jeudi 13 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2405056 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | AHMAD |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 9 décembre 2024 le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Rouen la requête, enregistrée le 30 octobre 2024, par laquelle M. A, représenté par Me Ahmad, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a refusé un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour en France pendant six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation.
M. A soutient que :
S'agissant de l'arrêté dans son ensemble :
- il a été signé par une autorité incompétente ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article L. 513-2 alinéa 5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 janvier 2025, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 7 janvier 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de M. Baude, premier conseiller.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant bangladais né le 10 décembre 1976 à Sylhet, Bangladesh, est entré en France en juin 2023 selon ses déclarations. Débouté du droit d'asile il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 424-1 et L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il demande l'annulation de l'arrêté en date du 18 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a pris à son encontre une décision de refus de titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour en France pendant six mois.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
2. 2. Par arrêté du 12 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, M. D C, directeur des migrations et de l'intégration, a reçu délégation du préfet de la Seine-Maritime à l'effet de signer, dans le cadre des attributions de sa direction, les décisions relatives à la délivrance d'un titre de séjour et à l'éloignement des étrangers, ainsi que celles relatives au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 18 septembre 2024 doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois :
3. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que l'arrêté n'est pas entaché d'incompétence de son signataire. Par suite M. A ne peut se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, pour demander l'annulation de la décision lui interdisant le retour en France.
4. La décision comporte les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, indique que l'épouse et l'enfant de M. A vivent au Bangladesh et mentionne qu'eu égard à la présence récente en France de celui-ci et à l'absence de liens anciens et solides en France aucune circonstance humanitaire ne justifie qu'il ne soit pas édicté une interdiction de retour sur le territoire français à son encontre. Par suite elle est suffisamment motivée.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines et traitements inhumains et dégradants. ". Ces stipulations font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de renvoi d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement un Etat pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de renvoi ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée.
7. Aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
8. M. A invoque les risques qu'il encourt pour sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine. Toutefois, s'il indique que son père et son oncle y ont été agressés et une plainte déposée contre lui, ce dont n'aurait pas eu connaissance lorsque la Cour nationale du droit d'asile a statué sur le refus de l'office français de protection des réfugiés et apatrides de l'admettre au séjour en tant que demandeur d'asile, ces seuls éléments, qui ne sont au demeurant assortis d'aucun commencement de preuve, ne sont pas susceptibles d'établir la réalité des risques auxquels il serait exposé au Bangladesh. Dès lors le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs doit être écarté le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 513-2 alinéa 5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A aux fins d'annulation doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 27 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
M. Bouvet, premier conseiller,
M. Baude, premier conseiller,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2025.
Le rapporteur,
signé
F. -E. Baude
La présidente,
signé
A. Gaillard
Le greffier,
signé
H. Tostivint
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
N° 2405056
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2504525
Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre l'arrêté préfectoral rejetant la demande de titre de séjour de M. B..., prononçant son obligation de quitter le territoire français, fixant son pays de destination et une interdiction de retour d'un an. Le tribunal a annulé l'arrêté du 2 mai 2025, considérant que le préfet avait méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne procédant pas à un examen suffisant de la situation personnelle et familiale du requérant, anciennement pris en charge par l'aide sociale à l'enfance. Les autres mesures d'éloignement (OQTF, interdiction de retour) sont également annulées en conséquence.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2504536
Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante camerounaise. Le tribunal a annulé la décision du préfet, considérant que le refus de titre de séjour était insuffisamment motivé et ne procédait pas d'un examen particulier de la situation personnelle et familiale de la requérante, méconnaissant ainsi les articles L. 811-2 et R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les mesures d'éloignement et d'interdiction de retour, découlant de ce refus illégal, ont été annulées en conséquence.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2504575
Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral lui imposant une obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai, une interdiction de retour d'un an et fixant son pays de destination. La juridiction a estimé que les décisions étaient suffisamment motivées, notamment en ce qui concerne l'appréciation des critères légaux pour l'interdiction de retour, et que le droit d'être entendu du requérant avait été respecté. Le tribunal a appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), en particulier ses articles L. 612-10, ainsi que la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2504576
Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral ordonnant l'éloignement d'un ressortissant mauricien. Le tribunal a annulé l'arrêté du 9 mai 2025, considérant que la procédure avait méconnu le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne faisant partie des droits de la défense. La décision s'appuie sur le droit de l'Union et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
26/03/2026