mardi 18 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2202070 |
| Type | Décision |
| Formation | 6ème chambre, JU |
| Avocat requérant | SELARL CALLON AVOCAT & CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 mars 2022, Mme B demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 9 954,89 euros en réparation du préjudice que lui a causé l'accident de la circulation survenue sur l'A86 le 25 juillet 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de l'Etat est engagée pour défaut d'entretien normal de la voie publique du fait de la présence d'un objet sur l'autoroute A86 dans la nuit du 25 juillet 2015 ;
- elle a subi, du fait de cet accident, un préjudice matériel qui n'a pas été indemnisé par l'assurance de son véhicule et qui se décompose comme suit : 2 171,50 euros pour les réparations de son véhicule, 362,20 euros de frais d'expertise du véhicule, 184,27 euros de frais de remorquage, 809,02 euros pour l'intervention sur l'autoroute et 45 euros de taxi ;
- elle a subi, du fait de cet accident, un préjudice corporel qui se décompose comme suit : 60 euros au titre des dépenses de santé actuelles, 822,90 euros au titre du déficit fonctionne temporaire, 2 500 euros au titre des souffrances endurées et 3 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2022, le préfet du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'ouvrage public que constitue la voie ne souffre d'aucun défaut d'entretien normal ; l'objet tombé sur la voie ne lui étant pas imputable, alors en outre que des patrouilles d'entretien y circulent régulièrement ;
- Mme B a commis une faute en n'adaptant pas sa conduite à une circulation de nuit ;
- elle n'établit pas la réalité de ses préjudices.
Par un mémoire enregistré le 30 mars 2023, la Caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine, demande au tribunal de :
1°) recevoir la Caisse Primaire d'Assurance Maladie en son intervention ;
2°) la dire bien fondée,
3°) condamner le préfet du Val-de-Marne à lui rembourser, au titre des prestations versées, les sommes de 204,23 euros, sous réserve d'autres paiements non encore connus à ce jour, et ce avec intérêts de droit à compter du jugement, 115 euros au titre de l'indemnité forfaitaire prévue par l'ordonnance 96-51 du 24 janvier 1996 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Val-de-Marne) la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Dewailly, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique entendu :
- le rapport de M. Dewailly, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Deleplancque, rapporteur public,
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Dans la nuit du 25 juillet 2015, entre 00h30 et 1 heure, alors qu'elle circulait à bord de son véhicule sur l'autoroute A 86 à hauteur de Fontenay-sous-Bois, Mme A B a heurté un plot en béton présent sur la chaussée. Par un courrier du 17 décembre 2021, Mme B a demandé l'indemnisation des préjudices subis. En l'absence de réponse, Mme B a saisi le tribunal pour demander la condamnation de l'Etat à réparer ses préjudices.
2. Il appartient à la victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public d'apporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage dont elle se prévaut. La personne publique en charge de l'ouvrage public ne peut s'exonérer de sa responsabilité qu'en rapportant la preuve de l'entretien et de la surveillance régulière de la voie placée sous sa responsabilité juridique et son soutien financier. Il incombe, d'une part, à la personne publique en charge de l'autoroute d'effectuer une surveillance régulière de la chaussée, par le biais de patrouilles de ses agents, pour s'assurer que les voies autoroutières ne présentent pas de défectuosités, ni ne s'y trouvent d'objets sur la chaussée, d'autre part, une intervention prompte, dans l'hypothèse où il lui serait signalé un danger pour les usagers, en prenant les mesures nécessaires pour prévenir ces derniers de celui-ci, ou le cas échéant en neutralisant le danger.
3. En l'espèce, Mme B, alors qu'elle utilisait l'autoroute A86, dans sa partie non concédée par l'Etat et gérée par la direction interdépartementale des Routes d'Île-de-France, a subi des dommages du fait de la collision de son véhicule avec un objet en béton présent sur la voie. Il résulte de l'instruction, alors même que le lieu précis de cet accident ne ressort d'aucune pièce du dossier, qu'aucun chantier n'était en cours au moment des faits sur l'autoroute. En outre, si l'Etat est tenu d'entretenir l'autoroute afin d'assurer au public un usage conforme à sa destination, il ne peut cependant être tenu de faire enlever à tout instant les objets divers qui peuvent s'y trouver délaissés en dehors de son fait. En l'espèce, il résulte de l'instruction, notamment de la dernière fiche journalière de patrouille que des agents en charge de la surveillance, qui ont parcouru le secteur de l'accident quelques heures avant celui-ci, sans y relever d'anomalie. Ainsi, il peut en être déduit que la présence de l'objet en béton sur la voie, dont l'origine est inconnue et dont il n'est pas établi qu'il aurait été signalé avant l'accident, est postérieure à l'heure de passage de cette patrouille, le 24 juillet 2015 à 20 heures. Le passage régulier, à cette heure, sur une chaussée moins encombrée, étant de nature à satisfaire, dans les circonstances de l'espèce, l'exigence de diligence pesant sur l'administration. Dans ces conditions, l'Etat rapporte la preuve qui lui incombe de l'entretien normal de cette voie publique.
4. Il résulte de ce qui précède, que la requête présentée par Mme B et les conclusions présentée par la Caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine doivent être rejetées, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la Caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la Caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine, au préfet du Val-de-Marne et à la Préfecture de la région d'Île-de-France - préfecture de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2025.
Le magistrat désigné,
S. DEWAILLYLe greffier,
L. SUEUR
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2209838
Responsabilité pour défaut d'entretien normal d'un ouvrage public. Le Tribunal Administratif de Melun a condamné la commune de Boissy-Saint-Léger à verser 7 579,07 euros à la société GMF Assurances, subrogée dans les droits de son assurée dont le véhicule a été endommagé par la chute d'une branche d'arbre sur un parking municipal. La commune n'a pas démontré que l'arbre faisait l'objet d'un entretien normal, ni que le dommage était imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure. La responsabilité de la commune a été retenue sur le fondement du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public.
18/03/2025
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2008934
Le Tribunal administratif de Melun rejette la requête de Mme C et de son assureur, la Maaf Assurances, qui demandaient la condamnation du département du Val-de-Marne pour un accident de la circulation survenu le 22 janvier 2018 à Ablon-sur-Seine. Le tribunal estime que la chicane percutée par le conducteur était un dispositif de sécurité relevant des pouvoirs de police du maire, et non un ouvrage public départemental. En conséquence, le défaut de signalisation de cet aménagement ne peut engager la responsabilité du département, et la requête, mal dirigée, est rejetée. La décision se fonde sur les articles L. 131-2 du code de la voirie routière et L. 2213-1 du code général des collectivités territoriales.
18/03/2025
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2009612
Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de Mme B, qui demandait la condamnation du département du Val-de-Marne à l’indemniser pour une chute survenue le 5 avril 2019, causée par une plaque d’égout surélevée sur un trottoir en travaux. La juridiction a estimé que l’obstacle, bien que présent, n’excédait pas ceux auxquels un usager de la voie publique doit normalement s’attendre, d’autant que la zone était signalée et que la requérante, résidant à proximité, connaissait les lieux. En conséquence, le défaut d’entretien normal de l’ouvrage public n’a pas été retenu, et la responsabilité du département n’a pas été engagée. La demande de Mme B a été rejetée, de même que les conclusions du département au titre des frais de justice.
18/03/2025