vendredi 21 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2501212 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | SOW |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 et 19 mars 2025, M. A B, retenu au centre de rétention administrative de Oissel, demande au tribunal :
1) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 15 mars 2025 par lequel le préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six ans ;
2) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- il appartient au signataire de l'arrêté de justifier de sa compétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- dès lors qu'il se trouve dans une situation dans laquelle il doit se voir délivrer de plein droit, sur le fondement du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, un certificat de résidence, l'autorité administrative ne pouvait légalement édicter à son encontre une obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- il appartient au signataire de l'arrêté de justifier de sa compétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision d'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les articles L. 612-2 suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- il appartient au signataire de l'arrêté de justifier de sa compétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision d'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- le signataire de la décision attaquée était incompétent ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont sont elles-mêmes entachées les décisions de d'obligation de quitter le territoire français et de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- elle est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " dans la mise en œuvre des articles L. 612-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2025, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le décret n°2004-374 du 29 avril 2004 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Mulot, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 21 mars 2025 à 13h30, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Sow, avocat désigné d'office pour M. B, qui reprend et complète les conclusions et moyens de la requête ; il conclut, en outre, à ce que M. B soit admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle et à ce que la somme de 1 800 euros soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; il modifie les conclusions aux fins d'injonction, sollicitant que soit délivré à M. B un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et que sa situation soit réexaminée, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ; il ajoute un moyen nouveau tiré du défaut de saisine de la commission du titre de séjour et revient, en particulier, sur le moyen tiré de ce que le requérant remplit les conditions pour se voir délivrer de plein droit un certificat de résidence algérien ;
- et les observations de M. B, assisté de Mme C, interprète en langue arabe.
Le préfet de la Sarthe n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui se présente sous l'identité de M. A B, ressortissant de la république algérienne démocratique et populaire né en 1983, également connu sous d'autres alias, a été interpellé le 14 mars 2025 par des fonctionnaires de police pour des faits de voyage sans titre de transport et placé en retenue pour vérification du droit de circulation ou de séjour. Au cours de cette mesure, il s'est vu notifier un arrêté du préfet de la Sarthe du 15 mars 2025 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six ans. Par la présente requête, il demande à titre principal au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, qui fait l'objet d'une mesure restrictive de liberté, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur le moyen commun, tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte :
4. Aux termes de l'article 43 du décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de département peut donner délégation de signature () 10° Pour l'ensemble du département, aux sous-préfets ou au fonctionnaire qui assure le service de permanence pour prendre toute décision nécessitée par une situation d'urgence ".
5. L'arrêté attaqué a été signé le samedi 15 mars 2025 par le sous-préfet de permanence, sous-préfet de Mamers, qui bénéficiait, par arrêté du 9 septembre 2024 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation de signature du préfet de la Sarthe, à l'effet de signer durant les permanences du corps préfectoral, notamment, chacune des décisions contenues dans l'arrêté. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, la décision qui mentionne l'énoncé des considérations de droit et de fait qui la fondent est suffisamment motivée.
7. En deuxième lieu, sans préjudice du point de savoir si M. B entre dans un cas de délivrance de plein droit d'un certificat de résidence algérien, la décision attaquée n'ayant ni pour objet ni pour effet de statuer sur une demande de délivrance d'un certificat de résidence algérien, l'autorité administrative n'était pas tenue de recueillir, préalablement au prononcé de la mesure d'obligation de quitter le territoire français, l'avis de la commission du titre de séjour.
8. En troisième lieu, indépendamment de la désignation faite par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des étrangers mineurs de dix-huit ans qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ou d'un arrêté de reconduite à la frontière, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi ou une convention internationale prévoit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'éloignement.
9. Si M. B soutient qu'il remplit les conditions du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien visé ci-dessus, il n'établit pas résider de manière habituelle sur le territoire français depuis plus dix ans à la date de l'arrêté en litige, n'ayant produit aucune pièce de nature à justifier de cette présence, contestée par l'autorité administrative. En outre, dès lors que ces stipulations ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public et qu'il ne conteste pas être l'auteur des faits qui lui sont reprochés, l'autorité administrative serait fondée, après avoir recueilli l'avis de la commission du titre de séjour, à refuser la délivrance d'un tel certificat de résidence. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la règle rappelée ci-dessus doit être écarté.
10. En quatrième lieu, en dépit de l'ancienneté alléguée de son séjour, M. B a déclaré lors de son audition être célibataire, sans charge de famille, n'exercer aucune activité professionnelle et être dépourvu de toute ressource. Il n'a jamais cherché à faire régulariser sa situation, a fait l'objet de quatre précédentes obligations de quitter le territoire français prononcées par le préfet de police de Paris et le préfet du Val-d'Oise entre 2012 et 2020 et, en outre, a été mis en cause à de multiples reprises, sous divers alias, pour des faits d'agression sexuelle, vol, violence sur personne vulnérable, menace de mort, violation de domicile ou encore dégradation. Eu égard à l'ensemble des circonstances de l'espèce, il n'est pas fondé à soutenir que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur le refus de délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, la décision qui mentionne l'énoncé des considérations de droit et de fait qui la fondent est suffisamment motivée.
