jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2105224 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | RICHER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er juin 2021 et 11 juillet 2023,
Mme A B, représentée, en dernier lieu, par la Selarlu JS.A, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 1er octobre 2021 par laquelle l'établissement public local social et médico-social " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " a implicitement rejeté sa demande indemnitaire préalable ;
2°) de condamner l'établissement public local social et médico-social
" Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " à lui verser la somme de 10 224,66 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis ;
3°) de mettre à la charge de l'établissement public local social et médico-social
" Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que le contentieux est lié ;
- les erreurs répétées commises par l'établissement public " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " dans l'établissement de l'attestation d'employeur destinée à
Pôle Emploi démontrent incontestablement une négligence fautive dans son inscription et affiliation à Pôle Emploi ; le retard pris par son employeur pour rectifier, au mois d'octobre 2020, le régime d'assurance chômage auquel elle était soumise est fautif en ce qu'il a généré un indu de 10 224,66 euros auprès de Pôle Emploi ; la remise tardive de l'attestation d'employeur destinée à Pôle Emploi est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'établissement public " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " ;
- elle a agi de bonne foi ; l'obligation de rembourser la somme de 10 224,66 euros l'a placée dans une situation financière difficile ; le recouvrement de cet indu fait peser sur elle une charge individuelle excessive en méconnaissance de l'article 1er du protocole additionnel de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; l'augmentation de ses revenus résultant de la perception de cette somme a eu une incidence sur son quotient familial et a entraîné une hausse des tarifs de la crèche de ses enfants ainsi que son assujettissement à l'impôt sur le revenu à hauteur de 761 euros alors qu'elle n'était pas imposable auparavant ; l'erreur fautive commise par son employeur lui a coûté beaucoup de temps, d'énergie, de stress, de désagrément et de frais en démarches et contestations ; il est justifié que l'établissement public " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " prenne en charge à titre de réparation, le remboursement de l'indu réclamé par Pôle Emploi.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 7 juillet 2021 et 18 août 2023, l'établissement public local social et médico-social " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne ", représenté par son représentant légal, représenté par le
cabinet Richer et Associés Droit Public, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ; d'une part, Mme B n'a pas formulé de demande indemnitaire préalable ; d'autre part, outre le fait que le préjudice n'est pas clairement chiffré et qu'il n'est pas en mesure d'identifier les sommes qui sont réclamées, le fondement de la demande de Mme B n'est pas explicité ; il ne peut identifier les préjudices à indemniser et les fautes qu'il aurait commises ; enfin, Mme B ne justifie d'aucun préjudice dès lors que Pôle Emploi n'a diligenté aucune mesure aux fins de récupération de l'indu ;
- d'une part, il n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ; à supposer même qu'il aurait commis une faute, Mme B ne justifie d'aucun préjudice en lien direct et incontestable avec cette faute ; l'indemnisation du préjudice subi à concurrence de la somme de 10 244,66 euros entraînerait un enrichissement sans cause ; d'autre part, la situation dans laquelle est placée Mme B résulte de son manque de diligence auprès de Pôle Emploi pour demander un effacement ou un échelonnement de sa dette ou la contester ; enfin, il n'est pas démontré que la somme de 761 euros réclamée au titre de l'impôt sur le revenu serait exclusivement liée à ses décisions, de sorte que le lien de causalité n'est pas établi.
Par une ordonnance du 6 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au
27 février 2024 à 12 heures.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions aux fins d'annulation de la décision par laquelle l'établissement public local social et médico-social " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " a implicitement rejeté la demande indemnitaire préalable de Mme B, qui n'a eu pour seul effet que de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande, sont irrecevables.
Par une décision du 18 août 2021 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun, la demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme B a été rejetée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Réchard,
- les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique,
- et les observations de Me Petizon, représentant l'établissement public local social et médico-social " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne ".
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée par l'établissement public local social et médico-social (EPLSMS) " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " dans le cadre d'un contrat emploi d'avenir pour la période du 9 juin 2016 au 8 juin 2017 puis, sous couvert d'un contrat à durée indéterminée, à compter du 9 juin 2017 jusqu'au 1er décembre 2019, date à compter de laquelle il y a été mis fin. Mme B a perçu, sur la période courant du mois du décembre 2019 au mois de septembre 2020 inclus, des allocations d'aide au retour à l'emploi (ARE) versées, d'une part, par Pôle Emploi à hauteur de 10 224,66 euros et, d'autre part, par l'EPLSMS " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " du même montant. Par une décision du
21 octobre 2020, Pôle Emploi a notifié à Mme B que la somme versée à ce titre l'avait été de manière indue et qu'elle devait par conséquent la rembourser dans son intégralité.
Mme B a, par un courrier du 29 octobre 2020, reçu le 30 octobre 2020, formé un recours gracieux que Pôle Emploi a rejeté par une décision du 16 novembre 2020. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de condamner l'EPLSMS " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " à lui verser la somme de 10 224,66 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis résultant des fautes de son employeur.
