jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2201515 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | UGGC & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2022 et des mémoires complémentaires enregistrés le 23 mai 2022, le 18 septembre 2023, le 11 septembre 2024 et le 18 septembre 2024, ce dernier non communiqué, Mme C A et M. G A, agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux de leur enfant B A, ainsi que Mme E A, représentés par Me Absire, demandent au tribunal :
1°) d'ordonner la réalisation d'une expertise médicale afin de décrire la prise en charge de B A depuis sa naissance, de déterminer si son état est consolidé, de fixer le pourcentage d'imputabilité de son état de santé à l'infection nosocomiale subie à la naissance, et d'évaluer les préjudices subis par B A du fait de cette infection nosocomiale ;
2°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) à verser à M. G A et Mme C A :
- en leur qualité de représentants légaux de leur enfant B A, une provision d'un montant de 500 000 euros sur l'ensemble des préjudices provisoires subis par B A,
- en leur nom propre, une provision de 30 000 euros chacun à au titre de leur préjudice moral ;
3°) de condamner l'ONIAM à verser à Mme E A une provision d'un montant de 20 000 euros au titre de son préjudice moral ;
4°) d'assortir les condamnations des intérêts au taux légal, et de la capitalisation des intérêts ;
5°) de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Les requérants soutiennent que :
- l'infection à entérovirus contractée par leur enfant, et retrouvée huit jours après sa naissance présente un caractère nosocomial ;
- l'expert a écarté toute faute à l'encontre du centre hospitalier du Belvédère ;
- aucun élément du dossier ne permet d'établir que l'infection a une autre origine que la prise en charge ;
- une réparation au titre de la solidarité nationale doit être versée par l'ONIAM sur le fondement des articles L. 1142-1, II et L. 1142-1-1 du code de la santé publique ;
- le lien de causalité entre l'infection nosocomiale et les symptômes constatés doit être considéré comme certain même s'il n'est que partiel ;
- en l'espèce, la part d'imputabilité de l'infection nosocomiale aux préjudices subis par B A reste à déterminer mais elle doit être considérée comme significative, contrairement à ce qu'a estimé le collège d'experts désigné par la commission de conciliation et d'indemnisation, et ne saurait être inférieur à 80 % ;
- à cet égard, l'expertise diligentée par la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI), alors qu'elle laisse ouverte la possibilité d'un lien de causalité partiel, ne peut valablement conclure que l'infection n'a aucun rôle sur l'ensemble des symptômes ;
- l'expertise réalisée par le professeur H dans le cadre du collège d'experts désigné par la CCI doit être écartée des débats dès lors qu'une autre de ses expertises a été infirmée par un collège d'experts et une juridiction dans un autre dossier ;
- le déficit fonctionnel temporaire est total durant l'hospitalisation puis d'au moins 90 % jusqu'à la date de la décision à intervenir ;
- une tierce personne est nécessaire 24 heures sur 24 depuis la sortie d'hospitalisation jusqu'au jour de la décision à intervenir, dont une tierce personne spécialisée à hauteur de 6 heures par jour dont sera retranchée les périodes de prise en charge en établissement médico-social ;
- les dépenses de santé temporaires seront documentées après la décision intervenir ;
- les souffrances endurées doivent être évaluées à 5/ 7 et fixées après consolidation ;
- le préjudice esthétique temporaire sera évalué à 5/7 ;
- le préjudice moral de M. et Mme A et I doit être indemnisé à titre provisionnel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2023 l'ONIAM, représenté par Me Welsch, conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce qu'une expertise médicale soit ordonnée afin de déterminer également si les dommages sont imputables à un acte de prévention de diagnostic ou de soin et de rechercher les causes des dommages.
Il soutient que :
- les conditions prévues à l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique ne sont pas réunies en l'espèce dès lors que le caractère nosocomial de l'infection à entérovirus n'est pas établi en l'absence de détermination de la date de contamination par l'expertise et que le lien de causalité entre l'acte de soins et l'infection n'est pas établi ;
- en outre, il n'existe pas de lien direct et certain entre les séquelles présentées par l'enfant et l'infection, les experts ayant conclu à une pathologie cérébrale d'origine antenatale indéterminée et excluant la survenue d'une encéphalite néonatale pouvant expliquer la gravité des troubles présentés par B A ;
- les experts estiment que dans l'hypothèse où un lien entre l'infection et le handicap de B A serait retenu, l'infection n'aurait qu'une part modeste dans la survenue des troubles neurospychiques ;
- le tribunal ne pourra entrer en voie de condamnation, même à titre provisionnel, sans faire réaliser au préalable une expertise contradictoire, dès lors que l'ONIAM n'était pas présent aux opérations d'expertise devant la CCI ;
- en l'espèce, si une expertise était ordonnée celle-ci devrait également avoir pour objet de déterminer si les conditions des articles L. 1142-1 et L 1142-1-1 sont réunies ;
- l'état de l'enfant n'étant pas consolidé, la condition de seuil exigée par l'article L.1142-1-1 du code de la santé publique n'est en tout état de cause pas réunie.
