jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2204966 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | RICHER ET ASSOCIES DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 décembre 2022, le 25 mai 2023, le 30 août 2023 et le 9 octobre 2023, l'association sites et monuments, Mme B A, et l'association pour la protection du patrimoine et de l'esthétisme de Vernon et de Vernonnet, représentées par Me Gourdin, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 27 juin 2022 par lequel le maire de la commune de Vernon a délivré le permis de construire n°PC 027 681 21 09500 portant sur l'édification de trois bâtiments d'un total de 86 logements, ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vernon une somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UA 1.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon, dès lors que le projet porte atteinte au caractère des lieux avoisinants, au paysage urbain et à la perspective monumentale ;
- l'arrêté attaqué ne prend pas suffisamment en compte les risques au regard du PPRI en cours d'élaboration ;
- le dossier de permis ne permet pas de vérifier la prise en compte des prescriptions du PPRT ;
- le dossier de permis ne permet pas de vérifier la prise en compte des risques au regard des contraintes acoustiques ;
- le dossier de permis ne permet pas de vérifier la prise en compte de la collecte des eaux usées ;
- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UA 7.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon relatives à l'implantation des constructions ;
- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UA 8.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon relatives aux distances des constructions ;
- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UA 10.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon relatives à la hauteur des constructions ;
- l'arrêté attaqué méconnait les dispositions de l'article UA 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon relatives à l'aspect extérieur des constructions ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'illégalité dès lors que l'avis de l'architecte des bâtiments de France est entaché d'erreur manifeste ;
- le projet porte préjudice à la sécurité des usagers et à la circulation immédiate ;
- le dossier de demande de permis ne fait pas état du désamiantage des locaux à détruire ;
- l'arrêté attaqué méconnait le cahier des charges de la convention de portage conclue entre l'établissement public foncier national et la commune de Vernon.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 avril 2023 et le 30 juin 2023, la commune de Vernon, représentée par Me Richer conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérantes une somme de 5 000 euros au titre des frais de procédure.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'aucune des requérantes n'a intérêt à agir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 mai 2023, le 7 juillet 2023, le 25 septembre 2023 et le 3 novembre 2023, ce dernier non communiqué, la SCCV Vernonnet - Fieschi, représentée par Me Boyer conclut, à titre principal, au rejet pour irrecevabilité de la requête, subsidiairement, à son rejet au fond, à titre infiniment subsidiaire, à ce que le tribunal sursoie à statuer et invite la société à régulariser son projet, et à ce que soit mise à la charge des requérantes une somme de 10 000 euros au titre des frais du litige.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'aucune des requérantes n'a intérêt à agir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en intervention enregistrée le 25 mai 2023, l'association pour la protection du patrimoine et de l'esthétisme de Vernon et de Vernonnet, représentée par Me Gourdin, demande au tribunal :
1°) de faire droit aux conclusions de la requête n°2204966 ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 27 juin 2022 par lequel le maire de la commune de Vernon a délivré le permis de construire n°PC 027 681 21 09500 portant sur l'édification de trois bâtiments d'un total de 86 logements ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Vernon une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir les mêmes moyens que ceux développés dans la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Esnol,
- les conclusions de Mme Thielleux, rapporteure publique,
- les observations de Me Gourdin, représentant les requérantes,
- et les observations de Me Boyer, représentant la SCCV Vernonnet-Fieschi.
Considérant ce qui suit :
1. La SCCV Vernonnet - Fieschi a sollicité le 22 décembre 2021 la délivrance d'un permis de construire pour l'édification de trois bâtiments comprenant 86 logements sur les parcelles cadastrées 681 BH 106, 681 BH 107 et 681 BH 90 sur le territoire de la commune de Vernon. Par un arrêté du 27 juin 2022, le maire de la commune de Vernon a délivré le permis de construire n° PC 027 681 21 09500 et l'a assorti de prescriptions. L'association sites et monuments, l'association pour la protection du patrimoine et de l'esthétisme de Vernon et de Vernonnet et Mme B A ont présenté un recours gracieux le 12 août 2022, rejeté par le maire de la commune de Vernon par une décision du 14 octobre 2022. L'association sites et monuments, l'association pour la protection du patrimoine et de l'esthétisme de Vernon et de Vernonnet et Mme B A demandent l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté.
