lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2202390 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre, JU |
| Avocat requérant | THEMIS ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mars 2022, M. A B, représenté par Me Ciaudo, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui payer une somme de 1 600 euros, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts, en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de seize fouilles corporelles intégrales auxquelles il a été soumis entre le 15 septembre 2020 et août 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 11 juillet 1991.
M. B soutient que :
- la responsabilité pour faute de l'Etat est engagée du fait de la pratique aléatoire et discrétionnaire de seize fouilles corporelles intégrales auxquelles il a été soumis entre le 15 septembre 2020 et août 2021 au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers, alors que son comportement en détention ne soulevait pas de difficultés particulières et que ses fréquentations étaient connues, une telle pratique étant contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, aux dispositions des articles 22 et 57 de la loi du 24 novembre 2009 et à celles des articles R. 57 7-79 et R. 57-7-80 du code de procédure pénale ;
- son préjudice est, dans ces circonstances, de 1 600 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2024, le garde des Sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient, à titre principal, qu'aucune faute n'a été commise, et qu'en tout état de cause, aucun préjudice n'est caractérisé.
Par une ordonnance du 22 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 août 2024 à 12 h 00.
Des pièces produites par le requérant, demandées sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, ont été enregistrées le 27 septembre 2024 et communiquées sur le même fondement.
Des pièces produites par le ministre de la justice, demandées sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, ont été enregistrées le 2 octobre 2024 et communiquées sur le même fondement.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code pénitentiaire ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Leconte, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leconte, première conseillère,
- et les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, alors détenu au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers, a fait l'objet de dix-sept décisions, datées du 14 septembre 2020 au 17 août 2021, planifiant la pratique de dix-sept fouilles corporelles intégrales entre le 15 septembre 2020 et le 21 août 2021. Par un courrier du 27 octobre 2021 transmis par télécopie du même jour à l'administration pénitentiaire, M. B a formé une demande indemnitaire préalable en vue d'obtenir réparation du préjudice qu'il estime avoir subi à raison d'une pratique illégale de seize fouilles corporelles entre le 15 septembre 2020 et le mois d'août 2021. Le silence gardé par l'administration sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet le 27 décembre 2021. M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui réparer le préjudice qu'il estime avoir subi à raison de seize fouilles corporelles intégrales auxquelles il a été soumis entre le 15 septembre 2020 et août 2021.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le cadre du litige :
2. Le requérant, qui ne précise pas dans ses écritures les dates des fouilles en litige ni des décisions afférentes, invoque dans sa requête avoir illégalement subi seize fouilles, tout en renvoyant à dix-sept décisions programmant chacune une fouille. Il est ainsi produit aux débats des décisions datées des 14 septembre, 6, 9 et 14 novembre, 7, 12, 19 et 24 décembre 2020, puis 4 et 13 janvier, 2 février, 29 mars, 24 mai 2021, deux décisions du 7 juin 2021 ainsi que des décisions des 26 juillet et 17 août 2021, chacune planifiant une fouille respectivement les 15 septembre, 6, 10 et 16 novembre, 8, 14, 21 et 25 décembre 2020, puis 5 et 13 janvier, 3 février, 29 mars, 29 mai 2021, 12 et 13 juin 2021 ainsi que les 31 juillet et 21 août 2021. En réponse à la mesure d'instruction diligentée par le tribunal, par courrier du 25 septembre 2024, invitant le requérant à préciser lesquelles des fouilles en cause font l'objet du présent litige, ce dernier a à nouveau produit les décisions précitées à l'exclusion de celle du 14 septembre 2020. Dans ces conditions, le requérant doit être regardé comme invoquant la pratique fautive des seize fouilles corporelles intégrales qui, par décisions des 6 novembre 2020 au 17 août 2021, ont été programmées sur la période du 6 novembre 2020 au 21 août 2021.
