jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2100698 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS DECKER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 janvier 2021 et le 5 février 2021, M. A B et Mme C B, représentés par Me Spinazze, demandent au tribunal :
1°) de faire droit à leur demande de non-application du plafond de 300 000 euros pour le calcul de la réduction d'impôt " Pinel " applicable à leur situation fiscale ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le plafond de 300 000 euros prévu par le A du V de l'article 199 novovicies du code général des impôts ne devait pas leur être appliqué dès lors que l'achèvement des deux biens en cause au cours de la même année d'imposition ne leur est pas imputable ;
- l'achèvement tardif du bien acquis en 2016 résulte d'un cas de force majeure au sens du rescrit fiscal du 31 janvier 2019.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juin 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Broussois,
- et les conclusions de M. Freydefont, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B ont déclaré, à l'appui de leur déclaration de revenus de l'année 2019, des investissements locatifs d'un montant total de 473 323 euros, correspondant à deux biens acquis en l'état futur d'achèvement en 2016 et 2017 et achevés en 2019, en vue du bénéfice de la réduction d'impôt prévue à l'article 199 novovicies du code général des impôts. Cette réduction d'impôt leur a été appliquée sur la base d'un prix de revient des biens en cause plafonné à 300 000 euros, en application du A du V du même article. Par réclamation du 12 octobre 2020, M. et Mme B ont sollicité de l'administration fiscale la non-application de ce plafonnement. Cette réclamation a été rejetée par décision du 23 novembre 2020. Par la présente requête, M. et Mme B doivent être regardés comme demandant la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2019 à hauteur des sommes correspondant à la majoration de réduction d'impôt qui résulterait de la non-application du plafonnement précité.
Sur les conclusions à fin de réduction :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 199 novovicies du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " I. - A. - Les contribuables qui acquièrent, entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2021, alors qu'ils sont domiciliés en France au sens de l'article 4 B, un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale fixée, sur option du contribuable, à six ans ou à neuf ans. Cette option, qui est exercée lors du dépôt de la déclaration des revenus de l'année d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure, est irrévocable pour le logement considéré. () C. - L'achèvement du logement doit intervenir dans les trente mois qui suivent la date de la signature de l'acte authentique d'acquisition, dans le cas d'un logement acquis en l'état futur d'achèvement (). V. - A. - La réduction d'impôt est calculée sur le prix de revient d'au plus deux logements, retenu dans la limite d'un plafond par mètre carré de surface habitable fixé par décret et sans pouvoir dépasser la limite de 300 000 € par contribuable et pour une même année d'imposition. () VI. - Le taux de la réduction d'impôt est fixé à : 1° 12 % lorsque l'engagement de location mentionné au I est pris pour une durée de six ans ; 2° 18 % lorsque l'engagement de location mentionné au même I est pris pour une durée de neuf ans. VII. - La réduction d'impôt est répartie, selon la durée de l'engagement de location, sur six ou neuf années. Elle est accordée au titre de l'année d'achèvement du logement, ou de son acquisition si elle est postérieure, et imputée sur l'impôt dû au titre de cette même année, puis sur l'impôt dû au titre de chacune des cinq ou huit années suivantes à raison d'un sixième ou d'un neuvième de son montant total au titre de chacune de ces années () ".
3. Il résulte des termes des dispositions précitées, d'une part, que la réduction d'impôt sur le revenu qu'elles prévoient est accordée au titre de l'année d'achèvement des logements en cause et, d'autre part, que cette réduction est calculée sur la base du prix de revient desdits logements dans la limite, notamment, d'un montant de 300 000 euros par contribuable et par année d'imposition.
4. Il est constant, en l'espèce, que les deux logements au titre desquels M. et Mme B ont sollicité le bénéfice de la réduction d'impôt en litige, acquis en l'état futur d'achèvement respectivement le 9 décembre 2016 et le 8 décembre 2017, ont été achevés l'un et l'autre au cours de l'année 2019. Dans ces conditions, et alors même que la date d'achèvement du premier de ces logements avait été fixée, lors de son acquisition, au 30 septembre 2018, et que cet achèvement n'a pu intervenir qu'en 2019 en raison de retards dans l'exécution du chantier imputables à des difficultés d'ordre technique et administratif, c'est à bon droit que l'administration fiscale a tenu compte, pour le calcul de la réduction d'impôt afférente à l'acquisition des logements en cause, achevés au cours de la même année 2019, d'un prix de revient de ceux-ci plafonné à 300 000 euros en application du A du V de l'article 199 novovicies du code général des impôts. Les requérants ne sont dès lors pas fondés à soutenir, sur le terrain de la loi fiscale, que ce plafonnement n'aurait pas dû leur être appliqué.
En ce qui concerne l'application de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales :
5. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / () / Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales ". Aux termes de l'article L. 80 B du même livre : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal ; elle se prononce dans un délai de trois mois lorsqu'elle est saisie d'une demande écrite, précise et complète par un redevable de bonne foi () ".
6. M. et Mme B soutiennent qu'ils sont fondés à se prévaloir d'un cas de force majeure, eu égard au caractère étranger et imprévisible du retard d'achèvement du logement qu'ils ont acquis en 2016, ainsi que l'aurait admis l'administration dans un rescrit du 31 janvier 2019. Toutefois, l'extrait de document dont ils se prévalent à cet égard, qui n'est pas daté et dont il ne résulte pas de l'instruction et n'est au demeurant pas allégué qu'il constituerait une réponse à une demande présentée par les intéressés, ne saurait, en tout état de cause, être assimilé à une prise de position formelle sur la situation de fait des requérants, dont ceux-ci seraient fondés à se prévaloir en application de l'article L. 80 B précité du livre des procédures fiscales.
7. Il résulte de ce tout ce qui précède que les conclusions de M. et Mme B tendant à la réduction des impositions en litige doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. et Mme B au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et Mme C B et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Jean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
Le président rapporteur,
Signé : N. Le Broussois
L'assesseur le plus ancien,
Signé : P. Meyrignac
La greffière,
Signé : S. Chafki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N° 2100698
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 506535
Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 504834
Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 508061
08/04/2026