembre 2021, 27 novembre 2022 et 20 janvier 2023, Mme A B demande au tribunal de condamner la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération à lui verser la somme de 10 446,2 euros en réparation du préjudice subi résultant de l'illégalité fautive de la décision verbale et de la décision du 20 février 2019 par lesquelles le président de la communauté d'agglomération a fixé la durée de son temps de travail à 35 heures par semaine.
Mme B soutient que :
- la responsabilité de la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération est engagée du fait de l'illégalité fautive de la décision verbale et de la décision du 20 février 2019 par lesquelles le président de la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération a fixé la durée de son temps de travail à 35 heures par semaine ;
- le préjudice financier correspond à la perte de 15 jours de réduction de temps de travail (RTT) par an depuis 2019, évaluée à la somme totale de 2 446,2 euros ;
- le préjudice moral et le préjudice corporel sont évalués à la somme totale de 8 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 novembre 2022, 6 janvier 2023 et 8 février 2023, la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération, représentée par le cabinet Richer et associés droit public, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet et à ce que la somme de 2000 euros soit mise à la charge de Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que :
o elle ne respecte pas les dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
o elle est tardive ;
- il n'existe pas de lien de causalité entre la réduction du temps de travail de Mme B et son état de santé ;
- les préjudices invoqués ne sont pas établis.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- la loi n° 2010-1657 du 29 décembre 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Favre,
- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, agent social titulaire, est employée par la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération. Elle y exerçait, jusqu'au 6 mars 2017, date à laquelle elle a été placée en disponibilité pour convenances personnelles, les fonctions d'agent d'entretien et bénéficiait alors d'une durée de temps de travail hebdomadaire de 37h30. Par un arrêté du 28 novembre 2018, le président de la communauté d'agglomération l'a réintégrée à compter du 1er janvier 2019 et l'a affectée aux fonctions qu'elle occupait avant sa mise en disponibilité. Informée verbalement au cours de son entretien préalable à la reprise de ses fonctions que la durée de son temps de travail était fixée à 35 heures par semaine, Mme B a, par des correspondances en date des 21 et 27 janvier 2019, contesté cette décision et sollicité l'augmentation de la durée hebdomadaire de son temps de travail à 37h30. La communauté d'agglomération, par un courrier du 20 février 2019, a refusé de faire droit à cette demande et a informé la requérante que la durée de son temps de travail hebdomadaire était fixée à 35 heures. Par jugement n° 1900666 du 30 avril 2021, le tribunal a annulé la décision verbale et la décision du 20 février 2019. Par courrier du 5 juillet 2021, réceptionné le 7 juillet 2021, la requérante a adressé une demande indemnitaire préalable à hauteur de 10 000 euros au président de la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération, rejetée par décision implicite. Par la présente requête, Mme B demande le versement de la somme totale de 10 446,2 euros correspondant au préjudice financier dû à la perte de 15 jours de réduction de temps de travail (RTT) par an depuis 2019 et aux préjudices corporel et moral subis du fait de la réduction illégale de son temps de travail.
Sur les conclusions indemnitaires :
Concernant l'engagement de la responsabilité :
2. La décision verbale par laquelle le président de la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération a fixé la durée du temps de travail de Mme B à 35 heures par semaine, ainsi que la décision du 20 février 2019 rejetant son recours gracieux ont été annulées par jugement n° 1900666 du 30 avril 2021 du tribunal. L'illégalité d'une décision prise par l'administration constitue une faute de nature à engager sa responsabilité, pour autant qu'elle entraîne un préjudice direct et certain.
Concernant les préjudices :
Quant au préjudice financier :
3. Aux termes de l'article 115 de la loi du 29 décembre 2010 dans sa version applicable à la date des faits : " La période pendant laquelle le fonctionnaire relevant de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ou l'agent non titulaire bénéficie d'un congé pour raison de santé ne peut générer de temps de repos lié au dépassement de durée annuelle du travail ". Ainsi, le placement en congés de maladie, même reconnu imputable au service, ne peut générer de temps de repos lié au dépassement de la durée annuelle de travail. Pour l'application de ces dispositions, les jours d'aménagement et de réduction du temps de travail (ARTT), dont bénéficient les fonctionnaires ou les agents non titulaires, doivent être proratisés.
