jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2100927 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SANCHEZ JEAN-NOËL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 avril 2020 au greffe du tribunal administratif de Montreuil et transmis au tribunal par ordonnance n° 2004034 du 27 janvier 2021, la société civile immobilière (SCI) du Plateau, représentée par Me Sanchez, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge du rappel de taxe sur la valeur ajoutée émis à son encontre au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- elle était en droit de déduire la taxe sur la valeur ajoutée portée sur la facture du 6 juillet 2015 ;
- elle a été privée de la garantie de la saisine de la commission départementale des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 juin 2023 :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) du Plateau a fait l'objet d'un contrôle sur pièces au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2015, à l'issue duquel elle a été rendue destinataire d'une proposition de rectification le 18 décembre 2018. Un rappel de taxe sur la valeur ajoutée au titre de cette période a été mis en recouvrement à son encontre le 11 septembre 2019. Une réclamation d'assiette a été présentée le 19 septembre suivant et rejetée implicitement par le directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne. Par la requête précitée, l'intéressée demande la décharge de cette imposition.
Sur la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 59 du livre des procédures fiscales, " Lorsque le désaccord persiste sur les rectifications notifiées, l'administration, si le contribuable le demande, soumet le litige à l'avis () de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires prévue à l'article 1651 du code général des impôts () ". L'article L. 59 A du même livre dispose que : " I. La commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires intervient lorsque le désaccord porte : 1° Sur le montant du résultat industriel et commercial () ou du chiffre d'affaires déterminé selon un mode réel () ".
3. En vertu des dispositions précitées de l'article L. 59 A du livre des procédures fiscales, la compétence consultative de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires inclut, en ce qui concerne ces dernières taxes, les différends portant sur le montant des chiffres d'affaires réels, mais non ceux qui ont trait aux droits à déduction de la taxe. Ainsi, en l'absence de désaccord persistant entrant dans le champ de compétence de la commission départementale, dès lors que le désaccord restant en litige portait sur le droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée, la SCI du Plateau ne pouvait, malgré une demande en ce sens présentée le 13 mars 2019, bénéficier de la garantie tenant à la saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure d'imposition doit être écarté.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
4. Aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. - 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération () ".
5. Un contribuable n'est pas en droit de déduire de la taxe sur la valeur ajoutée dont il est redevable à raison de ses propres opérations la taxe mentionnée sur une facture établie à son nom par une personne qui ne lui a fourni aucune marchandise ou prestation de services ou qui n'était pas le fournisseur réel de la marchandise ou de la prestation effectivement livrée ou exécutée. Dans le cas où l'auteur de la facture était régulièrement inscrit au registre du commerce et des sociétés et se présentait à ses clients comme assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée, sans qu'il soit manifeste qu'il n'aurait pas rempli les obligations l'autorisant à faire figurer cette taxe sur ses factures, il appartient à l'administration, si elle entend refuser à celui qui a reçu la facture le droit de déduire la taxe qui y était mentionnée, d'établir qu'il s'agissait d'une facture fictive ou d'une facture de complaisance.
6. Il résulte de l'instruction que la SCI du Plateau a déduit la taxe sur la valeur ajoutée portée sur une facture du 6 juillet 2015 émanant de la SARL Bat-Com indiquant la réalisation de travaux de démolition d'une dalle de 220 m² puis de sa reconstruction après la pose de drains. Le service a remis en cause cette déductibilité en faisant valoir que la SARL en cause avait totalement cessé son activité au 15 décembre 2013, qu'elle avait été placée en liquidation judiciaire le 10 février 2015 et qu'elle avait été définitivement radiée à compter du 5 août suivant.
7. Pour contester le caractère de facture de complaisance retenu par l'administration, la requérante se prévaut de la production d'un devis du 15 février 2015 et d'une facture du 6 juillet suivant et soutient qu'il résulte d'une jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que pour refuser la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée, l'administration doit démontrer un circuit de fraude et la connaissance de ce circuit par le bénéficiaire de la taxe sur la valeur ajoutée déductible. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'administration justifie que la société qui aurait réalisé ces travaux était en liquidation judiciaire et n'avait pas les moyens financiers, matériels et humains pour réaliser les travaux en cause. La requérante ne conteste pas sérieusement les faits ainsi relevés par le service. Par suite, ce dernier doit être regardé comme apportant la preuve du caractère de complaisance de la facture émise par la société Bat-Com. La SCI du Plateau n'est pas donc fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a remis en cause son droit à déduire la taxe sur la valeur ajoutée mentionnée sur la facture en cause.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge des impositions contestées doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions au titre des frais de justice doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de la SCI du Plateau est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI du Plateau et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
Le rapporteur,
Signé : P. MEYRIGNAC La présidente,
Signé : I. BILLANDON
Le greffier,
Signé : G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
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