La requête a été communiquée à la CPAM de l'Eure, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Galle, présidente-rapporteure ;
- les conclusions de Mme Thielleux, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Leroux, substituant Me Absire, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est né le 14 juin 2006 au centre hospitalier du Belvédère (Mont-Saint-Aignan) à 38 semaines d'aménorrhée. Dans les jours qui ont suivi sa naissance, il a présenté une importante perte de poids due à des difficultés d'alimentation, ainsi que des signes fébriles et douloureux, ayant conduit à son transfert le 22 juin 2006 au sein du service de néonatologie du centre hospitalier universitaire (CHU) de Rouen, date à laquelle une infection à entérovirus a été diagnostiquée. Son hospitalisation a pris fin le 10 juillet 2006. L'enfant a ensuite présenté un important retard des acquisitions motrices et a développé des troubles épileptiques. M. B A présente aujourd'hui un handicap neurodéveloppemental important, caractérisé notamment par un retard global cognitif et physique, sans acquisition du langage, sans autonomie dans la marche, et nécessitant une assistance par une tierce personne en permanence.
2. Le 16 octobre 2020, M. et Mme A, ses parents, ont saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux d'une demande d'indemnisation dirigée contre le centre hospitalier du Belvédère. A la suite d'une expertise, la commission a rejeté la demande d'indemnisation formée par M. et Mme A par un avis du 20 octobre 2021, au motif que le dommage subi par l'enfant n'est pas en relation avec un acte de prévention, de diagnostic ou de soin, en l'absence de lien de causalité entre sa prise en charge au CH du Belvédère et le dommage subi. Par la présente requête, les requérants demandent, dans le dernier état de leurs écritures, de prescrire une expertise et de condamner, sur le fondement de la solidarité nationale, l'ONIAM à leur verser une provision au titre des préjudices provisoires subis par B A, et une provision au titre des préjudices subis par ses parents et sa sœur.
Sur la responsabilité :
3. Le juge du fond peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente des résultats d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini.
4. Aux termes de l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; / () ".
5. Doit être regardée, au sens de l'article L. 1142-1-1 du même code, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge. Il n'y a pas lieu de tenir compte de ce que la cause directe de cette infection a le caractère d'un accident médical non fautif ou a un lien avec une pathologie préexistante.
6. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise remis à la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, qui a été établi par un collège de quatre médecins respectivement spécialisés en radiologie pédiatrique, en maladies infectieuses, en pédiatrie et réanimation, et en gynécologie-obstétrique, que B A a contracté une infection à entérovirus, détectée par une PCR positive dans le sang et le liquide céphalo-rachidien, les 22 et 23 juin 2006 soit au 8ème jour de vie. Si les experts indiquent ne pas pouvoir déterminer l'origine de la contamination, ils estiment qu'une transmission anténatale peut difficilement être retenue car le virus a un temps d'incubation d'environ 5 à 14 jours alors que les signes d'infection, notamment une éruption morbiliforme importante apparue au 8ème jour de vie, évoquent " de manière certaine " une transmission " en per ou post-natale " et que les infections ante-partum restent tout à fait exceptionnelles, le virus passant très difficilement la barrière materno-fœtale. Les experts précisent que la transmission a pu se faire soit par le contact avec les sécrétions vaginales, le sang ou les selles de la mère lors de l'accouchement, soit par l'entourage médical ou familial dans les jours qui ont suivi la naissance. Il résulte de ce qui précède que, contrairement à ce que soutient l'ONIAM en défense, l'infection contractée par B A doit être regardée comme ni présente, ni en incubation au moment de sa naissance et de sa prise en charge au CH du Belvédère. Il n'est pas établi, en outre, que cette infection a une autre origine que la prise en charge médicale de l'enfant.
7. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que l'infection à entérovirus contractée par l'enfant présente un caractère nosocomial au sens de l'article L. 1142-1-1- du code de la santé publique.
