mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2203558 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 septembre 2022, M. A, doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 3 août 2023 par laquelle la rectrice de l'académie de Normandie lui a octroyé l'attribution d'une bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux pour l'année universitaire 2022-2023 à l'échelon 0bis.
Il soutient que les revenus de ses parents ne devaient pas être pris en compte pour évaluer l'accès au droit de bourse dès lors qu'il est indépendant financièrement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2022, la rectrice de l'académie de Normandie conclut à l'irrecevabilité de la requête et à défaut, à son rejet au fond.
Elle fait valoir que les conclusions sont irrecevables et que l'unique moyen soulevé par M. A n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- l'arrêté du 18 juillet 2022 fixant les plafonds de ressources relatifs aux bourses d'enseignement supérieur du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche pour l'année universitaire 2022-2023 ;
- la circulaire NOR : ESRS2209377C du 24 mars 2022 relative aux modalités d'attribution des bourses d'enseignement supérieur sur critères sociaux, des aides au mérite et des aides à la mobilité internationale pour l'année 2022-2023 ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Esnol,
- et les conclusions de Mme Delphine Thielleux, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a présenté une demande de bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux au titre de l'année universitaire 2022-2023. Une décision d'octroi à l'échelon 0bis lui a été adressée le 3 août 2022. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, ou de droit à une bourse de l'enseignement supérieur sur critère sociaux, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
3. Aux termes de l'article D. 821-1 du code de l'éducation : " Les bourses d'enseignement supérieur sur critères sociaux et les aides au mérite sont attribuées aux étudiants selon des conditions d'études, d'âge, de diplôme, de nationalité, de ressources ou de mérite fixées par le ministre chargé de l'enseignement supérieur. Si l'étudiant ne remplit pas les conditions générales de scolarité et d'assiduité auxquelles est subordonné son droit à la bourse, il est tenu au reversement des sommes indûment perçues. "
4. Selon l'annexe 3 de la circulaire NOR : ESRS2209377C du 24 mars 2022 relative aux modalités d'attribution des bourses d'enseignement supérieur sur critères sociaux, des aides au mérite et des aides à la mobilité internationale pour l'année 2022-2023 : " 1.1.2. Parents de l'étudiant séparés (divorce, séparation de corps, dissolution du PACS, séparation de fait) / En cas de séparation, les revenus pris en compte sont ceux du parent ayant à sa charge l'étudiant, sous réserve qu'une décision de justice ou un acte sous seing privé contresigné par avocats et déposé chez un notaire prévoie pour l'autre parent l'obligation du versement d'une pension alimentaire. Il en est de même lorsque la pension alimentaire est prévue par un accord auquel le directeur de la Caisse d'Allocations Familiales (CAF) a donné force exécutoire dans les conditions fixées à l'article L. 582-2 du Code de la sécurité sociale. /Toutefois, si la convention homologuée par le juge, la décision judiciaire ou, le cas échéant, l'accord cosigné par les parents prévoit que l'étudiant est à la charge de l'un d'entre eux ou s'il est justifié et fiscalement reconnu que l'un d'entre eux assume la charge principale de l'étudiant, les revenus pris en compte sont ceux du parent ayant à sa charge l'étudiant. / En l'absence de la mention du versement d'une pension alimentaire dans la décision de justice ou l'acte sous signature privée contresigné par avocats et déposé chez un notaire, les ex-conjoints peuvent attester du fait, dûment constaté et fiscalement reconnu, que chacun d'entre eux a la charge d'un de leurs enfants au moins ; il conviendra alors d'examiner le droit à bourse sur la base du seul revenu du foyer fiscal concerné. () / 1.2.2. Relatives aux revenus / Les seules ressources de l'étudiant, voire celles du foyer fiscal auquel il est rattaché, peuvent être prises en compte dans les conditions ci-après : / - étudiant marié ou ayant conclu un pacte civil de solidarité en application des articles 515-1 et suivants du Code civil : () / - étudiant ayant lui-même un ou plusieurs enfants à charge fiscalement et qui ne figure plus sur la déclaration de revenus de ses parents, () / - étudiant majeur ayant fait l'objet d'une tutelle ou d'une délégation d'autorité parentale durant sa minorité : () / - étudiant orphelin de ses deux parents : () / - étudiant réfugié : () / - étudiant bénéficiaire de la protection subsidiaire () / - étudiant bénéficiaire de la protection temporaire () / L'étudiant bénéficiant ou ayant bénéficié dans les cinq années ayant précédé sa majorité ou son émancipation d'une mesure financée par le conseil départemental au titre de l'aide sociale à l'enfance en application des articles L. 222-1 à L. 222-5 du Code de l'action sociale et des familles (aide financière, aide à domicile, placement administratif ou pupille de l'Etat) ou de l'article L. 228-3 du même code (placement judiciaire, retrait d'autorité parentale, tutelle départementale, délégation d'autorité parentale ou assistance éducative en milieu ouvert) n'est soumis à aucune condition de ressources. () "
