vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2002851 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | CHEVALIER MERLY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 30 mars 2020, le 22 juillet 2020 et le 14 octobre 2020, Mme D C, représentée par Me Merly, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
2°) de condamner l'État à lui verser, à titre principal, une somme de 8 820,96 euros, et, à titre subsidiaire, une somme de 3 868.08 euros, en réparation des pertes locatives et du trouble de gestion résultant du refus du préfet du Val-de-Marne de lui apporter le concours de la force publique pour l'exécution d'une décision de justice ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- par ordonnance du 29 mai 2019, le juge des référés du tribunal d'instance de Villejuif a ordonné l'expulsion de M. E A et de tout occupant de son chef du logement situé 8 avenue Eugène Thomas au Kremlin Bicêtre appartenant à Mme C ;
- un commandement de quitter les lieux a été émis le 14 juin 2019, le concours de la force publique a été requis le 2 septembre 2019 ;
- le préfet du Val-de-Marne a implicitement refusé d'octroyer le concours de la force publique ;
- ce refus de prêter le concours de la force publique est illégal : en application de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution, l'État est tenu de prêter le concours de la force publique à l'exécution des jugements ;
- l'octroi du concours de la force publique est nécessaire pour permettre la libération du bien de Mme C, ce qui justifie qu'il soit enjoint au préfet de l'octroyer ;
- en l'absence de motif légitime et de trouble à l'ordre public, l'État a engagé sa responsabilité à l'égard de Mme C, le refus du concours de la force publique n'est pas motivé par la trêve hivernale ;
- le refus d'octroyer le concours de la force publique entraine un préjudice tenant en la perte des loyers et charges, la requérante ne percevant pas les loyers correspondants à la valeur locative de son bien et en des troubles de gestion dès lors que son bien se dégrade et que le coût de la remise en état s'aggrave ; son préjudice s'élève à 8 820,96 euros pour la période du 2 septembre 2019 au 31 juillet 2020 ;
- le refus d'octroyer le concours de la force publique engendre également des troubles de gestion pour Mme C qui ne peut pas librement disposer de son bien, ce chef de préjudice s'élève à 1 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 juillet 2020 et le 5 février 2021, le préfet du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le concours de la force publique a été octroyé à compter du 1er juin 2020, compte tenu de la trêve hivernale ;
- en raison de la trêve hivernale, la responsabilité de l'État n'est pas engagée à compter du 2 septembre 2019, aucun préjudice ne peut donc découler du retard dans l'octroi du concours de la force publique.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée attachée à la décision du tribunal administratif de Melun n° 2000014 du 12 novembre 2021 par laquelle le tribunal administratif a indemnisé Mme C, pour la même période que celle demandée dans la présente instance, des préjudices subis en raison du retard dans l'octroi du concours de la force publique en vue de l'expulsion de M. E A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- la loi n°91-650 du 9 juillet 1991 portant réforme des procédures civiles d'exécution ;
- le décret n°92-755 du 31 juillet 1992 instituant de nouvelles règles relatives aux procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a conclu un bail avec M. E A relatif au bien immobilier situé 8 avenue Eugène Thomas au Kremlin-Bicêtre le 1er avril 2012. Par une ordonnance du 29 mai 2019, le juge des référés du tribunal d'instance de Villejuif a constaté l'acquisition de la clause résolutoire de ce bail, a ordonné, à défaut de libération volontaire des lieux, l'expulsion de M. E A et a fixé le montant de l'indemnité d'occupation des lieux à un montant égal au loyer additionné des charges. Un commandement de quitter les lieux a été émis le 14 juin 2019 et signifié au préfet du Val-de-Marne le 17 juin 2019. Le concours de la force publique a été sollicité le 2 septembre 2019 et a effectivement été octroyé le 31 juillet 2020, date de libération des lieux.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Par un jugement du 12 novembre 2021, le tribunal administratif de Melun a condamné l'État à verser à Mme C la somme 1 634,04 euros en indemnisation des préjudices consistant en la perte des loyers et charges et le trouble dans les conditions de gestion et de jouissance du bien qu'elle a subis en raison du retard dans l'octroi du concours de la force publique en vue de l'expulsion de M. E A du logement situé 8 avenue Eugène Thomas au Kremlin Bicêtre ordonnée par le juge des référés du tribunal d'instance de Villejuif dans une ordonnance du 29 mai 2019, estimant que la responsabilité de l'État s'est trouvée engagée à compter du 1er juin 2020, compte tenu de la trêve hivernale, et court jusqu'au 31 juillet 2020, date de libération des lieux. Chacun de ces deux motifs étant le support nécessaire du dispositif de ce jugement auquel s'attache l'autorité de la chose jugée, laquelle s'attache également à ses motifs. Par suite, les conclusions indemnitaires de Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État, qui n'est pas partie perdante à l'instance, la somme que demande Mme C au titre des frais exposés dans le cadre de la présente instance.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et au préfet du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
La magistrate désignée,
N. MULLIELa greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 506535
Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
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Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
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