En ce qui concerne le principe de responsabilité :
3. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
4. Aux termes des dispositions de l'article 22 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, désormais codifiées à l'article L. 6 du code pénitentiaire : " L'administration pénitentiaire garantit à toute personne détenue le respect de sa dignité et de ses droits. L'exercice de ceux-ci ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles résultant des contraintes inhérentes à la détention, du maintien de la sécurité et du bon ordre des établissements () ". En vertu de l'article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, dans sa version alors applicable, dont les dispositions sont désormais codifiées aux articles L. 225-1 et suivants du code pénitentiaire : " Hors les cas où les personnes détenues accèdent à l'établissement sans être restées sous la surveillance constante de l'administration pénitentiaire ou des forces de police ou de gendarmerie, les fouilles intégrales des personnes détenues doivent être justifiées par la présomption d'une infraction ou par les risques que leur comportement fait courir à la sécurité des personnes et au maintien du bon ordre dans l'établissement. Leur nature et leur fréquence sont strictement adaptées à ces nécessités et à la personnalité des personnes détenues. () / Les fouilles intégrales ne sont possibles que si les fouilles par palpation ou l'utilisation des moyens de détection électronique sont insuffisantes. / () ". Et, en application des dispositions des articles R. 57-7-79 et R. 57-7-80 du code de procédure pénale, désormais codifiées aux articles R. 225-1 et suivants du code pénitentiaire : " Les mesures de fouilles des personnes détenues, intégrales ou par palpation, sont mises en œuvre sur décision du chef d'établissement pour prévenir les risques mentionnés au premier alinéa de l'article 57 de la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009. Leur nature et leur fréquence sont décidées au vu de la personnalité des personnes intéressées, des circonstances de la vie en détention et de la spécificité de l'établissement. () " et " Les personnes détenues sont fouillées chaque fois qu'il existe des éléments permettant de suspecter un risque d'évasion, l'entrée, la sortie ou la circulation en détention d'objets ou substances prohibés ou dangereux pour la sécurité des personnes ou le bon ordre de l'établissement. ". Il résulte de ces dispositions que si les nécessités de l'ordre public et les contraintes du service public pénitentiaire peuvent légitimer l'application à un détenu de mesures de fouille, le cas échéant répétées, elles ne sauraient revêtir un caractère systématique et doivent être justifiées par l'un des motifs qu'elles prévoient, en tenant compte notamment du comportement de l'intéressé, de ses agissements antérieurs ou des contacts qu'il a pu avoir avec des tiers.
5. En outre, en vertu des dispositions figurant alors à l'article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 dans sa version issue de la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice, les fouilles intégrales des personnes détenues " peuvent être réalisées de façon systématique lorsque les nécessités de l'ordre public et les contraintes du service public pénitentiaire l'imposent. Dans ce cas, le chef d'établissement doit prendre une décision pour une durée maximale de trois mois renouvelable après un nouvel examen de la situation de la personne détenue. / Lorsqu'il existe des raisons sérieuses de soupçonner l'introduction au sein de l'établissement pénitentiaire d'objets ou de substances interdits ou constituant une menace pour la sécurité des personnes ou des biens, le chef d'établissement peut également ordonner des fouilles de personnes détenues dans des lieux et pour une période de temps déterminés, indépendamment de leur personnalité. Ces fouilles doivent être strictement nécessaires et proportionnées. Elles sont spécialement motivées et font l'objet d'un rapport circonstancié transmis au procureur de la République territorialement compétent et à la direction de l'administration pénitentiaire. ".
6. Il résulte de l'ensemble des dispositions susvisées que les fouilles intégrales revêtent un caractère subsidiaire par rapport aux fouilles par palpation ou à l'utilisation de moyens de détection électronique. Il appartient à l'administration pénitentiaire de veiller, d'une part, à ce que de telles fouilles soient, eu égard à leur caractère subsidiaire, nécessaires et proportionnées et, d'autre part, à ce que les conditions dans lesquelles elles sont effectuées ne soient pas, par elles-mêmes, attentatoires à la dignité de la personne.