Sur le désistement :
2. A la suite du décès de Mme A alors que le dossier était en état d'être jugé, ses héritiers ont déclaré qu'ils n'entendaient pas poursuivre la procédure opposant leur mère à la commune de Vernon. Dans les termes dans lesquelles elles sont rédigées, ces conclusions doivent être regardées comme équivalant à un désistement pur et simple. Ainsi, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'intérêt à agir de Mme A, rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte du désistement de ses héritiers.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
3. Aux termes de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme : " Une association n'est recevable à agir contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation des sols que si le dépôt des statuts de l'association en préfecture est intervenu au moins un an avant l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire. " Pour apprécier l'intérêt à agir d'une association, seules les modifications de ses statuts déposées en préfecture avant l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire sont prises en compte par le juge.
En ce qui concerne l'intérêt à agir de l'association sites et monuments :
4. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de l'environnement : " Toute association ayant pour objet la protection de la nature et de l'environnement peut engager des instances devant les juridictions administratives pour tout grief se rapportant à celle-ci. / Toute association de protection de l'environnement agréée au titre de l'article L. 141-1 ainsi que les fédérations départementales des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique et les associations agréées de pêcheurs professionnels justifient d'un intérêt pour agir contre toute décision administrative ayant un rapport direct avec leur objet et leurs activités statutaires et produisant des effets dommageables pour l'environnement sur tout ou partie du territoire pour lequel elles bénéficient de l'agrément dès lors que cette décision est intervenue après la date de leur agrément. "
5. Pour justifier de son intérêt à agir, l'association sites et monuments soutient qu'elle a intérêt à agir en raison de son objet dès lors que le permis de construire litigieux porterait atteinte à des monuments historiques et affecterait le quartier du Vernonnet.
6. Il ressort des pièces du dossier que l'association sites et monuments, anciennement Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France a versé à l'instance, à la suite d'une demande de régularisation en ce sens, ses statuts en vigueur un an avant l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire intervenue le 27 décembre 2021. Ces statuts fixent, à l'article 1er, l'objet de l'association comme étant " 1° de défendre les paysages contre les enlaidissements de toute réclame commerciale ou autre, de tout affichage imposé avec un abus manifeste. / 2° d'empêcher que les sites naturels ou urbains qui font la beauté du visage de la France, ne soient dégradés ou détruits par des spéculations des industries, des constructions, des travaux publics, conçus, installés, exécutés sans aucun souci de l'aspect de la région et des intérêts matériels mêmes qui sont attachés à cet aspect. () "
7. Il ressort ainsi de ses statuts que l'association société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France, devenue Sites et monuments, dont l'agrément au titre de l'article L. 141-1 du code de l'environnement a été renouvelé pour cinq ans à compter du 1er janvier 2013 par un arrêté du 26 décembre 2012, justifie d'un intérêt à agir contre toute autorisation d'urbanisme qui pourrait porter atteinte à l'objet qu'elle entend défendre au niveau national, à savoir, en matière de protection des sites et des paysages. Dans ces conditions, elle a intérêt à agir pour contester un projet, de construction de trois bâtiments comportant 86 logements. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
En ce qui concerne l'intérêt à agir de l'association pour la protection du patrimoine et de l'esthétisme de Vernon et Vernonnet
8. Il est constant que les statuts de l'association pour la protection du patrimoine et de l'esthétisme de Vernon et Vernonnet ont été déposés en préfecture le 3 mai 2022 et enregistrés le 16 mai 2022. Par suite, dès lors que les statuts de l'association n'ont pas été déposés au moins un an avant l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire réalisé le 27 décembre 2021, l'association pour la protection du patrimoine et de l'esthétisme de Vernon et Vernonnet n'est pas recevable à introduire la requête. La fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir de l'association pour la protection du patrimoine et de l'esthétisme de Vernon et Vernonnet en application de l'article L. 600-1-1 du code de l'urbanisme ne peut qu'être accueillie.
