vendredi 4 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2405365 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 décembre 2024, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour, à titre subsidiaire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa situation.
Mme A doit être regardée comme soutenant que l'arrêté attaqué :
- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice par le préfet de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2025, et un mémoire en production de pièces, enregistré le 6 février 2025, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Favre,
- et les observations de Mme A.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante sénégalaise née le 23 décembre 1962, est entrée sur le territoire le 25 janvier 2023 munie d'un visa court séjour valable du 14 décembre 2022 au 29 mars 2023. Le 12 octobre 2023, l'intéressée a sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 5 décembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination
2. Aux termes de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, parent à charge d'un français et de son conjoint, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans sous réserve de la production du visa de long séjour prévu au 1° de l'article L. 411-1 et de la régularité du séjour. ". Lorsqu'elle est saisie d'une demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour par un ressortissant étranger faisant état de sa qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français, l'autorité administrative peut légalement fonder sa décision de refus sur la circonstance que le demandeur ne saurait être regardé comme étant à la charge de son descendant, dès lors qu'il dispose de ressources propres lui permettant de subvenir aux besoins de la vie courante dans des conditions décentes, que son descendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins avant ou depuis son arrivée en France ou qu'il ne justifie pas des ressources nécessaires pour le faire.
3. Le préfet a rejeté la demande de titre de séjour de Mme A au double motif tiré, d'une part, de ce qu'elle ne justifiait pas d'un visa de long séjour et, d'autre part, qu'elle ne justifiait pas être à la charge de parents de nationalité française.
4. D'une part, Mme A est entrée sur le territoire le 25 janvier 2023 munie d'un visa court séjour valable du 14 décembre 2022 au 29 mars 2023. Le préfet était donc fondé à lui opposer le défaut de production d'un visa long séjour.
5. D'autre part, si Mme A soutient qu'elle est prise en charge par son fils de nationalité française, il ne ressort pas des pièces versées au dossier que ce dernier ait avant son arrivée en France subvenu même en partie à ses besoins ou qu'il assure effectivement sa prise en charge depuis son arrivée sur le territoire. Dès lors, en refusant de lui délivrer le titre de séjour sollicité, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En second lieu, Mme A, dont les conditions d'entrée et de séjours ont été rappelées au point 1 du présent jugement, fait valoir la présence de son fils, de nationalité française et d'un autre fils, titulaire d'une carte de résident. Toutefois, cette seule circonstance ne permet pas d'établir qu'elle a fixé le centre de ses intérêts privés sur le territoire. Par ailleurs, elle ne justifie pas d'une insertion sociale en France, ni être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, où elle a résidé jusqu'à l'âge de 61 ans. Si l'intéressée fait valoir souffrir d'hypertension et de dépression, au demeurant survenues postérieurement à la date de la décision attaquée, elle n'établit pas qu'elle ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet a entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme A en annulation de l'arrêté du 5 décembre 2024 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2025, à laquelle siégeaient :
- Mme Van Muylder, présidente,
- M. Cotraud, premier conseiller,
- Mme Favre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2025.
La rapporteure,
Signé : L. FAVRE
La présidente,
Signé : C. VAN MUYLDERLe greffier,
Signé : J-B. MIALON
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J.-B. MIALON
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2505083
Le Tribunal Administratif de Rouen a annulé l'arrêté préfectoral du 23 mai 2025 rejetant la demande de titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant bissau-guinéen. La juridiction a estimé que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas suffisamment compte de l'insertion scolaire, de la situation médicale et des perspectives d'intégration professionnelle de l'intéressé, dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour au regard de ces éléments, en application des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2505081
Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF) et l'interdiction de retour associée. La juridiction a jugé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car il était signé par une personne habilitée, suffisamment motivé, et qu'il résultait d'un examen conforme des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (articles L. 613-1 notamment). Les autres demandes, incluant la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour, ont également été rejetées.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2504587
Le Tribunal Administratif de Rouen rejette la requête en excès de pouvoir dirigée contre un arrêté préfectoral de refus de séjour, d'obligation de quitter le territoire et d'interdiction de retour. La juridiction accueille l'exception d'autorité de la chose jugée, constatant que le litige présente une identité d'objet, de cause et de parties avec un précédent jugement ayant déjà statué sur la légalité du même arrêté. En conséquence, les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et de condamnation aux dépens sont rejetées.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2502132
Le Tribunal Administratif de Rouen a statué sur une demande d'indemnisation d'un agent municipal du Havre pour une maladie professionnelle (épisode dépressif). Le tribunal a rejeté la demande principale fondée sur la responsabilité sans faute de la commune, considérant que l'agent n'avait pas démontré l'existence d'un préjudice distinct de celui déjà indemnisé ou en cours d'instruction. Il a toutefois condamné la commune à verser une somme complémentaire pour préjudice moral lié au retard dans le traitement de sa demande, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et des principes généraux de la responsabilité administrative.
03/04/2026