7. Enfin, s'il appartient en principe au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre de l'administration d'apporter tous éléments de nature à établir devant le juge, outre la réalité du préjudice subi, l'existence de faits de nature à caractériser une faute, il en va différemment, s'agissant d'une demande formée par un détenu ou ancien détenu, lorsque la description faite par le demandeur de ses conditions de détention est suffisamment crédible et précise pour constituer un commencement de preuve de leur caractère indigne. C'est alors à l'administration qu'il revient d'apporter des éléments permettant de réfuter les allégations du demandeur.
S'agissant des quatorze fouilles planifiées entre novembre 2020 et juin 2021 :
8. D'une part, tout d'abord, il résulte des termes des décisions afférentes aux fouilles intégrales susvisées que les neuf premières sont expressément motivées par une suspicion que M. B détienne sur lui des objets ou substances prohibés. Pour l'ensemble des décisions en cause, le ministère de la justice fait valoir un incident du 1er juin 2020 tenant en la découverte d'objets dissimulés sur la personne de M. B, notamment un câble USB. De plus, il résulte des éléments produits par le défendeur que le même jour, plusieurs objets dissimulés dans la cellule occupée seul par l'intéressé ont été découverts, notamment un kit piéton, un grand nombre de sacs plastiques et de draps ou couvertures, ainsi que des éléments prélevés sur un fauteuil de l'unité de vie familiale ; que le 8 juin 2020, une remise illicite d'objet par sa visiteuse a été observée durant un parloir ; que le 19 octobre 2020, la fouille de sa cellule a notamment donné lieu à la découverte d'un téléphone et d'une carte SIM. Le requérant n'oppose aucune contestation précise à ces circonstances réitérées, dont la dernière est survenue environ deux semaines avant la première des fouilles en litige, et sept mois avant celle exécutée en juin 2021. En outre, le ministère de la justice fait état de craintes particulières associées aux antécédents de M. B, qui a échappé à la garde de la justice le 22 septembre 2015 et est parvenu à demeurer en fuite pendant plus de quatre ans.
9. Par ailleurs, onze des quatorze fouilles en litige ont été planifiées en sortie de parloirs, lesquels présentent un risque accru de récupération de petits objets, pouvant aisément échapper à la surveillance visuelle du personnel pénitentiaire, qui ne peut être constante, les trois autres ayant été programmées dans le contexte particulier d'une fouille de la cellule de M. B. Or, si ce dernier fait état de " la mise en place de plexiglas aux parloirs dans l'ensemble des établissements pénitentiaires ", il n'invoque pas l'existence au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers de dispositifs de séparation toute hauteur créant des zones hermétiquement fermées du sol au plafond, faisant obstacle à une transmission d'objet par le visiteur.
10. En considération des éléments précités, et en particulier des nombreux objets, en possession desquels M. B a été retrouvé sur une période relativement récente aux dates des fouilles susvisées, dont certains doivent être regardés comme dangereux au regard de l'usage pouvant en être fait par les détenus, les fouilles corporelles en cause répondent à la nécessité de s'assurer que M. B ne détienne sur lui des objets ou substances prohibées en détention. Or, une fouille par palpation ou l'utilisation des moyens de détection électronique n'auraient pas permis d'atteindre le même but dans des conditions équivalentes et auraient été insuffisantes pour assurer la sécurité des personnes et le maintien du bon ordre dans l'établissement. Le recours aux fouilles en litige n'est, ainsi, pas constitutif d'une atteinte à la dignité de sa personne, en méconnaissance des dispositions susvisées.
