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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2202560

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2202560

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2202560
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre, JU
Avocat requérantTHEMIS ET ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun a été saisi par un détenu, M. A, demandant réparation pour 19 fouilles corporelles intégrales subies entre 2019 et 2021, qu'il estimait illégales. Le tribunal a rejeté sa requête, considérant qu'aucune faute de l'État n'était établie. Il a jugé que les fouilles étaient justifiées par les nécessités de la sécurité et du bon ordre dans l'établissement pénitentiaire, conformément aux articles 22 et 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 (désormais codifiés dans le code pénitentiaire) et aux articles R. 57-7-79 et R. 57-7-80 du code de procédure pénale. La solution retenue est donc le rejet des conclusions indemnitaires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 mars 2022, M. B A, représenté par Me Ciaudo, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui payer une somme de 1 900 euros, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts, en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de dix-neuf fouilles corporelles intégrales auxquelles il a été soumis entre les mois de décembre 2019 et juillet 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. A soutient que :

- la responsabilité pour faute de l'Etat est engagée du fait de la pratique aléatoire et discrétionnaire d'une fouille intégrale au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers alors que son comportement en détention ne soulevait pas de difficultés particulières et que ses fréquentations étaient connues, une telle pratique étant contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, aux dispositions des articles 22 et 57 de la loi du 24 novembre 2009 et à celles des articles R. 57 7-79 et R. 57-7-80 du code de procédure pénale ;

- son préjudice est, dans ces circonstances, de 100 euros par fouille corporelle intégrale illégale subie.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2024, le garde des Sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient, à titre principal, qu'aucune faute n'a été commise, et qu'en tout état de cause, aucun préjudice n'est caractérisé.

Par une ordonnance du 22 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 août 2024 à 12 h 00.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code pénitentiaire ;

- le code de procédure pénale ;

- la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Leconte, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Leconte, première conseillère,

- et les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, alors détenu au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers, a fait l'objet de dix-neuf fouilles corporelles intégrales entre les mois de décembre 2019 et juillet 2021. Par un courrier du 21 octobre 2021 transmis par télécopie le lendemain à l'administration pénitentiaire, M. A a formé une demande indemnitaire préalable en vue d'obtenir réparation pour le préjudice qu'il estime avoir subi du fait de la mise en œuvre de ces fouilles qu'il considère illégalement pratiquées. Le silence gardé par l'administration sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet le 22 décembre 2021. M. A demande au tribunal de condamner l'Etat à lui réparer le préjudice qu'il estime avoir subi.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le principe de responsabilité :

2. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

3. Aux termes des dispositions de l'article 22 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, désormais codifiées à l'article L. 6 du code pénitentiaire : " L'administration pénitentiaire garantit à toute personne détenue le respect de sa dignité et de ses droits. L'exercice de ceux-ci ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles résultant des contraintes inhérentes à la détention, du maintien de la sécurité et du bon ordre des établissements () ". En vertu de l'article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, dans sa version alors applicable, dont les dispositions sont désormais codifiées aux articles L. 225-1 et suivants du code pénitentiaire : " Hors les cas où les personnes détenues accèdent à l'établissement sans être restées sous la surveillance constante de l'administration pénitentiaire ou des forces de police ou de gendarmerie, les fouilles intégrales des personnes détenues doivent être justifiées par la présomption d'une infraction ou par les risques que leur comportement fait courir à la sécurité des personnes et au maintien du bon ordre dans l'établissement. Leur nature et leur fréquence sont strictement adaptées à ces nécessités et à la personnalité des personnes détenues. () / Les fouilles intégrales ne sont possibles que si les fouilles par palpation ou l'utilisation des moyens de détection électronique sont insuffisantes. / () ". Et, en application des dispositions des articles R. 57-7-79 et R. 57-7-80 du code de procédure pénale, désormais codifiées aux articles R. 225-1 et suivants du code pénitentiaire : " Les mesures de fouilles des personnes détenues, intégrales ou par palpation, sont mises en œuvre sur décision du chef d'établissement pour prévenir les risques mentionnés au premier alinéa de l'article 57 de la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009. Leur nature et leur fréquence sont décidées au vu de la personnalité des personnes intéressées, des circonstances de la vie en détention et de la spécificité de l'établissement. () " et " Les personnes détenues sont fouillées chaque fois qu'il existe des éléments permettant de suspecter un risque d'évasion, l'entrée, la sortie ou la circulation en détention d'objets ou substances prohibés ou dangereux pour la sécurité des personnes ou le bon ordre de l'établissement. ". Il résulte de ces dispositions que si les nécessités de l'ordre public et les contraintes du service public pénitentiaire peuvent légitimer l'application à un détenu de mesures de fouille, le cas échéant répétées, elles ne sauraient revêtir un caractère systématique et doivent être justifiées par l'un des motifs qu'elles prévoient, en tenant compte notamment du comportement de l'intéressé, de ses agissements antérieurs ou des contacts qu'il a pu avoir avec des tiers.