Sur la recevabilité des conclusions aux fins d'annulation :
2. La décision implicite de rejet, née du silence gardé par l'EPLSMS " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " pendant plus de deux mois sur la demande indemnitaire préalable formée par Mme B n'a eu pour seul effet que de lier le contentieux à l'égard de l'objet de sa demande. En formulant des conclusions indemnitaires, cette dernière leur a donné le caractère de conclusions de plein contentieux. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de la décision de rejet de sa réclamation indemnitaire préalable sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
S'agissant de la responsabilité :
3. Aux termes de l'article L. 5421-1 du code du travail : " En complément des mesures tendant à faciliter leur reclassement ou leur conversion, les personnes aptes au travail et recherchant un emploi ont droit à un revenu de remplacement dans les conditions fixées au présent titre ". Aux termes de l'article L. 5424-1 de ce code : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire ou en cas de cessation d'un commun accord de leur relation de travail avec leur employeur, et lorsqu'ils satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : / 1° Les agents fonctionnaires et non fonctionnaires de l'Etat et de ses établissements publics administratifs, les agents titulaires des collectivités territoriales ainsi que les agents statutaires des autres établissements publics administratifs ainsi que les militaires ; / () ". Aux termes de l'article L. 5424-2 du même code : " Les employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 assurent la charge et la gestion de l'allocation d'assurance. Ceux-ci peuvent, par convention conclue avec Pôle emploi, pour le compte de l'organisme mentionné à l'article
L. 5427-1, lui confier cette gestion. / () ". Aux termes de l'article L. 5422-1 de ce code : " I.- Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, et dont : / 1° Soit la privation d'emploi est involontaire, ou assimilée à une privation involontaire par les accords relatifs à l'assurance chômage mentionnés à l'article L. 5422-20 ; / () ". Aux termes du 1er alinéa de l'article L. 5422-2 de ce code : " L'allocation d'assurance est accordée pour des durées limitées qui tiennent compte de l'âge des intéressés et de leurs conditions d'activité professionnelle antérieure. Ces durées ne peuvent être inférieures aux durées déterminées par décret en Conseil d'Etat ".
4. Il résulte de l'instruction que l'EPLSMS " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " a renseigné à trois reprises, entre le 27 novembre 2019 et le 3 décembre 2019, les déclarations requises à destination de Pôle Emploi en indiquant qu'il était " employeur ayant adhéré à titre révocable " au lieu de mentionner qu'il " employeur en auto-assurance ". En conséquence, Pôle Emploi a versé à Mme B les allocations d'ARE pour un montant global de 10 224,66 euros correspondant à la période du mois de décembre 2019 au mois de
septembre 2020. Ce n'est que le 8 octobre 2020 que l'EPLSMS " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " a complété une nouvelle attestation employeur comportant la mention selon laquelle il est " employeur en auto-assurance " et générant, ainsi, un indu du montant des ARE versées par Pôle Emploi à la charge de Mme B. Ainsi, en se déclarant à tort, à plusieurs reprises, " employeur ayant adhéré à titre révocable " et en ne rectifiant cette erreur que tardivement, soit le 8 octobre 2020, l'attestation employeur ayant en conséquence été remise tardivement, l'EPLSMS " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " a commis des fautes dans l'établissement de l'attestation employeur et dans le retard pris à la rectifier et à la transmettre de nature à engager la responsabilité de cet établissement.
S'agissant des préjudices :
5. D'une part, Mme B se prévaut d'un préjudice matériel constitué du
trop-perçu réclamé par Pôle Emploi pour lequel elle sollicite une indemnité de 10 224,66 euros. Toutefois, il est constant que l'erreur commise par l'EPLSMS " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne ", son ancien employeur, ne l'a pas privée du droit à l'ARE. A cet égard, Mme B, qui a perçu doublement les ARE, à bon droit par son ancien employeur, et à tort par Pôle emploi, ne pouvait ignorer qu'elle ne pouvait pas bénéficier deux fois des ARE et qu'elle était redevable de l'indu de Pôle emploi, dont elle ne conteste pas le bien-fondé. Si Mme B soutient qu'en raison de la perception des ARE d'un montant de 10 224,66 euros, elle a dû faire face à une hausse des tarifs de la crèche et que le remboursement de cette somme l'a placée dans une situation financière difficile et a créé une charge individuelle excessive en violation de l'article 1e du protocole 1 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ces éléments, non étayés et assortis d'aucune pièce, ne permettent pas d'établir l'existence et la réalité du préjudice matériel invoqué. Ainsi, en l'absence d'éléments circonstanciés sur les difficultés financières rencontrées par Mme B, le préjudice matériel ne peut être regardé comme établi. En tout état de cause, si l'intéressée fait valoir que le montant de l'indu s'élève désormais à la somme de 10 420,39 euros en raison des frais liés à la procédure de recouvrement forcé initiée par Pôle emploi pour obtenir le remboursement du trop-perçu, ces frais ne sont que la conséquence de son absence de paiement de l'indu, et ne sont donc aucunement en lien avec la faute commise par son ancien employeur.
6. D'autre part, si Mme B soutient que la situation dans laquelle elle a été placée a généré du stress et qu'elle a dû entreprendre des démarches pour faire face à la situation, elle n'établit pas la réalité de celui-ci à défaut de justifier de démarches auprès de son ancien employeur alors qu'un tel préjudice ressortit, au demeurant, des conséquences de la demande de remboursement effectuée par Pôle Emploi et non de la perception indue des ARE générée par les fautes de l'EPLSMS " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne ", son ancien employeur.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par l'EPLSMS " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne ", que Mme B n'est pas fondée à demander la condamnation de cet établissement à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'EPLSMS " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne ", la somme demandée par Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas davantage lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme que demande l'EPLSMS " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne ", sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'établissement public local social et médico-social " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne " sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'établissement public local social et médico-social " Les Résidences-Services Abbaye Bords de Marne ".
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
La rapporteure,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 506535
Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 504834
Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 508061
08/04/2026