12. En deuxième lieu, les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français ont tous été écartés. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'appui des conclusions fixant le délai de départ volontaire accordé à M. B ne peut qu'être écartée
13. En troisième lieu, le premier alinéa de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". L'article L. 612-2 du même code prévoit que par dérogation, " l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Enfin, aux termes de l'article L. 612-3 dudit code, " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
14. Compte-tenu des mises en cause rappelées ci-dessus, M. B représente une menace à l'ordre public. En outre, s'agissant du risque de soustraction, il ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire, il n'a pas sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien, il a déclaré son intention de ne se pas conformer à son obligation de quitter le territoire français, il s'est soustrait à l'exécution de quatre précédentes mesures d'éloignement et a régulièrement donné de fausses identités, déclarant à cet égard qu'il lui " arrive de mentir ". Il entrait dès lors dans les prévisions du 1° et du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont le préfet de la Sarthe n'a pas fait une inexacte application en refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
15. En premier lieu, en indiquant que M. B n'établissait pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, le préfet de la Sarthe a suffisamment motivé sa décision.
16. En deuxième lieu, les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français ont tous été écartés. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays à destination duquel M. B pourra être éloigné ne peut qu'être écartée.
17. En dernier lieu, si M. B soutient que la décision méconnaitrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, outre ce qui a été exposé au point 10 du présent jugement s'agissant de ses attaches familiales inexistantes sur le territoire français et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence, les circonstances qu'il invoquent sont la conséquence de l'obligation de quitter le territoire français et non de la décision fixant le pays de renvoi. Le moyen ne peut, dès lors, qu'être écarté.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
18. En premier lieu, les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français et la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ont tous été écartés. Dès lors, l'exception d'illégalité de ces décisions soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne peut qu'être écartée.
19. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ", et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
20. En deuxième lieu, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
21. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué, qui mentionne les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet de la Sarthe a procédé à l'examen des critères prévus par la loi et, pour chacun d'eux, indiqué la position de l'autorité administrative et les éléments qui fondent la décision. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
22. En troisième lieu, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. En revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen le conduisant à apprécier les conséquences de la mesure d'interdiction de retour sur la situation personnelle de l'étranger et que sont invoquées des circonstances étrangères aux quatre critères posés par les dispositions précitées, il incombe seulement au juge de l'excès de pouvoir de s'assurer que l'autorité compétente n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
23. D'une part, aucune circonstance humanitaire au sens des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ressortirait des pièces du dossier n'était de nature à justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. D'autre part, eu égard à la situation personnelle de M. B telle qu'elle a été exposée notamment aux points 10 et 14 du présent jugement, en fixant à six années la durée de cette interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de la Sarthe n'a ni méconnu les dispositions des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de son destinataire.
24. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées par voie de conséquence. Les conclusions de son avocat tendant à l'octroi de frais d'instance doivent également être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante.
D É C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Sow et au préfet de la Sarthe.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2025.
Le magistrat désigné,
Signé
R. Mulot
La greffière,
Signé
C. Dupont
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Signé
C. Dupont
N°250121
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2503285
Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. A, ressortissant ivoirien, qui contestait l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 5 juillet 2025 l'assignant à résidence pour 45 jours. Le tribunal a jugé que le préfet était territorialement compétent pour prendre cette mesure sur le département de la Seine-Maritime. Il a estimé que la circonstance que M. A soit sans domicile fixe à Rouen mais ait des attaches à Charleval n'entachait pas la décision d'une erreur d'appréciation. La solution s'appuie sur les articles L. 731-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.
22/07/2025
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2503286
Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. A, ressortissant tunisien, qui demandait l'annulation de l'arrêté du 7 juillet 2025 du préfet de l'Eure l'assignant à résidence pour 45 jours. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la condition de perspective raisonnable d'éloignement, prévue à l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), était remplie. Il a également écarté les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'erreur manifeste d'appréciation. En conséquence, la décision préfectorale a été validée.
22/07/2025
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2502933
Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. B, ressortissant algérien, qui contestait l'arrêté préfectoral du 5 mars 2025 refusant son admission au séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le juge a estimé que la décision de refus de titre de séjour était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ni l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, compte tenu de l'absence de communauté de vie avec son enfant français et de ses antécédents judiciaires. La solution retenue s'appuie notamment sur l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
22/07/2025