9. Si l'association pour la protection du patrimoine et de l'esthétisme de Vernon et Vernonnet a présenté un mémoire en intervention au soutien de ses propres écritures, cette intervention doit être regardée comme un mémoire de l'association venant en complément de sa requête. En tout état de cause, l'association en tant que partie à l'instance n'est pas recevable à présenter une intervention volontaire, ni des conclusions propres au titre des frais d'instance dans le cadre de cette intervention.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'avis de l'architecte des Bâtiments de France :
10. Aux termes de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine. " Aux termes de l'article L. 621-32 du code du patrimoine : " Dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, sont soumis à une autorisation préalable les travaux susceptibles de modifier l'état des parties extérieures des immeubles bâtis, y compris du second œuvre, ou des immeubles non bâtis. / Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues aux articles L. 632-2 et L. 632-2-1. " Et aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine " II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. "
11. Il ressort des pièces du dossier que l'architecte des Bâtiments de France a rendu un avis favorable sur le projet, sans prescription, le 3 janvier 2022. Si les requérantes soutiennent que cet avis n'est pas suffisamment motivé, d'une part, cet avis ne prévoit aucune prescription et d'autre part, la seule célérité du traitement de la demande d'avis n'est pas, à elle seule de nature à entacher la procédure d'irrégularité. En outre, la circonstance alléguée par les requérantes que d'autres projets soumis à déclaration préalable nécessitent un avis de l'architecte des Bâtiments de France n'établit nullement une rupture d'égalité. Enfin, et pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 14, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France quant à l'insertion des bâtiments projetés ne peut qu'être écarté. Dans ces conditions, les requérantes ne sont pas fondées à se prévaloir de l'illégalité de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France.
En ce qui concerne l'insertion du projet :
12. Aux termes de l'article UA1.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon : " Sont interdits 1.1 les constructions et établissement qui sont de nature à porter atteinte au caractère des lieux avoisinant. " Aux termes de l'article UA11.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon : " Généralités/ La situation des constructions, leur architecture, leurs dimensions et leur aspect extérieur ne doivent pas porter atteinte au caractère des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales./ Dès lors qu'une construction existante présente un intérêt architectural au regard notamment des matériaux constructifs employés, de sa composition, de son ordonnancement, tous travaux réalisés doivent mettre en valeur les caractéristiques de la construction ".
13. Pour apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents et notamment, le cas échéant, la covisibilité du projet avec des bâtiments remarquables, quelle que soit la protection dont ils bénéficient par ailleurs au titre d'autres législations.
14. Il ressort des pièces du dossier et notamment des photographies produites à l'instance que le secteur dans lequel s'insère le projet est mixte, composé à la fois de maisons d'habitations en R+1+Combles et R+2+Combles, essentiellement rue Jules Soret et d'immeubles collectifs ainsi que de commerces avec une dominance d'un bâti en briques ou en enduit clair. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale fait état de ce que " les couvertures et attiques sont bardés de zinc pigmento vert, intégrant le projet dans le paysage lointain, en particulier les coteaux de Vernonnet et la forêt en arrière-plan ". Dans ces conditions, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que le bâtiment, dont l'architecture ne traduit aucune rupture particulière avec le bâti environnant apprécié dans son ensemble, méconnaitrait les exigences découlant des dispositions de l'article UA 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article UA 1.1 et de l'article UA 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon doivent ainsi être écartés.
En ce qui concerne le risque inondation :
15. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "
16. En vertu de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
17. Pour contester la décision attaquée, les requérantes soutiennent que l'arrêté du 27 juin 2022 n'a pas suffisamment pris en compte le risque inondation identifié par la carte des aléas du plan de prévention du risque d'inondation (PPRI) si bien qu'il méconnait les dispositions de l'article 2.72 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux constructions en zone inondable et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
18. Toutefois, d'une part, les requérantes ne peuvent pas se prévaloir utilement des prescriptions du PPRI dès lors qu'il est constant qu'à la date de la décision attaquée ce plan était en cours d'élaboration. D'autre part, si le classement en zone inondable par le PPRI peut être pris en compte dans le cadre d'une appréciation concrète de la situation d'espèce, il ressort des mentions mêmes de l'arrêté attaqué que le permis de construire a été accordé sous réserve des prescriptions énoncées aux articles 3 et 4 de l'arrêté. L'article 3 de l'arrêté fixe notamment des prescriptions relatives à l'interdiction de construction d'un sous-sol, la hauteur du plancher et des équipements électriques en reprenant les mentions de l'avis du service eaux pluviales de Seine Normandie agglomération ainsi que des prescriptions relatives au dimensionnement du parking afin de pallier le risque de remontée de la nappe en reprenant les mentions de l'avis du service prévention des risques et aménagement du territoire de la direction départementale des territoires et de la mer de l'Eure. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutiennent les requérantes, l'arrêté attaqué prévoit des prescriptions de nature à prévenir la réalisation du risque inondation. Le moyen tiré de l'insuffisance de prise en compte du risque inondation doit ainsi être écarté.
