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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2403607

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2403607

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2403607
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantAIT-TALEB

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Aït Taleb, demande :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 17 juillet 2024 par laquelle la directrice des services départementaux de l'éducation nationale (DSDEN) de la Seine-Maritime a refusé de le faire inscrire à nouveau dans une classe de terminale Sciences et technologies du management et de la gestion (STMG) du lycée Val-de-Seine du Grand-Quevilly ;

2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Normandie de l'affecter dans une classe de terminale STMG du lycée Val-de-Seine du Grand-Quevilly dans le délai de huit jours, sous astreinte journalière de 500 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, subsidiairement, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

M. B soutient que la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige est remplie dès lors que :

- cette décision n'est pas motivée au sens de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application à son cas de l'article D. 331-42 du code de l'éducation.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Minne, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé ;

- la requête, enregistrée le 14 août 2024 sous le n° 2403372, tendant notamment à l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, lorsque, notamment, la demande est irrecevable ou qu'elle ne présente pas un caractère d'urgence le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique permet d'admettre provisoirement un demandeur à l'aide juridictionnelle. S'il n'appartient qu'au bureau d'aide juridictionnelle de statuer sur toutes les conditions d'admission à l'aide juridictionnelle, l'admission provisoire à cette aide peut être refusée si une de ces conditions apparaît manifestement non remplie.

3. Les dispositions de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 prévoient que l'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement. Ainsi qu'il est dit ci-après, la requête de M. B est partiellement irrecevable et ne remplit pas les conditions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative et se trouve manifestement dénuée de fondement. Par suite, sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle doit être rejetée.

Sur la demande de référé :

4. En premier lieu, il résulte de la requête que M. B, qui fait expressément référence à la procédure de référé qu'il a engagée sous le n° 2403526 sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ayant donné lieu à une ordonnance du 5 septembre 2024, ne peut ignorer que, par une décision du 29 août 2024 dont le requérant a nécessairement eu connaissance par l'échange des mémoires au cours de cette précédente instance, la DSDEN de Seine-Maritime a procédé à son affectation au lycée Gustave Flaubert de Rouen, conformément, du reste, à une demande de sa famille qui avait indiqué à l'administration qu'elle déménageait dans la commune de Bois-Guillaume. Dans cette mesure, la lettre du 17 juillet 2024, seule attaquée dans la présente instance, a disparu de l'ordre juridique et les conclusions tendant à suspendre un acte privé de toute portée sont irrecevables.

5. En second lieu, la même lettre du 17 juillet 2024 peut être considérée comme contenant une décision distincte, en vigueur, consistant en la confirmation du refus d'inscrire à nouveau M. B pour l'année 2024/2024 au lycée Val-de-Seine du Grand-Quevilly où il était inscrit au titre de l'année scolaire 2023/2024. Toutefois, ainsi qu'il est dit au point 4, en orientant M. B vers le lycée Gustave Flaubert de Rouen, la DSDEN de la Seine-Maritime a finalement donné suite à une demande, émanant de la famille du requérant, de l'orienter vers l'établissement relevant de son nouveau domicile. L'unique argument soulevé à l'appui de la requête dans sa partie relative à la justification de la situation d'urgence, tiré de ce qu'aucune proposition d'affectation sérieuse dans un établissement n'a été soumise à la famille est donc matériellement inexacte. En tout état de cause, en l'absence de toute justification tenant à des particularités pédagogiques ou d'une autre nature tenant à la personne du requérant, la scolarisation dans un établissement plutôt que l'autre, tous deux proches du domicile familial, ne constitue pas une atteinte à la situation personnelle du lycéen d'une gravité telle qu'elle impose l'intervention d'une mesure en référé sans attendre le jugement au fond.

6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas recevable à demander la suspension des effets de la lettre du 17 juillet 2024 de la DSDEN de la Seine-Maritime en tant qu'elle n'a pas donné suite à une demande de scolarisation et n'est pas fondé à demander la suspension des effets de la même lettre en tant qu'elle a refusé de le faire inscrire à nouveau dans une classe de terminale STMG du lycée Val-de-Seine du Grand-Quevilly Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Akli Aït Taleb.

Copie en sera transmise, pour information, à la rectrice de l'académie de Normandie.

Fait à Rouen, le 6 septembre 2024.

Le juge des référés,

P. MINNE

N°2403607

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