11. D'autre part, il ne résulte pas de l'instruction, ni même n'est allégué, que les agents de l'administration pénitentiaire auraient procédé aux fouilles concernées dans des conditions qui, par elles-mêmes, auraient attenté à la dignité humaine. Ainsi, en soumettant le requérant à ces fouilles, l'administration pénitentiaire n'a pas commis de faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
S'agissant des deux fouilles planifiées en juillet et août 2021 :
12. Aux termes des deux décisions afférentes aux fouilles susvisées, dont il n'est pas contesté qu'elles ont été effectivement pratiquées sur la personne du requérant, celles-ci, programmées à l'issue d'un parloir famille, sont fondées sur des " Faits d'évasion ". Ces faits sont mentionnés, le cas échéant au terme d'une erreur de plume, comme survenus en 2012, cependant qu'il résulte uniquement de l'instruction une évasion de M. B en 2015. Or, en dépit de la gravité de la soustraction de l'intéressé à la garde de la justice en 2015, cette circonstance, survenue dans des conditions non précisées, est antérieure de plus de cinq ans aux deux fouilles susvisées. En outre, à la date de ces fouilles, les incidents mentionnés au point 8 du présent jugement étaient tous déjà anciens de plus de neuf mois, sans qu'il résulte de l'instruction un quelconque élément récent venant étayer l'exigence d'une vigilance particulière. Notamment, les fouilles corporelles intégrales planifiées sur la période du 6 novembre 2020 au 13 juin 2021 n'ont donné lieu à la découverte d'aucun objet ou substance interdits. Par ailleurs, si la seconde des décisions en litige est revêtue d'un motif tiré d'un " Suivi DCSR ", le ministère de la justice n'a pas apporté la moindre précision sur cette circonstance, en dépit d'une mesure d'instruction diligentée par le tribunal à cet égard. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction des éléments suffisants pour faire présumer la commission d'une infraction, notamment un risque d'évasion, ou pour caractériser un risque pour la sécurité des personnes et le maintien du bon ordre dans l'établissement de nature à justifier le recours à des fouilles intégrales, lesquelles doivent rester subsidiaires, et ainsi au cas particulier, les deux fouilles susvisées.
13. Par suite, et alors même qu'il n'est pas allégué que les agents de l'administration pénitentiaire auraient procédé aux deux fouilles en cause dans des conditions qui, par elles-mêmes, auraient attenté à la dignité humaine, le requérant est fondé à soutenir que celles-ci sont intervenues en méconnaissance des dispositions susvisées. La pratique de ces fouilles est en conséquence de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
En ce qui concerne le préjudice :
14. Eu égard à la faute retenue au point précédent et à la nature du manquement commis par l'administration pénitentiaire, M. B doit être regardé comme ayant nécessairement subi un préjudice moral, contrairement à ce qui est soutenu en défense. Le requérant évalue expressément son préjudice à hauteur de 100 euros par fouille illégale. Il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en fixant l'indemnisation destinée à le réparer à la somme de 200 euros.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
15. D'une part, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. Par suite, M. B a droit aux intérêts au taux légal sur l'indemnité allouée à compter du 27 octobre 2021, date de réception par l'administration de sa demande préalable adressée par télécopie.
16. D'autre part, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 10 mars 2022. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 27 octobre 2022, date à laquelle était due pour la première fois une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
17. Il résulte des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative que l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner la partie perdante à lui verser la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client, si ce dernier n'avait pas eu l'aide juridictionnelle, à charge pour l'avocat qui poursuit, en cas de condamnation, le recouvrement de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
18. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Ciaudo renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat (ministère de la justice) est condamné à payer à M. B la somme de 200 euros avec intérêts au taux légal à compter du 27 octobre 2021. Les intérêts échus à la date du 27 octobre 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Il est mis à la charge de l'Etat (ministère de la justice) le versement à Me Ciaudo de la somme de 1 200 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve pour cet avocat de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au garde des Sceaux, ministre de la justice et à Me Ciaudo.
Copie en sera adressée au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 octobre 2024.
La magistrate désignée,
S. LECONTELa greffière,
C. TRÉMOUREUX
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2301720
01/07/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2517965
01/07/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2209847
01/07/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2302791
01/07/2026