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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2505719

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2505719

mardi 17 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2505719
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme A... comme étant manifestement irrecevable. Le juge estime que le courrier adressé, bien que soumis au tribunal, constitue en réalité un recours gracieux dirigé vers l'administration et non une requête contentieuse valable. La décision s'appuie sur les articles R. 222-1, R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, qui exigent que la saisine du juge comporte des conclusions précises et intervienne contre une décision administrative définitive.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er décembre 2025, Mme B... A... demande au tribunal de réexaminer l’avis de sommes à payer émis le 12 août 2025 au bénéfice de la commune de Montivilliers pour le recouvrement d’indu de versement de salaire pour un montant de 724,11 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. L’article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que : « Les présidents de tribunal administratif (...) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ». En vertu de l’article R. 411-1 dudit code : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. (…) ».

2. Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle ».

3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d’annulation d’une décision administrative ou à fin de condamnation de l’administration au paiement d’une indemnité, et que les requêtes doivent comporter l’énoncé des conclusions soumises au juge. Par ailleurs, en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la présente requête, il n’appartient au juge administratif ni d’adresser des injonctions à l’administration ni de faire lui-même œuvre d’administrateur en se substituant à celle-ci.

4. Mme A... a transmis au tribunal une lettre intitulée « recours administratif (gracieux ou hiérarchique) », par laquelle elle déclare faire part de sa volonté de procéder à un recours administratif à l’encontre de l’avis de sommes à payer émis le 12 août 2025 au bénéfice de la commune de Montivilliers pour le recouvrement d’indu de versement de salaire pour un montant de 724,11 euros.

5. Bien qu’adressé au tribunal administratif, ce courrier demandant à l’auteur de la décision de revoir sa position ne comporte aucune conclusion soumise au juge au sens de l’article R. 411-1 du code de justice administrative et doit être regardé comme un recours gracieux adressé à l’administration.

6. Il n’appartient pas au juge administratif de connaître d’un recours gracieux adressé à l’administration. Seule l’autorité administrative ayant pris la décision peut, sur demande du destinataire de cette décision, connaître d’un recours gracieux dirigé contre elle, et il appartient donc à Mme A... de saisir l’administration concernée de son recours gracieux et, en cas de rejet de celui-ci, de saisir le cas échéant le tribunal administratif d’un recours contentieux en présentant une requête satisfaisant aux exigences de l’article R. 411-1 du code de justice administrative.

7. Par suite, la requête de Mme A... est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....


Fait à Rouen, le 17 février 2026.

La présidente de la 4ème chambre,



C. VAN MUYLDER
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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