LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402698

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402698

mardi 17 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402698
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge Unique 4
Avocat requérantSAGON LOEVENBRUCK LESIEUR LEJEUNE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en juge unique, a rejeté l'opposition formée par un requérant contre deux contraintes émises par France travail Normandie pour le recouvrement d'indus d'allocation de solidarité spécifique (ASS). La juridiction a jugé irrecevable la contestation du caractère indu des prestations, car le requérant n'avait pas exercé au préalable le recours gracieux obligatoire prévu à l'article R. 5426-19 du code du travail. En conséquence, les contraintes restent exécutoires pour les sommes réclamées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2024, M. A... B... :

1°) forme opposition à la contrainte émise le 22 mai 2024 par France travail Normandie pour le recouvrement d’une somme de 700,46 euros correspondant à un indu d’allocation de solidarité spécifique (ASS) pour une première période allant du 4 janvier 2022 au 13 janvier 2022, puis pour une seconde période allant du 1er avril 2022 au 30 avril 2022 ;

2°) forme opposition à la contrainte émise par France travail Normandie le 22 mai 2024 pour le recouvrement d’une somme de 9 031,96 euros correspondant à un indu d’allocation de solidarité spécifique (ASS) pour une période allant du 1er octobre 2020 au 31 mars 2022.

Il soutient que :
- il n’a pas eu d’intention de dissimuler une activité, dès lors que son contrat de travail a été effectivement transmis à France travail ;
- France travail lui a confirmé le bénéfice de l’ASS en cumul avec son activité ;
- même s’il reconnaît ne pas avoir effectué certaines déclarations d’activités auprès de France travail, le caractère précaire de sa situation justifiait de continuer à bénéficier de l’ASS ;
- le trop-perçu réclamé pour la période du 1er octobre 2020 au 1er mai 2021 est incorrect ;
- il souhaiterait procéder au remboursement du trop-perçu postérieur au 1er mai 2021, dont il reconnaît le bien-fondé, par un échéancier.


Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2025, France travail Normandie, représenté par Me Lesieur-Guinault, conclut, à titre principal, au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à ce que l’échéancier de paiement n’excède pas deux ans et enfin, à ce qu’une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. B... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- les conclusions en annulation sont irrecevables en l’absence de recours administratif préalable obligatoire ;
- les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

La présidente a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Ont été entendu au cours de l’audience publique, en présence de M. Mialon, greffier :

le rapport de Mme Grenier,
les observations de Me Henry, substituant Me Lesieur-Guinault, qui relève que M. B... n’a pas formé le recours administratif préalable obligatoire, alors que cette obligation était pourtant indiquée. Il n’a pas déclaré sa reprise d’activité générant un indu d’ASS.

M. B... n’était ni présent ni représenté.


A l’issue de l’audience, la clôture de l’instruction a été prononcée en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


Le 22 mai 2024, France travail Normandie a émis deux contraintes à l’encontre de M. B... aux fins de recouvrement de deux indus d’allocation de solidarité spécifique (ASS), d’une part, d’un montant de 700,46 euros sur une première période allant du 4 janvier 2022 au 13 janvier 2022, puis pour une seconde période allant du 1er avril 2022 au 30 avril 2022, d’autre part, d’un montant de 9 031,96 euros sur la période allant du 1er octobre 2020 au 31 mars 2022, aux motifs d’activité non déclarée et d’un cumul avec la sécurité sociale.


Sur l’opposition aux contraintes émises le 22 mai 2024 :


D’une part, aux termes de l’article L. 5429-8-2 du code du travail : « Pour le remboursement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées par l'institution prévue à l'article L. 5312-1, pour son propre compte, pour le compte de l'État, du fonds de solidarité prévu à l'article L. 5423-24 ou des employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1, le directeur général de l'institution prévue à l'article L. 5312-1 ou la personne qu'il désigne en son sein peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, et après mise en demeure, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ». En outre, aux termes de l’article R. 5426-22 du même code : « Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification. / L'opposition est motivée. Une copie de la contrainte contestée y est jointe. / Cette opposition suspend la mise en œuvre de la contrainte. ».

D’autre part, aux termes de l’article R. 5426-19 du code du travail, dans sa version applicable au litige : « Le débiteur qui conteste le caractère indu des prestations qui lui sont réclamées forme un recours gracieux préalable devant le directeur général de Pôle emploi dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de l'indu par Pôle emploi. / Conformément aux dispositions de l'article L. 411-7 du code des relations entre le public et l'administration, lorsque la décision du directeur général de Pôle emploi sur ce recours gracieux n'a pas été portée à la connaissance du requérant dans le délai de deux mois, l'intéressé peut considérer sa contestation comme rejetée. Il peut alors, s'il le souhaite, se pourvoir devant le juge compétent. ».

Les dispositions relatives à l’opposition à une contrainte délivrée en vue de l’exécution d’une telle décision ne subordonnent pas l’exercice de cette voie de droit à l’exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l’occasion de l’opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l’indu que s’il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions des articles précités.

A l’appui de son opposition aux contraintes émises le 22 mai 2024 par le directeur de production de France travail Normandie, M. B... doit être regardé comme contestant le bien-fondé de l’indu d’allocation de solidarité spécifique (ASS) mis à sa charge pour la période du 1er octobre 2020 au 1er mai 2021 en faisant valoir, d’une part, que France travail lui a confirmé qu’il pouvait bénéficier d’un cumul entre l’allocation de solidarité spécifique et sa nouvelle activité professionnelle, d’autre part, que le montant de l’indu sur la période du 1er octobre 2020 au 1er mai 2021 n’est pas correct. Toutefois, M. B... ne justifie pas avoir exercé un recours administratif préalable contre la décision du 22 décembre 2023 lui notifiant cet indu d’allocation de solidarité spécifique, alors même que celle-ci mentionnait les voies et délais de recours. Ainsi, sans qu’il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, M. B... ne peut contester le bien-fondé de l’indu d’ASS mis à sa charge. Son opposition à contrainte doit, par suite, être rejetée.

Sur les conclusions tendant à la mise en place d’un échéancier de paiement de la dette :


En dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la présente requête, il n’appartient au juge administratif ni de donner des injonctions à l’administration ni de faire lui-même œuvre d’administrateur en se substituant à l’administration. Par ailleurs, le juge administratif ne peut être saisi que par la voie d’un recours dirigé contre une décision.

M. B..., qui ne conteste pas le bien-fondé de l’indu pour la période postérieure au 1er mai 2021, mais indique avoir fait face à des difficultés financières, demande au tribunal de lui accorder un échéancier en vue de rembourser sa dette au titre de l’allocation spécifique de solidarité. Toutefois, en vertu des principes qui viennent d’être énoncés, une telle demande doit être adressée à France Travail, comme l’y invitait d’ailleurs la décision lui notifiant l’indu, et ne peut être directement portée devant le juge administratif, à charge pour le requérant, s’il l’estime fondé, de saisir ultérieurement le juge d’une contestation de la décision administrative statuant sur cette demande, dès lors qu’elle lui serait défavorable. Par suite, dans les termes où elles sont présentées, ces conclusions sont irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées.


Sur les frais liés au litige :


Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions que présente France travail Normandie au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




D E C I D E :




Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.



Article 2 : Les conclusions présentées par France travail Normandie au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.





Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à France travail Normandie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2026.

La présidente du tribunal,
C. GRENIER
Le greffier,
JB. MIALON


La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions