LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2500731

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2500731

mardi 11 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2500731
TypeDécision
PublicationC
FormationURGENCES JU
Avocat requérantLABELLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 17 février 2025 et le 5 mars 2025, M. C, représenté par Me Labelle, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 février 2025 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure et lui a interdit la circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", valable un an, et de réexaminer sa demande de titre de séjour, et ce, dans les deux cas, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à défaut de lui verser directement une somme de 1500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et méconnaît les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et pouvait se voir délivrer un titre de séjour de plein droit en application de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est entachée d'insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant refus de délai de départ volontaire est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant " interdiction de retour sur le territoire français " est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2025, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les décisions attaquées sont légales.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Esnol comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Esnol, magistrate désignée,

- les observations de Me Labelle, représentant M. A qui soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison des liens maintenus durant sa détention entre le requérant et sa famille, qu'elle est illégale dès lors qu'il pouvait se voir délivrer un titre de séjour de plein droit sur le fondement de sa vie privée et familiale, qu'elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; que la décision fixant le pays de destination méconnaît sa vie privée et familiale et que la décision " portant interdiction de retour sur le territoire français " est insuffisamment motivée, qu'elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et enfin, M. A abandonne les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile soulevé à l'encontre de " l'interdiction de retour sur le territoire français " ;

- les observations de M. A qui indique que les membres de sa famille sont présents en France et qu'il a maintenu un lien avec ses enfants durant sa détention.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant bulgare né le 6 octobre 1982, a été écroué au centre pénitentiaire du Havre à compter du 6 février 2022. Par un arrêté du 11 février 2025, dont M. A demande l'annulation, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit la circulation sur le territoire français pendant la durée de trois ans.

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 19 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'avocat commis d'office ou désigné d'office dans les cas prévus par la loi peut saisir le bureau d'aide juridictionnelle compétent au lieu et place de la personne qu'il assiste ou qu'il a assistée. ". Aux termes de l'article 20 de la même loi : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Par ailleurs, aux termes de l'article 80 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " Sans préjudice de l'application des articles 64-1 et 64-3 de la loi du 10 juillet 1991 (), l'avocat () commis d'office, désigné d'office, ou désigné sur demande du prévenu ou de la victime est valablement désigné au titre de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat si la personne pour le compte de laquelle il intervient remplit les conditions d'éligibilité à l'aide. ".

3. Il appartient à l'avocat désigné d'office qui entend obtenir le versement à son profit de la somme mise à la charge de la partie perdante de formuler expressément, au besoin dans ses écritures, une demande tendant à l'attribution de l'aide juridictionnelle à son client si celui-ci ne l'a pas fait. Le juge ne peut décider que les sommes mises à la charge de la partie perdante seront versées à cet avocat dans les conditions prévues à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sans avoir, au préalable, admis son client au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, sans préjudice de la décision définitive du bureau d'aide juridictionnelle.

4. M. A, bénéficiant de l'assistance de l'avocat de permanence, a sollicité dans ses écritures, et par la voix de son conseil à l'audience, le versement d'une somme sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. L'intéressé doit ainsi être regardé comme ayant présenté, par l'intermédiaire de son avocat, une demande tendant à l'attribution de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Dans ces conditions, eu égard à l'urgence qui s'attache au litige, il y a lieu de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions de la requête :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

5. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

6. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré sur le territoire en 2002 et qu'il a été titulaire entre 2009 et 2019 d'une carte de résident dont il n'a pas sollicité le renouvellement. Par un jugement du tribunal correctionnel de Bobigny du 3 décembre 2020, M. A a été condamné à dix ans d'emprisonnement délictuel pour des faits de proxénétisme aggravé par les circonstances tirées de la pluralité des victimes, de la pluralité des auteurs ou complices, du fait que la victime a été livrée à des faits de prostitution à son arrivée sur le territoire français, de l'usage de la contrainte de la violence et de manœuvre dolosive ; de traite d'êtres humains et enfin, d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de dix ans d'emprisonnement. La particulière gravité des faits et le positionnement de l'intéressé à l'audience qui a indiqué ne pas avoir eu d'autres choix que de commettre les faits en l'absence de travail, ne permet pas d'exclure un risque de récidive. Par ailleurs, s'il ressort des pièces du dossier que M. A est marié et père de trois enfants nés en 2000, 2002 et 2010 sur le territoire français, M. A n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il entretiendrait des liens actuels avec son épouse, alors que la décision attaquée mentionne qu'il n'a pas eu de contact avec son épouse depuis cinq ans. L'intéressé n'a en outre pas conservé un lien régulier avec ses enfants durant son incarcération dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que la dernière visite en détention de son fils mineur remonte au mois de décembre 2023, son fils ayant été absent lors des visites programmées en février 2024, ce que M. A a confirmé à l'audience en indiquant avoir vu son fils pour la dernière fois à " Noël 2023 ". Dans ces conditions, M. A ne fait pas état de liens suffisamment intenses, stables et récents avec les membres de sa famille présents en France. Par suite, malgré la durée de présence de M. A sur le territoire français et de la présence des membres de sa famille, compte tenu de la gravité des faits pour lesquels il a fait l'objet de condamnations pénales, la décision obligeant M. A à quitter le territoire français sans délai, eu égard aux buts poursuivis, n'a donc pas porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale, n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. Pour les mêmes motifs, M. A ne peut, en tout état de cause, utilement se prévaloir du fait qu'il aurait pu se voir délivrer un titre de séjour de plein droit sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. Aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () " .

8. Il ressort des pièces du dossier, comme cela a été dit au point 6 du présent jugement, que M. A n'entretient pas des liens réguliers avec son fils mineur, qu'il n'a pas vu depuis " Noël 2023 ". Par suite, en l'absence de liens affectifs établis entre le père et son enfant depuis plusieurs années, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait une atteinte à l'intérêt supérieur de son fils mineur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

9. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit.() ".

10. Les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, issues de l'article 37 de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, codifient le principe selon lequel un étranger devant se voir attribuer de plein droit un titre de séjour ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que, compte tenu de la menace à l'ordre public que le comportement de M. A représente, l'intéressé n'a pas droit à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour. Il n'est donc pas fondé à soutenir que la décision en litige a été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

11. En premier lieu, la décision attaquée mentionne l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précise que les pays à destination desquels l'intéressé est susceptible d'être éloigné sont celui dont il a la nationalité ou tout autre pays dans lequel il est légalement admissible et que M. A n'établit ni n'allègue qu'il peut être soumis à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Il comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de renvoi. Il suit de là, que le moyen tiré d'une motivation insuffisante de cette décision doit être écarté.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. " Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

13. M. A ne fait état d'aucun risque auquel il serait exposé en cas de retour dans son pays d'origine, il ne fait valoir aucune circonstance particulière de nature à établir une atteinte aux stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

14. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 10 qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision obligeant M. A à quitter le territoire français n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination en raison de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

15. En premier lieu, il ressort des termes de l'arrêté contesté que, pour refuser d'accorder à M. A un délai de départ volontaire, le préfet de la Seine-Maritime s'est fondé sur les dispositions du L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, le préfet a relevé que la gravité des faits reprochés à M. A justifie l'urgence de l'exécution de la décision si bien qu'il a procédé à la suppression du délai de départ volontaire. Dès lors, l'arrêté litigieux mentionne les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée et permet ainsi à l'intéressé d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

16. En deuxième lieu, et pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5, dès lors que les liens de M. A avec sa famille ne sont pas suffisamment établis, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

17. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 11 qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision obligeant M. A à quitter le territoire français n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision refusant un délai de départ volontaire en raison de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de circulation sur le territoire français :

18. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. "

19. Il ressort des mentions mêmes de la décision attaquée que celle-ci mentionne les dispositions de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que M. A a fait l'objet d'une condamnation pénale et qu'il ne fait pas état de lien avec ses enfants et son épouse depuis 2022 si bien qu'il est isolé sur le territoire français. La décision mentionne ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

20. En deuxième lieu, compte tenu d'une part, de la gravité des faits pour lesquels a été condamné en 2020 et pour lequel il était incarcéré à la date de la décision attaquée et d'autre part, comme cela a été dit au point 5, de l'absence de liens suffisamment intenses et récents avec les membres de sa famille, l'interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans ne porte pas une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de M. A au regard des buts dans lesquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

21. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de M. A doit être écarté.

22. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 11 qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision obligeant M. A à quitter le territoire français n'est fondé. Le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant interdiction de circulation en raison de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 février 2025 du préfet de la Seine-Maritime doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Labelle et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2025.

La magistrate désignée,

B. ESNOL La greffière,

A. LENFANT

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA76Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2503285

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. A, ressortissant ivoirien, qui contestait l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 5 juillet 2025 l'assignant à résidence pour 45 jours. Le tribunal a jugé que le préfet était territorialement compétent pour prendre cette mesure sur le département de la Seine-Maritime. Il a estimé que la circonstance que M. A soit sans domicile fixe à Rouen mais ait des attaches à Charleval n'entachait pas la décision d'une erreur d'appréciation. La solution s'appuie sur les articles L. 731-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.

22/07/2025

TA76Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2503286

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. A, ressortissant tunisien, qui demandait l'annulation de l'arrêté du 7 juillet 2025 du préfet de l'Eure l'assignant à résidence pour 45 jours. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la condition de perspective raisonnable d'éloignement, prévue à l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), était remplie. Il a également écarté les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'erreur manifeste d'appréciation. En conséquence, la décision préfectorale a été validée.

22/07/2025

TA76Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2502933

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. B, ressortissant algérien, qui contestait l'arrêté préfectoral du 5 mars 2025 refusant son admission au séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le juge a estimé que la décision de refus de titre de séjour était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ni l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, compte tenu de l'absence de communauté de vie avec son enfant français et de ses antécédents judiciaires. La solution retenue s'appuie notamment sur l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

22/07/2025

TA76Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2503290

Cette décision du Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, concerne le recours de M. B, ressortissant algérien, contre un arrêté préfectoral du 24 juin 2025 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a examiné le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure, le préfet ayant indiqué avoir saisi la commission du titre de séjour sans en apporter la preuve, ce qui est contesté par le requérant. En l'absence de production par le préfet de l'avis de cette commission, la procédure est entachée d'irrégularité, ce qui justifie l'annulation de l'arrêté attaqué. La solution retenue s'appuie sur l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux ressortissants algériens en vertu de l'accord franco-algérien.

22/07/2025