mardi 11 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2500430 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 janvier 2025, Mme C B D demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 janvier 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard et de procéder à un nouvel examen de sa situation.
Elle soutient que :
- elle est arrivée en France le 12 décembre 2024 ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- elles ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de ces décisions sur sa situation personnelle.
Le préfet des Hauts-de-Seine a produit des pièces le 4 février 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
2. Mme C B D, ressortissante colombienne, née le 6 septembre 1996, déclare être entrée en France en décembre 2024. Par un arrêté du 29 janvier 2025, le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par un arrêté du même jour, le préfet a placé l'intéressée en rétention administrative. Par une ordonnance du 2 février 2025, le juge des libertés et de la détention a mis fin à la rétention administrative de Mme B D. Le 4 février 2025, la cour d'appel a infirmé cette ordonnance et autorisé la prolongation de la rétention administrative de Mme B D. Cette dernière n'a toutefois pas été replacée en rétention administrative.
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme A, adjoint au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté n°2024-42 du 20 septembre 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine, d'une délégation du préfet à l'effet de signer les décisions portant obligation de quitter le territoire français assorties ou non d'un délai de départ volontaire, celles fixant le pays de renvoi et les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français, ainsi que les décision d'assignation à résidence, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il n'est pas soutenu qu'elles n'auraient pas été empêchées. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du règlement (UE) 2016/399 du Parlement et du Conseil du 9 mars 2016, et celles de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que Mme B D ne peut justifier être entrée en France il y a moins de trois mois, qu'elle ne justifie pas de ses modalités de départ, ne présentant pas de billet de retour, et n'est pas titulaire d'un titre de séjour. L'arrêté précise aussi qu'elle ne dispose pas de ressources propres suffisantes pour faire face aux besoins de son séjour et qu'elle a été mise en cause pour des faits de violences envers son conjoint. L'arrêté précise la situation personnelle de l'intéressée. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée. L'arrêté attaqué vise également les dispositions de l'article L. 612-3 (1°) et précise que Mme B D est entrée irrégulièrement en France et n'a jamais sollicité de titre de séjour. Par suite, la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est suffisamment motivée. Enfin, l'arrêté attaqué vise les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que les pays à destination desquels l'intéressée est susceptible d'être éloignée sont celui dont elle a la nationalité ou de tout pays où elle est légalement admissible à l'exception d'un Etat membre de l'Union européenne, ou avec lequel s'applique l'acquis de Schengen. Par suite, l'arrêté comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de renvoi. Enfin, l'arrêté attaqué vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne la date d'entrée en France déclarée par l'intéressée, précise la situation personnelle et familiale de l'intéressée, et indique que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. La décision d'interdiction de retour sur le territoire est donc suffisamment motivée. Il suit de là que le moyen tiré d'une motivation insuffisante des décisions attaquées doit être écarté comme manifestement non fondé.
5. En dernier lieu, si la requérante soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation, ce moyen n'est manifestement assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, alors que la requérante, qui n'a pas communiqué au tribunal son adresse ou un moyen de la contacter après sa libération du centre de rétention administrative, n'a pas mis la juridiction en mesure de la convoquer utilement à une audience.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B D ne comporte que des moyens de légalité externe manifestement infondés, et un moyen de légalité interne qui n'est manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le délai de recours contentieux étant expiré, cette requête doit être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B D et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Rouen, le 11 mars 2025.
La présidente de la 2ème chambre,
Signé :
C. Galle
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Leconte
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