En ce qui concerne le risque technologique :
19. D'une part, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : ()/ f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception () " Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme de s'assurer de la production, par le pétitionnaire, d'un document établi par l'architecte du projet ou par un expert attestant qu'une étude a été menée conformément aux exigences de la règlementation et que ses résultats ont été pris en compte au stade de la conception du projet. Il ne saurait en revanche dans ce cadre porter une appréciation sur le contenu de l'étude et son caractère suffisant au regard des exigences des plans de prévention des risques qui en imposent la réalisation.
20. D'autre part, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
21. Pour contester la décision attaquée, les requérantes soutiennent que les risques mentionnés au plan de prévention des risques technologiques (PPRT) n'ont pas été suffisamment pris en compte dès lors que le dossier de demande de permis de construire ne contient pas l'attestation mentionnée à l'article R. 431-16 f) du code de l'urbanisme. S'il ne ressort pas des pièces du dossier que cette attestation ait été contenue dans le dossier de demande de permis de construire, il ressort des pièces du dossier que l'avis de la direction départementale des territoires et de la mer de l'Eure a rendu un avis favorable sous réserve le 1er juin 2022, visé par la décision attaquée, selon lequel " l'attestation de l'architecte a été transmise par mail du 27 janvier 2022 à la DDTM ". Dans ces conditions, et compte tenu de l'avis du 1er juin 2022, l'omission de l'attestation du 27 janvier 2022 au dossier de demande de permis de construire, n'a pas faussé l'appréciation portée par l'autorité administrative sur les risques technologiques. Par suite, le moyen tiré du manque de prise en compte des risques du PPRT tel que soulevé ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le risque acoustique :
22. Aux termes de l'article UA 2.75 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon : " Les bâtiments devront se conformer aux prescriptions d'isolement acoustiques éditées en fonction de leur destination et de leur situation vis-à-vis des secteurs affectés par le bruit (route ou voies ferrées). Les éléments permettant d'apprécier cette disposition sont annexés au PLU. "
23. Si les requérantes se prévalent des dispositions précitées de l'article UA 2.75 pour soutenir que le risque acoustique a été insuffisamment pris en compte, elles n'invoquent aucune prescription d'isolement acoustique qui aurait été méconnue par le projet. Dans ces conditions, elles n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bienfondé.
En ce qui concerne le risque pour la circulation et la sécurité des usagers :
24. Si les requérantes font état d'une circulation encombrée dans les rues environnantes, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 27 juin 2022 prévoit des prescriptions relatives au sens de circulation des automobiles à l'intérieur du projet et a sollicité une étude de la circulation, reprenant ainsi les avis de la direction des services techniques de la commune de Vernon et de la direction de la mobilité du département de l'Eure. Dans ces conditions, les requérantes ne sont pas fondées à soutenir que la décision attaquée n'a pas pris en compte les risques liés à la circulation automobile. Ce moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les travaux de désamiantage :
25. Les modalités d'évacuation de gravats, et notamment de gravats amiantés résultant de la démolition des bureaux et du garage existant n'entrent pas dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme précitées, dès lors qu'elles relèvent de l'exécution de la décision attaquée et non pas de sa légalité et n'avaient donc pas à faire l'objet d'une prescription dans l'arrêté de permis de construire en litige. En tout état de cause, en invoquant que la présence d'amiante est " plus que probable ", les requérantes n'établissent pas l'existence d'un quelconque risque. Dans ces conditions, le moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne l'assainissement :
26. Aux termes des dispositions des articles 4.2 et 12.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon, rédigés en des termes identiques : " Pour les aires de stationnement de plus de 10 emplacements, l'installation d'un séparateur d'hydrocarbures pour l'évacuation des eaux pluviales avant rejet au réseau est exigée, ou toute autre disposition permettant de contenir ou de traiter la pollution. "
27. Si les requérantes soutiennent qu'aucun élément du dossier de permis de construire n'indique les modalités de gestion des eaux pluviales conformes aux dispositions précitées, il ressort des pièces du dossier que les services de Seine agglomération Normandie ont rendu un avis favorable concernant la gestion des eaux pluviales en tenant compte de la gestion des eaux par les surfaces imperméabilisées et que la notice de sécurité produite à l'appui du dossier de demande détermine le revêtement utilisé pour le parc de stationnement, conforme aux guides de l'isolation par l'intérieur des bâtiments d'habitation et indique que la gestion des hydrocarbures est effectuée par réseau sec. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles 4.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon doit être écarté.
