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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2201927

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2201927

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2201927
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantABELIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 février 2022 et le 26 juillet 2022, Mme E et M. H B représentés par la SAS Huglo Lepage Avocats, dans le dernier état de leurs écritures, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° PC 094 042 21 N1026 du 4 novembre 2021 par lequel le maire de Joinville-le-Pont a délivré un permis de construire au bénéfice de Mme F G et M. A D, ensemble d'une part, la décision du 7 février 2022 par laquelle le maire a rejeté leur recours gracieux, et d'autre part, le permis modificatif n° PC 094 042 21 N1026 M02 du 27 mai 2022 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Joinville-le-Pont la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la requête est recevable ;

s'agissant du permis initial :

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet ;

- l'arrêté méconnait les dispositions des articles UE 1, UE 2, UE 5, UE 8, et UE 9.1 du règlement du PLU ;

- il est entaché d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles UE 1, UE 2 et UE 8 du PLU ;

s'agissant du permis modificatif :

- l'arrêté méconnait les dispositions de l'article UE 5 du PLU.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2022, la commune de Joinville-le-Pont doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer un non-lieu à statuer.

Elle fait valoir que le permis modificatif délivré le 27 mai 2022 régularise le projet contesté et considère que la demande des requérants est donc devenue " sans objet ".

Par un mémoire enregistré le 2 mars 2023, Mme G et M. D, représentés par Me Abelin concluent au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative.

Ils font valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'établissent pas disposer d'un intérêt à agir ;

- les moyens de la requête sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Combier,

- et les conclusions de M. Grand , rapporteur public,

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 4 novembre 2021, le maire de la commune de Joinville-le-Pont a délivré à Mme F G un permis de construire en vue de la création d'une extension sur pilotis avec toiture terrasse sur un terrain sis 31, avenue d'Estienne d'Orves à Joinville-le-Pont. Par un courrier du 13 décembre 2021, M. H B et Mme E B ont demandé au maire de Joinville-le-Pont de retirer l'arrêté portant permis de construire initial. Par un courrier du 7 février 2022 le maire de la commune a rejeté leur demande. Par un arrêté du 27 mai 2022, le maire de Joinville-le-Pont a délivré aux pétitionnaires un permis de construire modificatif, sollicité par demande du 21 avril 2022. Les époux B demandent au tribunal l'annulation des arrêtés portant permis de construire des 4 novembre 2021 et 27 mai 2022, ensemble de la décision de rejet de leur recours gracieux du 7 février 2022.

Sur l'exception de non-lieu :

2. La commune fait valoir que le permis modificatif accordé le 27 mai 2022 régulariserait le permis initial et demande au tribunal de constater que la demande est devenue " sans objet ". Toutefois, la seule circonstance qu'un permis modificatif ait été accordé en cours d'instance ne prive pas d'objet la demande tendant à l'annulation de l'autorisation initiale, qui n'a pas disparu de l'ordonnancement juridique. Par suite, l'exception de non-lieu opposée en défense par la commune de Joinville-le-Pont doit être écartée.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande :

3. Aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. " Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; () ". L'article R. 431-9 du code de l'urbanisme dispose en outre que : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ". Enfin selon l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; () " La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

4. Si les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire est insuffisant car la " notice d'insertion ne fait pas mention de l'état de protection du bâtiment objet des travaux projetés ", il ressort toutefois des pièces du dossier que la protection attachée à cette construction peut aisément être déduite de son identification dans les différentes pièces de la demande, telles que le plan de situation ou l'extrait de cadastre.

5. De même contrairement à ce qu'ils soutiennent, les partis pris retenus pour s'assurer de l'insertion du projet dans son environnement et de la prise en compte des paysages sont abordés dans un paragraphe du projet architectural qui reprend l'ensemble des mentions prévues par les alinéas a) à f) du 2° de l'article R. 431-8 précité et comporte une précision suffisante. D'une part, les plans de masse existant et projeté font état des plantations existantes et les arbres existants et à replanter y sont représentés, et d'autre part la notice mentionne que " L'ensemble du jardin sera conservé. / Un arbre sera arraché mais un arbre à développement de 2,50 m sera planté afin de le remplacer ".

