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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2501527

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2501527

jeudi 3 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2501527
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantMONTREUIL ELIE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme B C qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Eure de reprendre son hébergement et celui de ses enfants. Le juge a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, la requérante ayant saisi le tribunal plus d'un mois après la décision de fin de prise en charge et alors que cette décision n'avait pas encore pris effet. En conséquence, la demande a été rejetée pour défaut d'urgence, sans qu'il soit besoin d'examiner le fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 avril 2025 et un mémoire enregistré le 3 avril 2025, Mme A B C, représentée par Me Montreuil, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet de l'Eure d'assurer la reprise de son hébergement et de ses enfants sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, ladite condamnation valant renonciation au versement de l'aide juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Armand, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.

3. Mme B C demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de l'Eure d'assurer la reprise de son hébergement et de ses enfants. Toutefois, alors que la décision mettant fin à sa prise en charge à l'Union départementale des associations familiales (UDAF) de l'Eure a été prise par le préfet de l'Eure le 26 février 2025, la requérante a attendu le 2 avril 2025 afin de saisir le juge des référés de sa demande. En outre, il résulte de l'instruction que la décision querellée ne prendra effet que le 7 avril 2025, et que la situation de la requérante est susceptible d'évoluer à brève échéance dès lors qu'il ressort des termes mêmes de la requête qu'elle a introduit un recours contre l'arrêté l'obligeant à quitter le territoire français. Dans ces conditions, Mme B C ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête pour défaut d'urgence, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu d'admettre la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Il en va de même par voie de conséquence des conclusions présentées au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B C et à Me Montreuil.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet de l'Eure.

Fait à Rouen, le 3 avril 2025.

Le juge des référés,

Signé :

G. Armand

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2501527

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