5. Il résulte de l'instruction que pour apprécier les droits de M. A à bénéficier d'une bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux au titre de l'année universitaire 2022-2023, la rectrice de l'académie de Normandie a pris en compte les revenus de ses deux parents perçus durant l'année n-2 par rapport à l'année de dépôt de la demande de bourse, soit ceux de l'année 2020, et a estimé, compte tenu des dispositions de l'arrêté du 18 juillet 2022 fixant les plafonds de ressources relatifs aux bourses d'enseignement supérieur du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche pour l'année universitaire 2022-2023, que M. A pouvait bénéficier d'un bourse à l'échelon 0bis.
6. Si M. A soutient qu'il est indépendant financièrement si bien que les revenus de ses parents n'avaient pas être pris en compte dans la détermination de la bourse, d'une part, il ne résulte pas de l'instruction que le requérant entrerait dans l'une des situations mentionnées au point 1.2.2. de la circulaire du 24 mars 2022 précité qui liste de manière exhaustive les cas où seuls les revenus de l'étudiant sont pris en compte. D'autre part, le jugement de divorce concernant les parents du requérant ne fait pas état de ce que l'intéressé aurait été mis à la charge exclusivement de l'un de ses parents, mais mentionne, au contraire, une résidence alternée et une répartition des charges entre les parents le concernant. La rectrice était ainsi fondée à prendre en compte les ressources des deux parents pour le calcul des droits à la bourse de M. A. Par suite, dès lors que M. A ne démontre pas qu'il serait susceptible de se voir appliquer le dispositif dérogatoire prévu par les dispositions 1.2.2. de l'annexe 3 de la circulaire du 24 mars 2022, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé de demander l'annulation de la décision du 3 août 2022 par laquelle la rectrice de l'académie de Normandie lui a octroyé le bénéfice d'une bourse sur critères sociaux au titre de l'année 2022-2023 à l'échelon 0bis. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Une copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Normandie.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Armand, premier conseiller faisant fonction de président,
M. Cotraud, premier conseiller,
Mme Esnol, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La rapporteure,
B. Esnol
Le premier conseiller faisant fonction de président,
G. ArmandLa greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ah
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2304144
Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté le recours en excès de pouvoir formé par plusieurs associations et un comité de pêche contre l'arrêté préfectoral autorisant un accès fluvial à Port 2000. La juridiction a jugé que les critiques relatives à l'enquête publique, à l'étude d'impact et à la séquence "éviter, réduire, compenser" n'étaient pas fondées. La décision s'appuie principalement sur le code de l'environnement et le code de justice administrative.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2505197
Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral ordonnant l'éloignement d'un ressortissant algérien. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que la procédure respectait le droit à être entendu et que les conditions légales de l'éloignement étaient remplies. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2505175
Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi de deux recours pour excès de pouvoir contre des arrêtés préfectoraux refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement. Le tribunal a rejeté les requêtes, considérant que les moyens soulevés, notamment la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés. La juridiction a ainsi confirmé la légalité des décisions contestées.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2303464
Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête d'un détenu demandant l'annulation d'une décision ministérielle prolongeant son placement à l'isolement. Le tribunal a jugé irrecevable sa demande d'extraction pour l'audience, relevant que cette compétence appartient au préfet en vertu de l'article D. 215-27 du code pénitentiaire. Il a également considéré que le requérant, n'ayant pas confirmé le maintien de sa requête après le rejet d'un référé-suspension, était réputé s'être désisté d'office, conformément à l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative.
02/04/2026