4. Il résulte du jugement n° 1900666 du 30 avril 2021 du tribunal que la requérante pouvait légalement prétendre à bénéficier d'une durée de travail de 37 heures 30 par semaine à compter de sa réintégration le 1er janvier 2019. Selon le règlement intérieur général des services de Seine Normandie Agglomération adopté le 8 juillet 2021, les droits à congé résultant de la réduction du temps de travail sont calculés au prorata du temps de travail. Dès lors, Mme B devait bénéficier de quinze jours de RTT par an. Toutefois, la collectivité indique, sans être contestée, que l'intéressée a été placée en congé maladie du 18 septembre 2019 au 30 octobre 2019 puis à partir du 10 décembre 2019. Il résulte des dispositions précitées que Mme B n'a pas pu, contrairement à ce qu'elle soutient, bénéficier de jours de RTT pendant la période du 18 septembre 2019 au 30 octobre 2019 puis à partir du 10 décembre 2019, durant lesquelles elle a été placée en congé maladie ordinaire puis en congé de maladie professionnelle. Pour l'année 2019, la collectivité a ainsi appliqué un abattement équivalent à trois jours de RTT. Il en résulte que Mme B disposait, au titre de l'année 2019, d'un droit à jours de RTT susceptible d'alimenter son CET égal à douze jours, que la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération justifie en défense avoir versé sur son compte CET. De plus, étant placée en congé de maladie professionnelle depuis le 6 janvier 2020, Mme B n'a acquis aucun droit à des jours de RTT les années suivantes. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à demander la condamnation de la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération à lui verser la somme de 2 444,2 euros à cet égard.
Quant aux préjudices moral et corporel :
5. Mme B soutient que les décisions annulées par jugement n° 1900666 du 30 avril 2021 du tribunal relatives à la durée de son temps de travail sont la cause de sa maladie professionnelle et de la reconnaissance de sa qualité de travailleur handicapé, la rendant inapte à toute reprise du travail. Par arrêté du 25 février 2021, sa maladie a été reconnue à compter du 6 janvier 2020 en tant que maladie professionnelle classée selon le tableau 57A en tant que tendinite de la coiffe des rotateurs. En l'absence d'autre élément, le lien de causalité direct et certain entre la diminution illégale de la durée hebdomadaire de travail de Mme B et sa maladie professionnelle n'est pas établi. Par ailleurs, si la requérante affirme que la diminution de son temps de travail aurait généré une charge de travail supplémentaire, cette seule allégation n'est pas de nature à démontrer que l'illégalité fautive retenue a pour origine directe et certaine les souffrances morales qu'elle invoque, ni même l'existence d'un tel préjudice. Par suite, les conclusions indemnitaires que présente la requérante à ce titre doivent donc être rejetées.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que Mme B n'est pas fondée à demander la condamnation de la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération à lui verser la somme demandée au titre de ses préjudices.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la communauté d'agglomération Seine Normandie Agglomération.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- M. Guiral, conseiller,
- Mme Favre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
L. FAVRE
La présidente,
Signé
C. BOYER Le greffier,
Signé
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431026
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi d’un recours en plein contentieux par M. B... contre une décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) refusant de lui délivrer un agrément dirigeant. Par un mémoire enregistré le 6 mai 2026, M. B... s’est désisté de sa requête. Le tribunal, constatant que rien ne s’opposait à ce désistement, en a donné acte par ordonnance, sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2604862
Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant par ordonnance, a été saisi par Mme D... d’un recours contestant le refus de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées du Bas-Rhin de lui accorder l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) et la prestation de compensation du handicap (PCH) pour son fils. En application des articles L. 241-6 et L. 241-9 du code de l’action sociale et des familles, le tribunal a constaté que ces décisions relèvent de la compétence de la juridiction judiciaire. Par conséquent, il a ordonné la transmission de la requête au tribunal judiciaire de Mulhouse, compétent pour en connaître.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2604824
Le Tribunal Administratif de Strasbourg, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. C... qui demandait l’annulation d’un refus d’admission à l’aide médicale d’État et la suspension d’un titre exécutoire de 11 404 euros. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, faute pour le requérant d’avoir produit le titre exécutoire contesté et d’avoir démontré une situation justifiant une intervention dans un délai de 48 heures. La décision s’appuie sur les articles L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que sur l’article L. 252-3 du code de l’action sociale et des familles.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2604772
Le Tribunal administratif de Strasbourg, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... qui demandait la suspension de la décision de France Travail réduisant son allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) par application de la dégressivité. Le juge a estimé que le litige, portant sur une prestation du régime d'assurance chômage, ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative mais du juge judiciaire, en application des articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail. Par conséquent, la requête a été rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026