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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2300460

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2300460

vendredi 17 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2300460
TypeDécision
RecoursInterprétation
PublicationC
Avocat requérantMERHOUM AMINA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 février 2023, l'école nationale supérieure maritime (ENSM) demande au juge des référés de modifier, en application de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, l'ordonnance n°2300015 du 31 janvier 2023 portant suspension de la décision de sanction disciplinaire prise à l'encontre de M. C et de rejeter la demande de suspension présentée par celui-ci.

Elle soutient que :

- le doute sérieux sur la légalité de la décision n'a été retenu qu'au motif que M. C a produit le seul recto de sa convocation devant le conseil de discipline et non la convocation complète, la possibilité de se faire assister par un conseil étant mentionnée au verso ;

- il est demandé de prendre en compte cet élément et rejeter la demande de suspension.

Par un mémoire, enregistré le 6 février 2023, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche s'associe aux conclusions présentées par l'école nationale supérieure maritime.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2023, M. C, représenté par Me Merhoum, demande au juge des référés :

1°) de confirmer l'ordonnance du 31 janvier 2023 n°2300015 ayant suspendu la décision de sanction disciplinaire à son égard ;

2°) d'enjoindre à l'école nationale supérieure maritime de délivrer le procès-verbal de la séance de tenue de la commission disciplinaire et d'ordonner le rattrapage des cours depuis son exclusion ainsi que de lui faire repasser les épreuves intervenues depuis son exclusion ;

3°) de mettre à la charge de l'école nationale supérieure maritime la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- La requête est mal fondée, dès lors que l'élément invoqué ne constitue pas un élément nouveau mais ne résulte que de la négligence de l'ENSM dans sa propre défense ;

- La décision de sanction disciplinaire est entachée d'irrégularités :

o Il s'est bel et bien inscrit avec son INE sur Parcoursup contrairement à ce que l'école affirme ;

o La décision est entachée d'une violation du droit de la défense et du principe du contradictoire ;

o La décision repose sur des faits qui ne sont pas matériellement établis et a été prise en violation de la présomption d'innocence, alors que l'ENSM aurait dû procéder à une enquête plus approfondie ;

o La décision est disproportionnée.

Vu :

- la requête enregistrée le 30 décembre 2022 sous le numéro 2205326 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision suspendue ;

- l'ordonnance du juge des référés du 31 janvier 2023 n° 2300015.

Vu :

- le décret n°2010-1129 du 28 septembre 2010 portant création de l'école nationale supérieure maritime ;

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bailly, vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Hussein, greffière d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu :

- M. B pour l'école nationale supérieure maritime ;

- Me Merhoum pour M. C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article L. 521-1 du même code : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Enfin, aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".

2. Par une ordonnance du 31 janvier 2023 n° 2300015, la juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative a suspendu la décision du 17 octobre 2022 par laquelle le directeur de l'école nationale supérieure maritime a exclu définitivement M. C, inscrit au sein de la formation d'officier chef de quart passerelle internationale, pour l'année scolaire 2022-2023, pour fraude à l'inscription sur Parcoursup. Par la présente requête, l'école nationale supérieure maritime, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de modifier cette ordonnance en raison d'une rétention d'information par M. C.

3. Par l'ordonnance rendue le 31 janvier 2023, la juge des référés a suspendu l'exécution de la décision portant exclusion définitive de M. C au motif que le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense, dès lors que M. C n'a pas été informé de la possibilité de se faire assister d'un conseil de son choix était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.

4. Cependant, il résulte de l'instruction que M. C n'avait produit à l'appui de sa requête en référé que le recto de sa convocation au conseil de discipline, alors que le verso de celle-ci, remise en main propre le 3 octobre 2022, comportait expressément la mention selon laquelle il pourrait être assisté du conseil de son choix. Contrairement à ce que fait valoir M. C, la seule circonstance que les éléments produits par l'école nationale supérieure maritime auraient déjà été à sa disposition lors de l'instruction de la demande de suspension présentée par M. C et qu'ils n'auraient pas été invoqués en temps utile, faute que l'administration ait fait les diligences nécessaires, ne fait pas obstacle à ce qu'ils soient invoqués ultérieurement par l'ENSM au soutien d'une demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative tendant à ce que le juge des référés mette fin à la suspension ordonnée antérieurement. En l'espèce, la production de cette deuxième page justifie qu'il soit mis fin aux effets de l'ordonnance du 31 janvier 2023, dès lors qu'aucun autre moyen n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

5. Il résulte de ce qui précède que l'école nationale supérieure maritime est fondée à demander la modification de l'ordonnance du juge des référés du 31 janvier 2023 n° 2300015 par laquelle a été ordonnée la suspension de la décision du 17 octobre 2022 par laquelle le directeur de l'école a exclu définitivement M. C de la formation d'officier chef de quart passerelle internationale pour fraude à l'inscription sur Parcoursup. Il y a lieu, par suite, de mettre fin aux effet de l'ordonnance.

6. Les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées dans la présente instance par M. C au titre des frais du litige doivent, par voie de conséquence, être rejetées.

ORDONNE:

Article 1er : Il est mis fin aux effets de l'ordonnance du 31 janvier 2023 n° 2300015 prononçant la suspension de la décision du 17 octobre 2022 par laquelle le directeur de l'école nationale supérieure maritime a exclu définitivement M. C, inscrit au sein de la formation d'officier chef de quart passerelle internationale, pour l'année scolaire 2022-2023, pour fraude à l'inscription sur Parcoursup.

Article 2 : Les conclusions aux fins d'injonction et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative présentées par M. C sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'école nationale supérieure maritime et à M. D C.

Copie en sera adressée à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Fait à Rouen, le 17 février 2023.

La juge des référés,

Signé

P. A

La greffière,

Signé

A. Hussein La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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