6. Enfin si le projet architectural ne comprend pas de plan de la façade Nord de la future extension qui donne sur la propriété des requérants, l'absence de ce plan est toutefois palliée par la présence du plan de masse et du plan " façade cour " qui permettent d'apprécier la hauteur de cette façade qui sera aveugle de sorte que l'absence de ce plan n'a pu avoir pour effet de fausser l'appréciation du service instructeur au regard du règlement du plan local d'urbanisme (PLU), notamment des articles UE 5 et UE 9. Par ailleurs le dossier de demande d'autorisation comporte un photo-montage du projet ainsi que six photographies de l'existant dans le proche le lointain.

7. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré des insuffisances du dossier de demande de permis de construire doit être écarté en toutes ses branches.

En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance des articles UE1 et UE2 et de l'erreur d'appréciation dans leur application :

8. D'une part, aux termes de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. " D'autre part, l'article UE 1 " Occupations et utilisations du sol interdites " du règlement du PLU, précise que sont interdites : " () - La démolition de bâtiments ou éléments particuliers protégés ou remarqués repérés sur le plan de zonage du PLU et listés à l'annexe II du présent règlement sauf dans les cas prévus à l'article UE2. / - Les extensions ou modifications de bâtiments ou d'éléments particuliers protégés ou remarqués repérés sur le plan de zonage du PLU et listés à l'annexe II du présent règlement sauf dans les cas prévus à l'article UE2. ". L'article UE 2 " Occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières " du même règlement précise que sont néanmoins autorisés sous condition : " () - La démolition de bâtiments ou éléments particuliers protégés repérés sur le plan de zonage du PLU et listés à l'annexe II du présent règlement à condition que leur vétusté importante soit avérée dans le cadre du dossier de demande d'autorisation. () / - Les extensions ou modifications de bâtiments ou d'éléments particuliers protégés ou remarqués repérés sur le plan de zonage du PLU et listés à l'annexe II du présent règlement à condition qu'ils ne dénaturent pas l'aspect des bâtiments ou éléments protégés ou remarqués, respectent le caractère du bâti existant et contribuent à sa mise en valeur. () ". Ces dispositions qui visent expressément l'annexe II du PLU qui est relative aux espaces boisés classés doivent être regardées comme faisant en réalité référence à l'annexe IV, pertinente, relative à la protection du patrimoine bâti qui précise que la protection du pavillon des pétitionnaires est motivée par la mention : " Maisons construite en 1902. Maître d'œuvre inconnu. Couverture ardoise. Toit à longs pans et pignon couvert avec chiens assis. Décor de brique sur linteaux ". Il ressort de ces dispositions, d'une part, que la démolition de bâtiments ou éléments particuliers protégés est autorisée à condition que leur vétusté importante soit avérée, et d'autre part, que les extensions ou modifications de ces bâtiments sont interdites sauf à ce qu'elles ne dénaturent pas l'aspect des bâtiments ou éléments protégés ou remarqués, respectent le caractère du bâti existant et contribuent à sa mise en valeur.

9. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit l'implantation, sur la façade arrière de la construction, d'une extension en forme de parallélépipède rectangle sur pilotis, dont la hauteur comptée depuis le sol naturel atteindra par endroit plus de 6 mètres. D'une part, si cette extension a pour effet de supprimer, sur la façade Sud, une marquise en ardoise sur ossature bois surplombant une première fenêtre, celle-ci, qui n'est pas mentionnée au titre de la protection de l'annexe IV, ne fait pas partie des éléments protégés ou remarqués dont la démolition est interdite par l'article UE1 précité. D'autre part, il ressort expressément de la notice architecturale que le linteau de la seconde fenêtre de la portion de façade sur laquelle prendra appui l'extension projetée l'implantation sera conservé. Dans ces conditions les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaitrait les dispositions des articles UE1 et 2, ni que l'administration aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 5 :

10. D'une part, aux termes de l'article UE 5 du règlement du PLU relatif à l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur un même terrain : " Les constructions non contiguës situées sur un même terrain doivent être implantées de telle manière que la distance au droit de tout point des façades existantes ou à construire soit égale à : / - au moins 2,50 m. en l'absence de vue / - ou au moins 6,00 m. en cas d'existence de vue sur l'une au moins des façades se faisant face / La distance minimum entre un bâtiment existant et une annexe ou entre deux annexes est de 1,00 m. () ". L'article 7 du même règlement précise que: " () Sont considérés comme annexes, les constructions accessoires constituant des dépendances, telles que : vérandas, réserves, celliers, remises, abris de jardins, garages, ateliers non professionnels, piscines, terrasses ayant une hauteur supérieure à 0,60 m. par rapport au terrain naturel, etc. () Une vue est une paroi, fenêtre ou une porte-fenêtre, depuis laquelle le regard peut librement porter sur la propriété d'autrui, c'est-à-dire dont l'allège est située à moins de 1.90 m au-dessus du plancher aux étages, et à moins de 2.60 m. au-dessus du plancher au rez-de-chaussée. () "