8. Toutefois, pour écarter l'existence d'un lien entre le handicap de B A et l'infection a entérovirus contractée par l'enfant peu après sa naissance, le collège d'experts désigné par la CCI a conclu, d'une part, que B a présenté une pathologie cérébrale d'origine anténatale indéterminée, qui est restée stable par la suite, que, d'autre part, sur cet état antérieur, B A a présenté une infection virale à entérovirus dont l'origine est soit per natale, soit post natale, que cette infection à entérovirus explique les troubles alimentaires et l'éruption, mais que la part de cette infection dans la genèse des troubles neuropsychiques de l'enfant, " si elle existe, est certainement modeste " et, enfin, que l'origine de son handicap, pour lequel une étiologie génétique a été exclue, reste indéterminée dans l'état actuel des connaissances, ce qui est le cas, selon le collège d'experts, d'environ 40 % des handicaps de l'enfant.
9. Pour conclure à l'absence d'origine infectieuse du handicap de B A, le collège d'experts a d'abord relevé l'existence de plusieurs signes d'une pathologie anténatale, à savoir l'hypotrophie certaine à la naissance (2 750 grammes), la précocité des signes neurologiques, tels qu'un refus de boire dès la naissance, des geignements, et des mouvements oculaires anormaux notés dès J+2. L'expertise a également relevé la présence d'une anomalie relevée dès les deux échographies transfontanellaires réalisées les 20 et 23 juin 2006, qui notent une dilation ventriculaire modérée, prédominant sur les cornes frontales avec un aspect " mis au carré ". L'expertise précise à cet égard " qu'aucune pathologie néonatale acquise, en particulier infectieuse, ne peut expliquer une dilation ventriculaire isolée, prédominant en frontal, déjà présent à J6 et sans signe de ventriculite ni anomalie parenchymateuse décelable ", et précise que cette dilatation ventriculaire a pu ne pas être décelée lors de l'échographie du dernier trimestre de grossesse en raison de son caractère mineur, de sa localisation frontale n'impliquant pas de mesure systématique à ce niveau, et de la performance des échographes en 2006. D'autre part, le collège d'experts a, prenant connaissance dans le dossier médical de l'enfant du diagnostic d'encéphalite à entérovirus posé dès 2009 par le professeur D, chef du service de pédiatrie néonatale et réanimation - neuropédiatrie au CHU de Rouen, exclu quant à lui la survenue d'une telle encéphalite à entérovirus, du fait de la faiblesse des signes neurologiques, de l'absence de signes cliniques, et des résultats normaux de l'électro encéphalogramme (EEG). Les experts désignés par la CCI ont également relevé, pour conclure à l'absence d'encéphalite, l'absence de réaction inflammatoire systémique, l'absence de réaction au niveau du liquide céphalo-rachidien (LCR) ainsi que les conclusions des échographies transfontanellaires relevant l'absence de ventriculite ou d'œdème cérébral, et les conclusions de l'IRM cérébral réalisés en aout 2007 et du scanner cérébral réalisé en février 2009.
10. D'une part, l'existence d'une pathologie anténatale, combinée à l'infection à entérovirus, n'est pas contestée par les requérants, qui soutiennent en l'espèce que l'infection à entérovirus a joué une part significative mais non exclusive dans la survenue du handicap psychomoteur de l'enfant, qu'ils évaluent à 80 % des dommages subis. Cette hypothèse d'une pathologie anténatale est au demeurant admise par la note technique rédigée par le professeur D le 28 mars 2021 et jointe à la requête, qui relève que l'hypotrophie constatée à la naissance de l'enfant reflète un déficit nutritionnel placentaire avant la naissance qui peut être l'un des facteurs à l'origine du handicap de B A, tout en concluant que l'infection néonatale à entérovirus avec méningo-encéphalite a joué, parmi d'autres facteurs, " un rôle significatif dans la survenue des troubles du neurodéveloppement et du handicap neurocomportemental secondaire " observés chez l'enfant.
