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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2501759

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2501759

mardi 15 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2501759
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantMARY-INQUIMBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 avril 2025, M. C B, représenté par la Selarl Mary et Inquimbert, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au préfet de la Seine-Maritime de lui restituer son permis de conduire sans délai à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à la Selarl Mary et Inquimbert en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- La condition d'urgence est remplie ;

- Le fait qu'il doive récupérer son permis de conduire ne fait pas débat eu égard à l'avis médical favorable dont il dispose.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 13 février 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1.Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". L'article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter une demande par une ordonnance motivée, sans mener de procédure contradictoire, notamment lorsqu'elle ne présente pas un caractère d'urgence. Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. Il résulte de l'instruction que la validité du permis de conduire de M. B ressortissant géorgien, a été suspendue pour une durée de six mois par le préfet du Pas- de- Calais en mai 2023. Le 12 septembre 2023, il a obtenu un avis médical favorable à la restitution de son permis. Il a saisi l'Agence nationale des titres sécurisés en ligne à une date non précisée afin de se voir délivrer un titre de conduite mais celle-ci a sollicité une attestation de concordance, dès lors que le permis actuel du requérant était au nom de Djavoiev alors que son titre de séjour est au nom de B. Les services de la sous-préfecture du Havre ont rédigé un mail le 9 novembre 2023 indiquant que l'administration connaît M. B sous cette identité et sous celle de Djavoiev. M. B soutient avoir communiqué le certificat de concordance demandé sans préciser s'il s'agit du mail des services de la sous-préfecture du Havre ou d'une autre pièce. Estimant qu'une décision implicite de refus de délivrance d'un permis de conduire était née, M. B a sollicité les motifs de celle-ci auprès des services du préfet de la Seine-Maritime par un courrier parvenu à son destinataire le 11 juillet 2024. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui restituer son permis de conduire sans délai à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

3. Pour justifier que la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est remplie, M. B soutient qu'il ne peut plus conduire sans être en infraction et qu'il a besoin de son permis de conduire dans un cadre professionnel. Toutefois, il résulte des éléments rappelés au point 2 que l'intéressé ne dispose plus d'un permis de conduire depuis mai 2023. Sur le plan professionnel, si M. B a été titulaire d'un contrat à durée déterminée de préparateur automobile, celui-ci devait normalement prendre fin le 13 février 2025 et il n'est ni établi ni même allégué qu'il aurait été reconduit, ce d'autant moins d'ailleurs que son employeur avait soutenu que les fonctions confiées nécessitaient la possession d'un permis de conduire. Dans ces conditions, à la date à laquelle M. B a saisi le juge des référés, la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, dont il incombe au requérant de justifier, ne peut être regardée comme remplie. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête, en toutes ses conclusions, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à la Selarl Mary et Inquimbert.

Fait à Rouen, le 15 avril 2025.

La juge des référés,

signé

A. A

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

S. Combes

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