LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2501146

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2501146

lundi 24 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2501146
TypeDécision
PublicationC
FormationURGENCES JU
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. C, ressortissant tunisien, qui contestait l’arrêté préfectoral du 6 mars 2025 l’obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de cinq ans. Le requérant invoquait notamment une méconnaissance de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et de l’article 3 de la Convention internationale des droits de l’enfant, en raison de sa présence en France depuis 1998 et de ses attaches familiales. Le tribunal a estimé que la décision était suffisamment motivée et proportionnée, compte tenu de la situation personnelle et de l’absence de droit au séjour de l’intéressé. La décision s’appuie sur les articles L. 611-1, L. 612-6 et L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces enregistrés le 12 mars 2025, le 20 mars 2025 et le 21 mars 2025, M. A C, représenté par La SELARL Eden Avocats, demande au tribunal :

1) d'annuler l'arrêté du 6 mars 2025 par lequel le préfet de l'Eure l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans ;

2) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, subsidiairement, de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient que :

* La décision portant obligation de quitter le territoire français :

­ souffre d'une motivation insuffisante ;

­ méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu préalablement à toute décision défavorable ;

­ a été adoptée à la suite d'une procédure irrégulière car la commission du titre de séjour n'a pas été saisie alors qu'il réside en France depuis vingt-sept ans ;

­ n'a pas été adoptée à la suite d'un examen personnalisé de sa situation ;

­ méconnaît les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son droit au séjour au titre des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a pas été examiné ;

­ méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

­ procède d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

­ méconnaît les stipulations du 1° de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

* La décision de refus d'un délai de départ volontaire :

­ est insuffisamment motivée ;

­ procède d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.

* La décision fixant le pays de destination :

­ est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;

­ est insuffisamment motivée.

* La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

­ souffre d'une motivation insuffisante ;

­ méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu préalablement à toute décision défavorable ;

­ est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;

­ méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

­ méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

­ méconnaît les stipulations du 1° de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2025, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu :

­ la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;

­ les autres pièces du dossier.

Vu :

­ la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

­ la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

­ la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

­ le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

­ le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir au cours de l'audience publique du 21 mars 2025, présenté son rapport et entendu les observations orales de :

* Me Leprince, avocate représentant M. C qui soutient que :

- il est arrivé pour la première fois en France en 1998 mais est reparti pour revenir régulièrement sous couvert d'un visa en 2006 ;

- il connaît sa nouvelle compagne depuis 2017, laquelle a déposé un dossier de titre de séjour et sera nécessairement régularisée en raison de sa résidence sur le territoire français depuis près de dix années et de sa nationalité ;

- ses parents sont décédés et toute sa famille est en France en situation régulière, certains étant de nationalité française ;

- les faits ayant conduit à sa condamnation sont isolés ;

- il a travaillé durant sa détention notamment pour le nettoyage des cellules des gardiens et a eu des remises de peine ;

- ces différents éléments n'ont pas été pris en compte ce qui traduit le défaut d'examen de sa situation ;

- son éloignement conduirait à la séparation d'avec sa fille car sa conjointe et lui-même ne sont pas de la même nationalité ;

* M. C qui, directement et sous le couvert de l'interprétariat de M. B en langue arabe*, soutient qu'il regrette les faits pour lesquels il a été condamné et souhaite rester en France auprès de sa fille et des membres de sa famille, tous présents à l'audience.