En ce qui concerne l'implantation par rapport aux limites séparatives du terrain :
28. Aux termes de l'article UA 7.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives du terrain: " 7.1.2. En cas d'implantation en retrait, la distance comptée horizontalement (L) de tout point de la façade au point de la limite parcellaire qui est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la hauteur (H) de la façade par rapport au terrain fini, sans pouvoir être inférieure à 3 mètres. (L=H/2 avec L =' 3mètres). "
29. Les limites séparatives s'entendent des limites entre la propriété constituant le terrain d'assiette de la construction et la ou les propriétés qui la jouxtent, quelles que soient les caractéristiques de ces propriétés, dès lors qu'il ne s'agit pas de voies ou d'emprises publiques.
30. Pour contester l'implantation des bâtiments projetés, les requérantes soutiennent que les façades ne sont pas situées suffisamment en retrait par rapport aux rues Soret, Pinard et Orgereau. Dans ces conditions, eu égard à ce qui a été dit au point précédent, ces voies publiques ne saurait être assimilées à une " limite séparative " au sens de l'article UA 7.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de cet article doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la hauteur des constructions :
31. Aux termes de l'article UA 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon : " En zone UA et UAa : / 10.1.1 Pour faciliter l'intégration des nouvelles constructions dans l'existant et l'homogénéité du bâti, la hauteur maximale est déterminée par référence à la hauteur des immeubles voisins, ou des hauteurs les plus fréquentes des immeubles (+ ou - 2m) : / ' de la façade de l'îlot dans lequel s'insère la construction, ' ou de la place dans laquelle s'insère la construction, ' ou de l'intersection dans laquelle s'insère la construction,/ 10.1.2 Toutefois, ne devra pas être choisi comme référence un immeuble isolé, ou un immeuble dont la hauteur apparaît comme exceptionnelle par rapport aux autres immeubles de référence (qui sont les immeubles de la façade de l'ilot, de la place ou de l'intersection). "
32. Il ressort des pièces du dossier que pour fixer la hauteur maximale des trois bâtiments du projet à 14 mètres, la société pétitionnaire a utilisé comme immeuble de référence, un immeuble voisin au projet, situé en face de l'aile Goche de l'autre côté de la place du Square Pierre Nicolas.
33. Pour contester la décision attaquée, les requérantes soutiennent que cet immeuble ne peut être retenu comme immeuble référent dès lors que sa hauteur est imprécise et que les constructions de l'ilot du projet ou de la rue Jules Soret moins élevées auraient dû être retenues comme immeubles de référence.
34. Toutefois, la circonstance que la hauteur de l'immeuble de référence soit évaluée à " environ 12 mètres ", hauteur qui n'est pas contestée, n'est pas de nature à entacher la décision attaquée d'illégalité. Par ailleurs, si les constructions situées rue Jules Soret sont essentiellement des maisons d'habitation en R+1+Combles ou R+2+Combles, il n'est pas contesté que leur hauteur est comprise entre 10 et 12 mètres. Au demeurant, la rue Maurice Pinard n'est pas construite en dehors du terrain d'assiette du projet. Enfin, dès lors que le projet de construction prévoit la démolition des immeubles présents sur l'ilot du projet, ces immeubles ne peuvent servir d'immeubles voisins de référence afin de déterminer la hauteur des constructions projetées. Dans ces circonstances, dès lors que l'ensemble du bâti avoisinant s'élèvent à une hauteur de plus ou moins 12 à 14 mètres, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le cahier des charges de la convention de portage :
35. Si les requérantes soutiennent que le projet méconnait le cahier des charges de la convention de portage conclue entre l'établissement public foncier national et la commune de Vernon, ce document ne fait pas partie des textes au regard desquels sont délivrées les autorisations d'urbanisme. Compte tenu du principe d'indépendance des législations, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la distance d'implantation des bâtiments les uns par rapport aux autres :
36. Aux termes de l'article UA 8.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon : " Les bâtiments non contigus situés sur la même unité foncière, doivent être implantés à une /distance " L " comptée horizontalement en tout point de la construction et définie comme /suit : /' Égale à la hauteur à l'égout de la façade la plus haute par rapport au sol après travaux /avec un minimum de 6 mètres en cas de vue directe sur l'une des façades. (L=H avec L = /6 mètres) ". Aux termes du glossaire de ce même plan : " La hauteur de la construction est égale à la plus grande différence de cote possible entre le sol naturel mesuré au milieu de chaque façade et le faîtage ou le sommet de l'acrotère. () "