4. En outre, en vertu des dispositions figurant alors à l'article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 dans sa version issue de la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice, les fouilles intégrales des personnes détenues " peuvent être réalisées de façon systématique lorsque les nécessités de l'ordre public et les contraintes du service public pénitentiaire l'imposent. Dans ce cas, le chef d'établissement doit prendre une décision pour une durée maximale de trois mois renouvelable après un nouvel examen de la situation de la personne détenue. / Lorsqu'il existe des raisons sérieuses de soupçonner l'introduction au sein de l'établissement pénitentiaire d'objets ou de substances interdits ou constituant une menace pour la sécurité des personnes ou des biens, le chef d'établissement peut également ordonner des fouilles de personnes détenues dans des lieux et pour une période de temps déterminés, indépendamment de leur personnalité. Ces fouilles doivent être strictement nécessaires et proportionnées. Elles sont spécialement motivées et font l'objet d'un rapport circonstancié transmis au procureur de la République territorialement compétent et à la direction de l'administration pénitentiaire. ".

5. Il résulte de l'ensemble des dispositions susvisées que les fouilles intégrales revêtent un caractère subsidiaire par rapport aux fouilles par palpation ou à l'utilisation de moyens de détection électronique. Il appartient à l'administration pénitentiaire de veiller, d'une part, à ce que de telles fouilles soient, eu égard à leur caractère subsidiaire, nécessaires et proportionnées et, d'autre part, à ce que les conditions dans lesquelles elles sont effectuées ne soient pas, par elles-mêmes, attentatoires à la dignité de la personne.

6. Enfin, s'il appartient en principe au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre de l'administration d'apporter tous éléments de nature à établir devant le juge, outre la réalité du préjudice subi, l'existence de faits de nature à caractériser une faute, il en va différemment, s'agissant d'une demande formée par un détenu ou ancien détenu, lorsque la description faite par le demandeur de ses conditions de détention est suffisamment crédible et précise pour constituer un commencement de preuve de leur caractère indigne. C'est alors à l'administration qu'il revient d'apporter des éléments permettant de réfuter les allégations du demandeur.

S'agissant des dix fouilles exécutées entre décembre 2019 et le 1er septembre 2020 :

7. Il résulte de l'instruction que M. A a fait l'objet de dix décisions distinctes programmant des fouilles intégrales sur sa personne le 2 décembre 2019 et les 7 janvier, 18, 19 et 28 février, 17 mars, 28 avril, 5 juin, 26 août et 1er septembre 2020, motivées par des soupçons que l'intéressé ait sur lui des objets ou substances prohibés, en raison de " multiples et récentes découvertes d'objets prohibés sur le bâtiment ". Toutefois, tout d'abord, cette dernière circonstance, ayant exclusivement trait au contexte observé au sein de l'établissement, est dépourvue de lien avec la personnalité, le comportement ou les antécédents de M. A, alors que les décisions en litige sont fondées sur les dispositions visées au point 3 et non sur celles, rappelées au point 4, permettant à l'administration de diligenter des fouilles corporelles en considération de motifs indépendants de la personnalité des détenus, donnant lieu à un rapport circonstancié. Ensuite, si le ministre de la justice fait valoir, en défense, le parcours carcéral de l'intéressé, il fait seulement état, pour la période antérieure aux fouilles précitées, d'un incident à caractère disciplinaire, ayant fait l'objet d'un compte rendu du 19 mai 2020, qui apparaît tenir à un écart de comportement, et sur lequel il n'est pas apporté la moindre précision. Par ailleurs, si aux termes d'une décision de la commission de discipline du 5 novembre 2020, divers objets ont été découverts dans la cellule du requérant le 1er septembre 2020, il ne résulte d'aucun élément que la fouille corporelle pratiquée le même jour, en application d'une décision édictée la veille, aurait été mise en œuvre postérieurement à ces découvertes et en considération de celles-ci, ni même à raison de soupçons à cet égard. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que les dix fouilles susvisées aient été pratiquées au regard d'éléments objectifs, tenant au comportement de M. A, de nature à caractériser des raisons sérieuses de soupçonner l'introduction au sein de l'établissement pénitentiaire d'objets ou de substances interdits, ni une menace pour la sécurité des personnes ou des biens.