11. D'autre part, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

12. Il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement des différents plans, que la construction principale, objet du projet initial d'extension, fait face à une autre construction implantée en limite séparative Sud, et que la distance entre les deux façades se faisant face, est de moins de 4 mètres alors que ces deux façades ont des vues. Au regard de la définition rappelée au point 10, cette construction, qui est un garage aménagé en studio habitable, ne saurait être qualifiée d'annexe. Par ailleurs, les travaux d'extension du projet initial ne sauraient être regardés comme étrangers aux dispositions de l'article UE 5 alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'une partie de la façade Sud de l'extension projetée fait face à la construction située en limite séparative. Toutefois, par un arrêté du 27 mai 2022 la commune a délivré un permis de construire modificatif, qui a notamment pour objet de changer l'affectation de la construction partiellement située face à l'extension litigieuse. Si les requérants soutiennent que ce bâtiment, par ses dimensions, ne peut être regardé comme une annexe au sens du document d'urbanisme, il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment du constat d'huissier joint à la demande de permis modificatif, que la construction à destination de garage et de studio est désormais dépourvue des éléments qui la rendaient habitable et a une destination de garage et d'atelier non-professionnel. Par ailleurs, le bâtiment en cause a une emprise au sol nettement inférieure à celle du bâtiment d'habitation principal et n'est accessible que par l'extérieur. Par suite, et alors que le règlement général du PLU ne définit pas la notion d'annexe, eu égard à ses dimensions, sa conception et son aménagement, cette construction peut être qualifié d'annexe, comme telle autorisée par le règlement du PLU, la dérogation aux règles de distance n'étant pas applicable, contrairement à ce que soutiennent les requérants, aux seules annexes nouvelles.

13. Le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, l'autorité administrative n'a pas à vérifier l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation. Les requérants, qui n'allèguent aucune circonstance laissant présumer une fraude de la part des pétitionnaires, ne peuvent par suite utilement soutenir que la construction en limite séparative Sud serait susceptible de recevoir une affectation autre que celle d'annexe. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse du projet que la façade Nord de l'annexe est distante d'environ 3,7 mètres de la façade Sud. Par suite, le permis de construire modificatif permet le respect des dispositions de l'article UE 5 du règlement du PLU qui impose une distance minimum d'un mètre entre un bâtiment existant et une annexe Et le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté, comme inopérant.

En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance de l'article UE 8 et de l'erreur d'appréciation dans son application :

14. Aux termes de l'article UE 8 du règlement du PLU relatif à l'aspect extérieur des constructions et à l'aménagement des abords " : " 8.1. Règles applicables aux constructions neuves et aux travaux, aménagements, extensions sur les constructions existantes / Dispositions générales / Par leur aspect extérieur, les constructions de toute nature et autres occupations du sol doivent s'intégrer avec le caractère du site et l'architecture des lieux avoisinants. () En cas d'agrandissement ou de surélévation des constructions existantes, les parties ajoutées devront s'intégrer de façon harmonieuse au bâtiment d'origine tout en respectant le rythme architectural des bâtiments environnants et une attention toute particulière devra être prise en considération pour les toitures. / Le traitement des constructions annexes, garages, extension doit être en harmonie avec la construction principale, tant par le choix des matériaux que par la qualité de finition. / Traitement des façades / Les façades latérales et postérieures des constructions, visibles ou non de la voie publique, doivent être traitées avec le même soin que les façades principales, en harmonie avec elles et celles des bâtiments existants sur les terrains contigus ; il en est ainsi notamment des façades apparentes en limite de propriété qui doivent être traitées avec le même soin que les autres façades. () / Matériaux / Les matériaux apparents doivent être choisis de telle sorte que leur mise en œuvre leur permette de conserver, de façon permanente, un aspect satisfaisant et respectueux du caractère des lieux. () / 8.3. Règles relatives aux bâtiments et éléments particuliers protégés et remarqués /Les bâtiments et éléments particuliers protégés et remarqués identifiés sur le plan de zonage du P.L.U et répertoriés dans la liste figurant en annexe II du présent règlement devront respecter les dispositions ci- dessous : / 8.3.1. Bâtiments et éléments particuliers protégés / Les bâtiments et éléments particuliers protégés devront être conservés et entretenus. Tous travaux, y compris les travaux d'entretien : / - ne devront pas dénaturer leur aspect. / - et devront respecter le caractère du bâti, contribuer à sa mise en valeur ou restituer l'esprit de son architecture d'origine. () / 8.3.2. Bâtiments et éléments particuliers remarqués / Tous travaux, y compris les travaux d'entretien, sur des bâtiments et éléments particuliers remarqués, s'ils sont conservés, ne devront pas dénaturer leur aspect. () ".

15. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient à l'autorité administrative compétente d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Il est exclu de procéder, dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité du permis de construire délivré, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux visés par l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune.

16. Il ressort des pièces du dossier et notamment des photographies produites par les requérants que contrairement à ce qu'ils soutiennent l'environnement urbain immédiat est composé de maisons d'habitations et d'immeubles de petite hauteur de styles variés, et ne présente pas de qualité particulière. Le projet d'extension porte sur un pavillon d'habitation en R+2 avec combles perdus, et un sous-sol hors terre. Les façades du sous-sol sont traitées en pierre de meulière, le reste des maçonneries étant recouverte d'un enduit ciment peint dans un ton blanc cassé. Il est doté d'un toit à longs pans et d'un pignon couvert avec chiens assis. La plupart des ouvertures sont dotées d'un linteau en décor de brique. Si l'extension litigieuse est d'architecture moderne, celle-ci ne prend que partiellement appui sur la façade Ouest du bâtiment existant de sorte que si elle masque l'un des décors de brique sur linteau, élément de façade caractéristique qui contribue au caractère remarquable de la construction, cette circonstance n'est de nature à n'en altérer que partiellement l'intérêt. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que les pétitionnaires ont entendu inscrire la future extension dans un esprit architectural rappelant l'existant, en retenant des revêtements extérieurs aux teintes identiques et en reprenant, sur les futures ouvertures de la façade Ouest de l'extension, des linteaux en briquettes rouges identiques à ceux des ouvertures des façades maintenues.

17. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article UE 8 et de l'erreur d'appréciation dans son application doivent également être écartés.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 9.1 :

18. L'article UE 9.1 du règlement du PLU relatif aux " Espaces libres, aires de jeux et de loisir et plantations. " dispose que " Le coefficient de biotope minimal pour les constructions neuves est fixé à 0,40, soit une surface de biotope représentant au minimum 40 % de la surface du terrain. / La protection des plantations existantes devra être assurée au maximum. L'abattage d'arbres sans compensation est interdit. / La surface réservée aux espaces verts représentera au moins 35 % de la surface du terrain et sera conservée en pleine terre. / Il sera exigé un arbre à développement de plus de 2,50 m. pour 100 m² de surface de pleine terre (la quantité sera arrondie au nombre entier supérieur). / Les parties de terrain non construites et non occupées par les aires de stationnement ou de desserte seront traitées dans un souci d'intégration paysagère.

19. L'article 9.1, qui s'ouvre par un alinéa visant les constructions neuves, est rédigé pour le surplus au futur de l'indicatif. Dans ces conditions le quatrième alinéa qui impose un arbre à grand développement pour 100 m² de pleine terre doit être interprété comme visant uniquement les constructions nouvelles et non les extensions. Par suite, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le projet méconnaitrait ces dispositions ou en aggraverait la méconnaissance. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UE 9.1 doit être écarté comme inopérant.

20. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés des 4 novembre 2021 et 27 mai 2022, par lesquels la commune de Joinville-le-Pont a délivré à Mme F G un permis de construire, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux.

Sur les frais liés au litige :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Mme G et M. D, qui n'ont pas la qualité de partie perdante, versent à M. et Mme B la somme que ceux-ci réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme G et M. D présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B et à M. H B, à Mme F G et à M. A D, et à la commune de Joinville-le-Pont.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gougot, présidente,

M. Duhamel, premier conseiller,

M. Combier, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.

Le rapporteur,

D. COMBIER

La présidente,

I. GOUGOT

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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