L'instruction étant close à l'issue de l'audience à 10 heures 55, en application de l'article R.922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant tunisien né le 6 novembre 1973, est, selon ses dires, entré sur le territoire français en 1998. Par arrêté du 6 mars 2025, le préfet de l'Eure a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai fixant le pays de son renvoi et une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans , aux motifs qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire français, qu'il n'a pas sollicité de titre de séjour, qu'il se maintient en situation irrégulière depuis son arrivée, que condamné à trois ans d'emprisonnement pour " violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité supérieure à 8 jours " par jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux le 4 mai 2023, il présente une menace grave pour l'ordre public, qu'il ne justifie pas contribuer à l'éducation de sa fille, que le risque de fuite n'est pas négligeable, que ses attaches en France sont indéniables mais n'ont pas permis d'éviter la récidive, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à sondroit au respect de sa vie privée et familiale, qu'il ne dispose pas d'un droit au séjour et que M. C n'allègue pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. M. C demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Si M. C soutient qu'il est arrivé en France en 1998 il n'en justifie pas. Il ressort toutefois des pièces du dossier, que l'intéressé est arrivé en France pour la dernière fois en 2006, période à partir de laquelle il a bénéficié d'un titre de séjour valable jusqu'au 29 mai 2016 et durant laquelle il a travaillé. L'intéressé était donc, à la date de l'arrêté en litige, présent sur le territoire français depuis près de vingt ans. Cette information, pas plus que son séjour régulier durant dix années et que son travail pendant neuf ans ne sont évoqués dans l'arrêté en litige. De même, cet arrêté ne fait pas état de la situation de l'enfant du requérant au regard de la nationalité de la mère de celle-ci et du risque de séparation d'avec l'un de ses parents. Enfin, ledit arrêté ne mentionne aucun des éléments relatifs au comportement de M. C durant son incarcération. Dans la mesure où ces éléments ne sont pas sans incidence sur l'appréciation que l'autorité administrative devait porter sur la situation personnelle de l'intéressé avant d'adopter une obligation de quitter le territoire français, le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté n'a pas été adopté à la suite d'un examen particulier de sa situation et, pour ce motif, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, à en demander l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

3. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. "

4. Le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au préfet territorialement compétent de statuer à nouveau sur le cas de M. C, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions relatives aux frais liés à l'instance :

5. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante, une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 6 mars 2025 par lequel le préfet de l'Eure a obligé M. C à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de la demande de M. C dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera à M. C la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la SELARL Eden Avocats et au préfet de l'Eure.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2025.

Le magistrat désigné,

Signé :

T. D

La greffière,

Signé :

P. HIS

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA76Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2503285

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. A, ressortissant ivoirien, qui contestait l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 5 juillet 2025 l'assignant à résidence pour 45 jours. Le tribunal a jugé que le préfet était territorialement compétent pour prendre cette mesure sur le département de la Seine-Maritime. Il a estimé que la circonstance que M. A soit sans domicile fixe à Rouen mais ait des attaches à Charleval n'entachait pas la décision d'une erreur d'appréciation. La solution s'appuie sur les articles L. 731-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.

22/07/2025

TA76Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2503286

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. A, ressortissant tunisien, qui demandait l'annulation de l'arrêté du 7 juillet 2025 du préfet de l'Eure l'assignant à résidence pour 45 jours. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la condition de perspective raisonnable d'éloignement, prévue à l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), était remplie. Il a également écarté les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'erreur manifeste d'appréciation. En conséquence, la décision préfectorale a été validée.

22/07/2025

TA76Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2502933

Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. B, ressortissant algérien, qui contestait l'arrêté préfectoral du 5 mars 2025 refusant son admission au séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le juge a estimé que la décision de refus de titre de séjour était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ni l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, compte tenu de l'absence de communauté de vie avec son enfant français et de ses antécédents judiciaires. La solution retenue s'appuie notamment sur l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

22/07/2025

TA76Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2503290

Cette décision du Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, concerne le recours de M. B, ressortissant algérien, contre un arrêté préfectoral du 24 juin 2025 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a examiné le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure, le préfet ayant indiqué avoir saisi la commission du titre de séjour sans en apporter la preuve, ce qui est contesté par le requérant. En l'absence de production par le préfet de l'avis de cette commission, la procédure est entachée d'irrégularité, ce qui justifie l'annulation de l'arrêté attaqué. La solution retenue s'appuie sur l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux ressortissants algériens en vertu de l'accord franco-algérien.

22/07/2025