37. S'il est constant que le projet litigieux d'opération mixte comprend trois bâtiments distincts à savoir l'aile Ogereau, l'aile Soret et l'aile Goche, il ressort des pièces du dossier et notamment des plans versés à l'appui de la demande de permis de construire que le bâtiment de l'aile Soret, découpé en deux blocs liés, est relié à l'aile Goche par une passerelle au niveau du deuxième étage. Dans ces circonstances, ces deux bâtiments doivent être regardés comme étant contigus. Les requérantes ne peuvent pas se prévaloir utilement des dispositions de l'article 8.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon pour contester la distance comprise entre l'aile Soret et l'aile Goche et entre les deux corps de l'aile Soret.
38. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment des plans d'architecte versés à l'instance que les ailes Soret et Ogereau présentent des vues directes sur leur façade interne qui donnent l'une sur l'autre. La façade interne de l'aile Soret s'élève à 14 mètres à l'acrotère par rapport au niveau du terrain naturel mesuré au milieu de la façade alors que les plans de masse font état d'une distance de retrait entre les deux bâtiments de 6,95 mètres. Ainsi, en prévoyant une implantation des ailes Soret et Ogereau avec un retrait entre ces deux bâtiments inférieur à 14 mètres, le projet méconnait les dispositions de l'article 8.1.1. du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Vernon. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8.1.1 du règlement précité doit donc être accueilli uniquement en ce qui concerne l'implantation de l'aile Ogereau par rapport à l'aile Soret.
Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
39. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. "
40. Le vice tiré de l'implantation des bâtiments relevé au point 38 du présent jugement affecte une partie identifiable du projet dès lors qu'il concerne uniquement l'aile Ogereau du projet. Ce vice peut être régularisé par la suppression de l'aile Ogereau ou l'augmentation de la distance de retrait entre l'aile Ogereau et l'aile Soret. L'annulation partielle du permis de construire attaqué n'implique pas d'apporter au projet litigieux un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Compte tenu du vice retenu qui rentre dans le champ d'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, il n'y a pas lieu de faire application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de sursoir à statuer sur la requête.
41. Il résulte de ce qui précède que les requérantes ne sont fondées à demander l'annulation de l'arrêté du 27 juin 2022 du maire de la commune de Vernon qu'en tant que le bâtiment de l'aile Ogereau est implanté en méconnaissance de l'article 8.1.1. du règlement du plan local d'urbanisme.
Sur les frais d'instance :
42. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérantes, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Vernon et la SCCV Vernonnet - Fieschi demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Vernon une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'association sites et monuments en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des héritiers de Mme A.
Article 2 : L'intervention de l'association pour la protection du patrimoine et de l'esthétisme de Vernon et de Vernonnet n'est pas admise.
Article 3 : L'arrêté du 27 juin 2022 par lequel le maire de la commune de Vernon a délivré le permis de construire à la SCCV Vernonnet-Fieschi pour la construction de 86 logements est annulé qu'en tant qu'il autorise l'implantation de l'aile Ogereau à une distance de l'aile Soret inférieure à la hauteur du bâtiment.
Article 4 : La commune de Vernon versera une somme de 1 500 euros à l'association sites et monuments en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Les conclusions présentées par la SCCV Vernonnet-Fieschi sur le fondement des articles L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Les conclusions présentées par la commune de Vernon sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à l'association sites et monuments, première dénommée en sa qualité de représentante unique des requérants, à la commune de Vernon et à la SCCV Vernonnet-Fieschi.
Copie en sera adressée, pour information, au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Rouen.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
M. Le Duff, premier conseiller et Mme Esnol, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.
La rapporteure,
B. Esnol
La présidente,
P. Bailly La greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026