11. D'autre part, pour contester les conclusions du collège d'experts désigné par la CCI qui conclut - sans remettre en cause la possibilité qu'une infection à entérovirus entraine la survenue d'un handicap important, comme le montre la littérature médicale citée par la note du professeur D citée au point 10 - qu'en l'espèce, aucune encéphalite à entérovirus ne peut être à l'origine de l'essentiel du retard neurodéveloppemental de l'enfant, les requérants soutiennent, en produisant la note précitée du professeur D, qui a suivi l'enfant en consultation au CHU de Rouen depuis sa naissance, que les troubles dont souffre B A se rapportent à une atteinte méningo-encéphalitique avec lésions de la substance blanche, laquelle, bien que peu fréquente, est bien décrite dans la littérature médicale. Le professeur D affirme en particulier que l'agression inflammatoire notamment au niveau de la substance blanche cérébrale est visible dans les " deux IRM " réalisés en 2007 et 2009, et que la dilatation passive des ventricules cérébraux et l'aspect carré des cornes ventriculaires sont " très probablement le reflet de cette agression inflammatoire à l'origine de l'atrophie secondaire de la substance blanche ", agression inflammatoire elle-même due à l'infection sévère à entérovirus de l'enfant. Toutefois, la note du professeur D ne conteste pas l'absence de signes cliniques en faveur d'une encéphalite relevée par l'expertise de la CCI, ni ne cherche à expliquer cette absence. Cette note ne permet pas davantage de contredire sérieusement la mention de l'expertise diligentée par la CCI relevant qu'il n'existe, au vu des résultats de l'IRM de 2007, " pas d'anomalie de signal de la substance blanche compte tenu de l'âge de l'enfant ". La note technique du professeur D n'étaye pas, enfin, l'hypothèse d'une agression inflammatoire à l'origine de l'atrophie de la substance blanche, et ne contredit pas les mentions de l'expertise selon lesquelles le LCR n'était pas inflammatoire, et le fait, également relevé dans l'expertise, que les protides, les lactates et la CRP ont fait l'objet d'examens biologiques retrouvant des résultats normaux. Cette note ne vient pas davantage contester sérieusement la conclusion de l'expertise selon laquelle l'évolution radiologique stable (sans aucune évolution de la dilatation ventriculaire, qui est restée stable depuis sa première détection à J6) constitue un élément majeur contre le diagnostic d'encéphalite à entérovirus.
12. Si l'expertise diligentée par la CCI n'exclut pas en dernier lieu que l'infection a entérovirus ait pu jouer un rôle dans la genèse des troubles neuropsychiques, cette part est qualifiée de " modeste ". A cet égard, ni la note technique du professeur D, qui estime que le rôle de l'infection à entérovirus est " clairement significatif " sans apporter davantage de précision, ni les écritures des requérants, qui soutiennent sans l'étayer que la part des dommages imputables à l'entérovirus serait de 80 %, ne remettent sérieusement en cause la conclusion subsidiaire posée par l'expertise selon laquelle, " si elle existe ", la part de l'infection à entérovirus dans la survenue des troubles neuropsychiques de B A est " certainement modeste ". En l'état de l'instruction, aucun élément ne permet d'étayer l'hypothèse selon laquelle cette part pourrait, en tout état de cause, atteindre, le seuil de gravité fixé à l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique, sur le fondement duquel les requérants ont exclusivement présenté leurs conclusions.
13. En dernier lieu, si les requérants soutiennent que dans une expertise médicale concernant un autre dossier, les conclusions du professeur H, membre du collège d'experts désigné par la CCI dans le cadre de la présente affaire, ont été entièrement remises en cause par une expertise ultérieure ordonnée par une juridiction, de sorte que les analyses de cet expert devraient être écartées, il résulte toutefois de l'instruction que les conclusions du collège d'experts désigné par la CCI se fondent sur une pluralité d'observations et de raisonnements cliniques émis par quatre médecins au total, et non sur la seule analyse des différentes imageries cérébrales de l'enfant réalisée par le professeur H, et, d'autre part, que les éléments invoqués relatifs à une précédente expertise médicale dans un autre dossier ne peuvent à eux seuls suffire à remettre en cause la pertinence des conclusions de cet expert dans le cadre de l'expertise relative à la situation de B A.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions du collège d'experts désigné par la CCI ne sont pas sérieusement critiquées, de sorte qu'une nouvelle expertise ne présente pas, en l'état du dossier soumis au tribunal, de caractère d'utilité. Au regard des conclusions de cette expertise, telles que rappelées au point 9, en l'absence de lien entre l'infection nosocomiale et les dommages subis par l'enfant ou en l'absence d'une part telle que le seuil fixé à l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique serait atteint par la seule part imputable à une infection nosocomiale, les conclusions tendant au versement d'une provision présentées par les requérants doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de prescrire avant-dire droit une expertise médicale.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'ONIAM, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse aux requérants une somme que ceux-ci réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des consorts A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F épouse A, à M. G A, à Mme E A et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Copie en sera adressée à la CPAM de l'Eure.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Galle, présidente,
- M. Bellec, premier conseiller
- Mme Esnol, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
C. GALLE
L'assesseur le plus ancien,
C. BELLECLa greffière,
A. HUSSEIN
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.ah
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