8. Il suit de là que, pour ce qui concerne les dix fouilles pratiquées sur la période susmentionnée, le requérant est fondé à soutenir que celles-ci sont intervenues en méconnaissance des dispositions susvisées. La pratique de ces fouilles est en conséquence de nature à engager la responsabilité de l'Etat, alors même qu'il ne résulte pas de l'instruction que les conditions de leurs réalisations auraient été par elles-mêmes attentatoires à la dignité de l'intéressé.

S'agissant des neuf fouilles exécutées entre le 3 septembre 2020 et juillet 2021 :

9. Pour ce qui concerne les neuf fouilles des 3 septembre, 27 novembre, 4 et 18 décembre 2020 et 22 janvier, 20 et 21 mars, 18 et 19 juillet 2021, d'une part, si le requérant soutient qu'aucune circonstance ne justifiait qu'elles soient diligentées, il n'oppose aucune contestation précise aux éléments produits en défense, tenant au constat, les 1er septembre et 27 novembre 2020, qu'il est entré en possession de plusieurs objets interdits en détention. Ainsi, aux termes des procès-verbaux de la commission de discipline des 5 novembre et 15 janvier 2021, M. A a admis être propriétaire de divers équipements de téléphonie découverts lors des fouilles de la cellule qu'il occupait, en particulier trois téléphones portables et des cartes SIM, soit des objets présentant une dangerosité particulière compte tenu de l'usage qui peut en être fait en détention, outre la découverte de résine de cannabis dont le requérant a indiqué au cours de l'enquête disciplinaire qu'elle lui appartenait. Or, les neuf fouilles corporelles précitées ont été mises en œuvre à la suite de ces découvertes, au cours des 10 mois qui ont succédé. Elles ont, en outre, été principalement pratiquées au sortir du parloir famille, contexte présentant un risque accru de récupération de petits objets, pouvant aisément échapper à la surveillance visuelle du personnel pénitentiaire, qui ne peut être constante. Si à cet égard le requérant fait valoir en des termes généraux " la mise en place de plexiglas aux parloirs ", il n'invoque pas l'existence au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers de dispositifs de séparation toute hauteur, créant des zones hermétiquement fermées du sol au plafond, faisant obstacle à une transmission d'objet par le visiteur. Dans ces conditions, eu égard à la possibilité de dissimuler de petits objets en échappant à un contrôle reposant sur des mesures moins intrusives qu'une fouille intégrale, celles précitées ont répondu aux nécessités de l'ordre public et des fouilles par palpation ou l'utilisation des moyens de détection électronique auraient été insuffisantes pour assurer la sécurité des personnes et le maintien du bon ordre dans l'établissement.

10. D'autre part, il ne résulte pas de l'instruction, ni même n'est allégué, que les agents de l'administration pénitentiaire auraient procédé aux fouilles en cause dans des conditions qui, par elles-mêmes, auraient attenté à la dignité humaine.

11. Il suit de ce qui précède qu'en soumettant M. A aux neuf fouilles en cause sur la période susmentionnée, l'administration pénitentiaire n'a pas commis de faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.

Sur le préjudice :

12. Eu égard à la faute retenue au point 8 du présent jugement et à la nature du manquement commis par l'administration pénitentiaire, M. A doit être regardé comme ayant nécessairement subi un préjudice moral, contrairement à ce qui est soutenu en défense. Le requérant évalue expressément son préjudice à hauteur de 100 euros par fouille illégale. Il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en fixant l'indemnisation destinée à le réparer à la somme de 1 000 euros.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

13. D'une part, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. Par suite, M. A a droit aux intérêts au taux légal sur l'indemnité allouée à compter du 22 octobre 2021, date de réception par l'administration de sa demande préalable adressée par télécopie.

14. D'autre part, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 15 mars 2022. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 22 octobre 2022, date à laquelle était due pour la première fois une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

15. Il résulte des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative que l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner la partie perdante à lui verser la somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client, si ce dernier n'avait pas eu l'aide juridictionnelle, à charge pour l'avocat qui poursuit, en cas de condamnation, le recouvrement de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

16. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Ciaudo renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat (ministère de la justice) est condamné à payer à M. A la somme de 1 000 euros avec intérêts au taux légal à compter du 22 octobre 2021. Les intérêts échus à la date du 22 octobre 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Il est mis à la charge de l'Etat (ministère de la justice) le versement à Me Ciaudo de la somme de 1 200 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve pour cet avocat de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au garde des Sceaux, ministre de la justice et à Me Ciaudo.

Copie en sera adressée au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 octobre 2024.

La magistrate désignée,

S. LECONTELa greffière,

C. TRÉMOUREUX

La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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